Osiris est une revue inter­na­tionale de poésie qui a franchi le seuil des cent numéros, en 2025. Elle est née en Amérique en 1972, et s’est immé­di­ate­ment dis­tin­guée en pub­liant des auteurs issus de divers hori­zons lin­guis­tiques. Comme le souligne Françoise Hàn « (…) en l’an 2000 (…) Osiris avait pub­lié des textes de plus de trois cents auteurs, en vingt-et-une langues », qu’il s’agisse de l’anglais imman­quable­ment accom­pa­g­né du français, de l’italien, de l’espagnol, du por­tu­gais ou du roumain, du hon­grois, du norvégien, ou encore du danois ou du sué­dois…1

On doit cet exploit pérenne à sa direc­trice, Andrea Moor­head, une poète née près des chutes du Nia­gara, qui écrit aus­si bien dans sa langue qu’en français2. Son féroce attache­ment à la poésie en par­ti­c­uli­er, réside dans ces quelques lignes : « Man­i­fester, brûler le dra­peau, quit­ter le pays nous sem­blaient des gestes en réponse à une réal­ité sociopoli­tique étouf­fante. Il fal­lait tourn­er du mode réac­tion au mode inven­tion. Faire quelque chose de nouveau…dépasser les fron­tières lin­guis­tiques et culturelles…offrir un espace à des voix qui risquaient d’être effacées par les boule­verse­ments de l’époque. »3. Andrea Moor­head, accom­pa­g­née de son comité de rédac­tion qui s’étoffe au fil des ans4, pub­lie les auteurs de son choix, quelle que soit leur place dans le paysage de la poésie con­tem­po­raine, et surtout, avec une atten­tion indé­fectible qui lui est pro­pre, elle n’oublie pas ceux qu’elle porte tou­jours en elle : « Il y a des voix qui me revi­en­nent, des images qui dépassent leurs poèmes pour ajouter leurs couleurs aux voix qui vien­nent de naître. » Ain­si, dans le numéro 17 de 1983 : « Le lyrisme han­tant de Jerzy Ficows­ki (tra­duc­teur Joseph Bonen­fant) dans son poème à sa femme Elz­bi­eta, (…)  fait allu­sion à l’In­sur­rec­tion de jan­vi­er 1863, tout en tis­sant des images d’une beauté solen­nelle (…) », ou encore : « Dans le numéro 21 (1985) Imants Ziedo­nis (tra­duc­trice, Lia Smits) saisit le moment de mourir, se trans­forme au fur et à mesure qu’il évoque le pas­sage d’un côté de la con­science à un autre bien plus opaque (…) ». En bref, cette revue incon­tourn­able et soignée, de 23x15,5, mérite le détour à plus d’un titre. Depuis le début, Robert Moor­head en est le fidèle et tal­entueux illus­tra­teur. Elle est disponible aux Etats-Unis et au Cana­da (Librairie Gal­li­mard) et peut être com­mandée ou faire l’objet d’un abon­nement, en France comme ailleurs5, via l’adresse suiv­ante : Osirispoetry@gmail.com

Notes

1 : Cf. le numéro 23 de la revue Phoenix, automne 2016, p.38.

2 : Citons, par­mi ses ouvrages pub­liés en français, aux Écrits des Forges : Nia­gara, Présence de la terre, au Noroît : De loin, Géo­cide, À l’om­bre de ta voix, aux édi­tions de l’Atlantique : Ter­res de mémoire et Dia­logue des fan­tômes, chez AVM édition.

3 : Pour plus de pré­ci­sions, voici ce qu’Andrea Moor­head m’annonçait au préal­able : « Établir une revue lit­téraire plurilingue en 1972 a quelque chose d’ir­réel. Notre ado­les­cence et notre jeunesse ont été mar­quées par l’assassinat de John Fitzger­ald Kennedy en 1963 ; la guerre du Viêt Nam et la guerre froide ; l’assassinat de Mar­tin Luther King et de Robert Kennedy en 1968 ; l’année suiv­ante, Wood­stock où la con­tre-cul­ture améri­caine bat­tait son plein ; les Émeutes de Stonewall de 1969 ; les Kent State Shoot­ings en mai 1970; le Mou­ve­ment de libéra­tion des femmes … en bref, nous viv­ions une surabon­dance de fomen­ta­tion et révolte qui frap­pait et trans­for­mait chaque niveau de la société améri­caine. »

4 : aux Etats-Unis : Maria José Can­dela et Sil­via Scheib­li ; en France : Marie-Chris­tine Mas­set, André Ughet­to et Pan­sy Mau­r­er-Alvarez ; au Cana­da : Jean Chapde­laine Gagnon, Robert Melançon, George Moore ; en Ital­ie : Lau­ra Cac­cia et Flavio Ermi­ni, etc.

5 : Par exem­ple, pour l’année 2026, l’abonnement aux numéros 102 et 103 coûte 24 €. L’acquisition d’un seul numéro s’élève à 12 €.

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Fabrice Farre

Fab­rice Farre est né à Saint-Eti­enne. Pub­li­ca­tion de plus de vingt recueils, dont Mode mineur (éd. Aux Cail­loux des Chemins), Carte de séjour (Encres Vives) ou encore Des équili­bres (Bruno Guat­tari édi­teur). On peut retrou­ver les poèmes de l’auteur dans de nom­breuses revues, comme Place de la Sor­bonne, margelles, Revue Alsa­ci­enne de Lit­téra­ture, Phoenix, Alkemie, La Forge, Osiris, etc.
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