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À hauteur de verger

Par |2018-11-18T11:13:35+00:00 2 mai 2016|Catégories : Blog|

Initialement publié dans la revue Poésie pre­mière en 2002, cet ensemble fait par­tie désor­mais d'un ensemble en cours d'élaboration.

 

 

 

 

 

A hau­teur de ver­ger
j’ai sen­ti ta pré­sence dif­fuse épar­pillée
dans l’espace aujourd’hui de ton éva­nouis­se­ment
l’élan inutile le désir étouf­fé
res­sur­git effleure mon ventre coule sur ma peau
Je sens tes mains qui
ne m’ont jamais tou­chée
corde ivre d’un vio­lon  je vibre
c’est un écho dans la nuit une flamme jetée
ce qu’on n’a pas fait
à cet ins­tant je sais  plus jamais

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Il regarde au dehors l’enfant seul  ne voit rien
Tout même en son dedans
L’enfant à sa fenêtre  Oublie d’être
Pareille à l’enfant seul je suis
Dans la roche ins­tal­lée
Depuis ce jour d’août où funeste ins­tant
Le soleil t’a ravi
Toi par­ti ébloui heu­reux
Et les mots viennent mal
Eux aus­si assom­més
N’en reviennent pas

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

J’ai mal je creuse le miroir de ta souf­france à la mienne
Eteinte au seuil de tes vingt et quelques
Ouvre les veines vannes vidées
Et là encore en son silence ins­talle
Ta lumière  ton écho
Tu cries tu aimes mais qui et où
Perdu jamais ne revien­dra
Et là encore en son miroir elle
Pleure pelure écorce arbre
Dis quel est-il ce long poème
Auquel tu vou­lais que j’accède ?

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Instant lumière en son écueil
Abolit l’ombre de ma rue
Eplore langue et bruit dehors
Tu bruis dedans comme une source
Appelle l’âge de tes sœurs
Epargne seule­ment mes cris
Je t’appelle dedans ma lame
Et je souffre de tes silences
Quand dou­ce­ment entée je suis
Par la dou­leur et par la flamme
Quand dou­ce­ment entée je suis

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Encres marines et pluies du ciel
La mer s’oubliait dans le soir
J’étais furieuse à ma fenêtre
Epiant les marées d’équinoxe
Et toi là haut mon­té au ciel
Tu disais aime et pleure moi
Tu m’appelais dedans mes nuits
Je répon­dais à ton sou­rire
Et te sui­vais en ton cer­cueil
La nuit s’avance et je mur­mure
Je n’oublie pas ton beau sou­rire

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

C’est la lumière elle et elle seule
Ebloui par ses appels
détresse au loin
Crissement de pneus
peu juste un peu
Et le mur barre alors la route tu
Souriais dans le soleil
Août saluait de toutes ses flammes
Et tu brû­lais de par­ve­nir
Jamais d’avance
tou­jours pres­sé

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Ouvrant toutes grandes mes géo­gra­phies
J’ai explo­ré tout un monde
Que l’absence avait creu­sé
Et dans l’inutile silence
Ma fureur un temps s’est ins­crite
Assise au bord de l’inédit
et puis encore le fra­gile
Acquise toute à mon des­tin je plie
Dans le creux de ma main, essuie ton visage
Souris-moi encore une fois donne en creux
Ces mots imbé­ciles qui me fai­saient perdre la tête quel­que­fois

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Supplie syl­phide en son som­meil
Les douces haines les plis du cœur
Dis ton hor­reur des peu d’estime
Du doux tor­chon de la pudeur
Et quand à l’horizon s’installe
L’image calme du bon­heur
Laisse agir l’impossible drame
Laisse-le cou­ler sa main en toi là
où s’infiltre le mys­tère
De la souf­france de la dou­leur
Dans le par­don s’installera ta peur ton âme et son erreur

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Instant futile fut fugi­tif tu m’oublies
Je te sup­plie dans l’encre noire de ma peur
Ouvre mes béances mes errances dis
Le pour­quoi de cette vie
Son non sens me plie et toi
Toi si loin déjà presque un an, l’été est là
La mer est loin elle a por­té dans son écume
Tout ce qui te fai­sait jouir demain
Et l’inutile bar­ri­cade que je bra­vais elle est en toi
Nul bar­rage du cœur
baise mes mains ouvre les bras

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Dans l’attirance réci­proque
Dans le silence de tes nuits blêmes
Quand le désir frappe à la porte
Son souffle froid est une musique
Qui sait de toi à moi pleu­rer
Ses notes salées – annonce dans le soir
Offrande et par­don
Calice au cœur de mes nuits sombres
J’ai su le vent le vin le vœu
Pour que ces soirs-là encore
tu viennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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