Adrien Montolieu, Te suivent te poursuivent

2017-12-30T23:09:49+01:00

 

Te suiv­ent  te poursuivent
le faux dénudé du sein blanc
la sonde du désir fouinant revêche sous la peau
la sec­onde ténèbres où bas­cu­lent les aubes
la gifle du silence à la sec­onde joue
l’après-midi marine où tu ne sus mourir
et le ven­tre occupé où tu n’as pas su vivre

Te rivent  te dérivent
la flamme oblique de la nuit
la foudre du désir et ses deux langues muettes dans la paume
l’ordre inver­sé du temps à l’entre-deux du soir
le souf­fle de l’absence à la pre­mière larme
le grain à moudre  blanc  au moulin des étés
et la lèvre indé­cise qui trem­ble à marée basse

Te passent  te dépassent
les mots de mau­vais temps
la phrase écrite  inerte  au rebours de la pulpe
l’insoutenable fièvre à la courbe du front
l’empreinte de la langue à l’angle du poignet
ce que n’a dev­iné que l’enfant de jadis
et ce que n’a su être que celui qui marchait

Présentation de l’auteur

Adrien Montolieu

Adrien Mon­tolieu (de son vrai nom, Stéphane Leménorel) est né en 1971. Son recueil, Ciels de traîne, pub­lié au Cas­tor Astral, a reçu le prix Max-Pol Fouchet en 2008.
Pro­fesseur de philoso­phie, puis libraire, jar­dinier, chômeur inter­mit­tent et dilet­tante de longue durée.
Aimerait réus­sir à écrire comme on fait des ronds dans l’eau : par ric­o­chets et silences.
Aus­si cherche-t-il, mode de vie et art poé­tique, à ne pas trahir ce haïku claudiquant :

Seul t’ap­par­tient
ce qui en toi
se tait

 

Adrien Montolieu
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