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A Celles, et autres poèmes

Par |2018-10-19T00:59:06+00:00 20 mars 2017|Catégories : Blog|

 

 

Les per­siennes font mienne
L’ombre des siestes

 

Un rêve naît strié de ban­de­rilles
Avec ses gra­dins de col­lines
Son or et son arène
 

Un rêve de tau­ro­ma­chie
Avec ses fla­mands roses
Et ses noirs fla­men­cos
Leurs noces de sang
Et ce long rituel
Qui fait cou­ler le rim­mel de l’été

 

 

**

 

 

À CELLES

 

 

À celle qui
Verse l’eau fer­tile sur les sables de la nuit

Qui barre la route aux vaines ency­clo­pé­dies
À celle des
Restanques lézar­dées sous l’effort de mémoire
Celles des
Villages per­chés jeunes filles ou grand-mères loquaces
Leurs col­lines en marche vers des golfes ruti­lants
À celle des
Oiseaux pré­nom­més de cou­leurs
Des ravines cal­ci­nées et leur bouche plus grave
Celle des
Portraits d’anonymes sous la plume désen­nuyée
Quand la pen­sée en panne se cherche un voca­bu­laire
Celle qui
Souligne les crêtes arpé­gées d’une glo­rieuse brume
À celle des
Parapluies emmu­rés qui désa­morce les mal­heurs
Qui rapa­trie dans leur brousse
Les taxis aux cœurs embou­teillés
Celle qui
Rive les ciels noc­turnes de réver­bères-pleines lunes
Pour tous les mécréants qui craignent
Un jour de les voir s’écraser
À celle des
Abris-bus aux sans-abris para­si­tés de matins clairs
Parasités du luxe de l’espoir
À celle qui
Revêt le vent de par­dons jau­nis­sants
Quand sous la porte il glisse pau­pières mi-closes
Celle qui
Garde-bar­rière se sou­lève
Quand passent les soleils cou­chants
À celle des
Volontés puis­santes, des bar­rages défiant les mon­tagnes
Celle des
Garrigues hié­rar­chi­sant les par­fums les heures
Celle des
Après-midi incen­diés de cré­pi­te­ments d’insectes
À celle qui

Écosse les jours et les délie de leur fil spa­tio-tem­po­rel
Celle des
Balustrades-bel­vé­dères où s’arrête la parole
Où le regard vient à nou­veau tout uni­fier tout sim­pli­fier
Pour mieux par­ta­ger l’éternité ain­si retrou­vée
À celle qui
Coule l’horloge de cire dans nos cer­veaux flot­tants

 

 

**

 

 

Que de visions effeuillées
Avant de te trou­ver

Dans les pri­sons du hasard
Dans les rayon­nages du men­songe
Dans les accrocs qu’on se fait
Aux har­pons du vent
Qui donc a vou­lu cade­nas­ser
Les vagues ?
Fermer de la longue ave­nue
Les mil­liers d’yeux ?

 

 

**

 

 

Je connais l’heure arpen­tée au sur­plomb d’azur
L’iris iri­sé de ses yeux taillés en barque,

Tout en bas, l’envie forte de plon­ger
Dans cet ombi­lic de limbes océanes
 

C’est comme un amour qui t’appelle
Et la mort aus­si, avec ses xylo­phones d’algues.
Dans le fra­cas du rêve finit le saut de l’ange
Et le sen­tier aux sen­teurs de pas­sé,
Pauvre gar­rigue au fond des sala­diers

 

 

**

 

 

FILM CLASSÉ Z POUR UNE INCONNUE NOMMÉE X

 

 

J’ai Zoomé sous la jupe
D’une belle amaZone.
Elle pas­sait, lumière Zodiacale dans la Zone
Zeste de cré­pus­cule dans la ZUP
 

Elle pas­sait et sans scru­pule
J’ai Zieuté dans sa cage de soie. Zieuté
L’ascenseur pour l’échafaud
Le Zinc des alcools verts. Zieuté
Les aliZées illu­soires
Du haut des tours Zébrés
Comme un Zouave joueur de Zourna. Zieuté
La danse rouge de son ventre.

C’est une Zone sans limite…
Celle des ter­rains où l’on divague
C’est une Zone sans limite…
Celle de ses reins et de leurs vagues
 

Pauvre ZoZo Zèle bri­sé
Il faut Zapper cette gaZelle des allées de ta cité
Pauvre Zombie délais­sé par ta prê­tresse
Retourne à ta tombe à ton mau­so­lée
Pauvre Zigue per­du dans les ZigZags
De tes pen­sées Zoomorphes
Un des­sous de jupe dans la ZUP et Zou !
C’est le trouble la ZiZanie dans ton cœur Zen
Un Zéphyr qui d’un seul Zip fait le plein
Et porte au Zénith tout ton désir
Dans un Zeppelin !

C’est une Zone sans limite…
Celle des ter­rains où l’on divague
C’est une Zone sans limite…
Celle de ses reins et de leurs vagues

Mais c’est fini pauvre ZoZo
Elle est pas­sée
Oublie ton film clas­sé Z
Ton incon­nue nom­mée X.
Dans le ciel de la Zup
Bois ce qui te reste
Bois sans scru­pule ce der­nier Zeste
Ce petit rien de cré­pus­cule

 

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Marseille
Une treille au-des­sus de la mer

Illuminé d’ombre
Ton corps sar­ra­sin perle de sueur

 

 

 

X