> Claude Luezior, Ces Douleurs mises à Feu

Claude Luezior, Ces Douleurs mises à Feu

Par | 2018-01-03T22:14:53+00:00 18 octobre 2017|Catégories : Claude Luezior, Essais & Chroniques|

Lorsque CLAUDE LUEZIOR, l’un des pre­miers sty­listes contem­po­rains, comme le sou­ligne le poète Jean-Louis Bernard, laboure les brous­sailles  de l’aube aux reflets de lignite, les mots/​ tels des loups se lancent à sa pour­suite. Somptueux hal­la­li où résonnent en gonds vibra­toires des images qui s’encastrent dans les arma­tures de l’ossature du des­tin.

Passant de l’ivresse à l’ascétisme, l’angoisse en ban­dou­lière, com­plice des dieux,  il dérègle l’heure du malin ; et lorsqu’il met ses dou­leurs à feu, l’aube devient alors plus lumi­neuse. Claude Luezior n’est pas pour autant pyro­mane : en Vulcain moderne, il actionne sa forge mati­nale pour faire jaillir la lumière sur le rivage de cor­mo­rans, là où volètent des arpèges par­fu­més. Même si , par­fois, le feu a des avant-goûts de cendre, ce sont des cendres de rosée. La ger­mi­na­tion pousse sous la braise. Se consti­tue alors un livre d’heures, une caverne où sta­lag­mites et sta­lac­tites se tutoient, se tressent. À cha­cun d’y péné­trer pour entrer en réson­nance avec le poète.

 Claude Luezior est tor­tu­ré de doutes, de promesses/​qui délivrent, de croyances qui empoi­sonnent, il  prie entre l’angoisse du deve­nir et la trace du sou­ve­nir. Il est un navire qui voit sou­vent l’horizon se noyer dans des ombres au sou­rire  de bruine. Alors se rap­proche le seuil dans les caprices d’un cré­pus­cule qui rôde. Même si aller au-delà du seuil est tou­jours angois­sant, dans la texture/​ de mes insomnies/​ errent sans cesse/​ des loques impies : celles de la camarde, la peur ne taraude pas le poète à condi­tion de mou­rir /​ pour quelque chose d’utile /​ pour quelqu’un. Dans ses textes qui bour­geonnent, se concentrent/​ les saveurs du désir /​ où se réfu­gient /​ les velours/​ d’une ten­dresse. Chez  Luezior, le désir brûle tou­jours jusqu’aux bor­nages de la souf­france.

Claude Luezior, Ces Douleurs mises à Feu, Éd. Les Presses littéraires, 2015, Prix de poésie 2015 Yolaine et Stéphane Blanchard, Couverture : tableau de Gil Pottier

Claude Luezior, Ces Douleurs mises à Feu, Éd. Les Presses lit­té­raires, 2015,
Prix de poé­sie 2015 Yolaine et Stéphane Blanchard,
Couverture : tableau de Gil Pottier

Ce recueil de poèmes est un laby­rinthe où la glace donne des coups de poings, où les flammes dansent avec les dou­leurs du grand Feu. C’est un miroir pour mettre à plat les cica­trices de la vie, c’est une porte  pour fuir des enclos de haine, pour assé­cher les ver­tiges assas­sins.

À la lisière de l’imperceptible, Claude Luezior est un allu­meur de réver­bères, tou­jours en marche pour recom­men­cer cet exer­cice obs­cur et indis­pen­sable qui vaut sur­tout comme une aven­ture ou  ain­si que le disait Yves Bonnefoy une inci­ta­tion à se ris­quer dans l’inconnu.

Cet opus­cule est un grand livre à conser­ver à por­tée d’âme car ses hymnes tac­tiles conduisent à l’intangible pour goû­ter ensemble /​aux miels sub­tils déli­vrés en un nec­tar d’éternité.

Avec le poète Claude Luezior il y a tou­jours une voie : celle de la Lumière dont le monde a tant besoin.

Présentation de l’auteur

Claude Luezior

Claude Luezior, auteur suisse d’expression fran­çaise, naît à Berne en 1953. Il y passe son enfance puis étu­die à Fribourg, Philadelphie, Genève, Lausanne, Rochester (Minnesota) et Boston. Médecin, spé­cia­liste en neu­ro­lo­gie (son nom civil est Claude-André Dessibourg), il devient chef de cli­nique au CHUV puis pro­fes­seur titu­laire à l’Université de Fribourg. Parallèlement à ses acti­vi­tés scien­ti­fiques, il ne cesse d’écrire depuis son jeune âge et com­mence à publier depuis 1995. 

Sortent dès lors une qua­ran­taine d’ouvrages, pour la plu­part à Paris : romans, nou­velles, recueils de poé­sie, haï­kus, ouvrages d’art. Tout comme en méde­cine, il encou­rage la col­la­bo­ra­tion mul­ti­dis­ci­pli­naire, donne des confé­rences, par­ti­cipe à des expo­si­tions et à des antho­lo­gies, écrit des articles dans des revues lit­té­raires ain­si que des pré­faces.

 

Claude Luezior

© Crédits pho­tos (sup­pri­mer si inutile)

Certains de ses livres sont tra­duits en langues étran­gères et en braille.  Luezior reçoit de nom­breuses dis­tinc­tions dont le Prix euro­péen ADELF-Ville de Paris au Sénat en 1995 ain­si qu’un Prix de poé­sie de l’Académie fran­çaise en 2001. Il est nom­mé Chevalier de l’Ordre natio­nal des Arts et des Lettres par le Ministère fran­çais de la Culture en 2002. En 2013, le 50e prix Marie Noël, dont un ancien lau­réat est Léopold Sédar Senghor, lui est remis par l’acteur Michel Galabru de la Comédie fran­çaise.

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