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2 poèmes

Par |2018-09-18T17:43:41+00:00 17 février 2015|Catégories : Blog|

 

 Lhomme aux semelles de vent

 

_​ Non, ce nest pas vrai.

Rimbe na jamais dit que tu pou­vais par­ler pour lui

Depuis ton Hôtel Lautréamont 5 étoiles,

Depuis lauto­com­plai­sance de lUniversité

Et les ham­bur­gers de Utah.

_​Non, non… Messieurs !

Tout dabord :

Je vais rêver cette nuit que

Tes yeux sont ceux de Rimbe

Comme la bon­té dune femme qui ment

Et à qui je ne lui demande quun men­songe.

 

1-    

D’accord, on décharge le char­riot :

Juste quelques bou­teilles de vin et les coque­li­cots de Rimbaud.

On a gran­dit sans se rendre compte, et main­te­nant on attend sur le che­min.

On était au moins près des gens et de leur terre,

Bien que que toutes nos habi­tudes soient cor­rom­pues.

 

Au début le peuple était céleste,

Le soleil nous éveillait et nous ren­dait idiots l’après-midi.

On était les rai­sins brillants de l’été,

Avec notre écorce on désha­billait le vent.

 

2-

Ce n’est pas dif­fi­cile de com­prendre

Ce qui est éter­nel n’a pas besoin d’abattre du sang.

Ils ne s’étonnent que de ce qu’ils n’osent pas :

Et je trouve la mer, je vois mon visage

Dans le lézard miroir…

Et mal­gré la nuit froide

Je ne vais pas mou­rir pour être ici.

Bien que la com­mu­nion soit ajour­née

Je peux tuer Dieu en écri­vant “il est mort”

Sur une chaise.

 

 

Paul Verlaine

 

Dans la mon­tagne quelqu’un a lais­sé sa vie

Pour rem­plir de lumière la chambre.

Comme  brouillard de lune, c’est sa chan­son…

Pour ces étran­gers-là que dans la bles­sure

Se batissent. Derrière, il est res­té la honte

Civilisée, la plume bour­geoise

Qui avec men­songe a dégui­sé le brouillard

La réa­li­té de la saveur sor­dide :

L’irruption du roi aux yeux bleus

Traduit Blake dévoi­lant en enfer

Ce que la mer et le lion portent d’éternel.

Déployant des intenses feuilles de bois.

 

 

 

 

Traduction : Lilian Tauzy

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