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À l’ombre de l’ombre

Par |2018-10-16T20:45:10+00:00 16 février 2017|Catégories : Blog|

 

 

 

A L’OMBRE DE L’OMBRE  

 

 

 

Dans des cadrans de nacre,
Dodelinant sa musique
Sur les contours des pen­dules,
Tic tac, tic tac
Le temps tourne comme une ombrelle,
Sur le manège aux che­vaux de jambes de bois
Dans le parc juste en bas.

Pas pres­sé je laisse filer l’or et ses filons,
Pour regar­der pas­ser les aiguilles qui trottent et trônent
En cava­lières, sur nos vies de secondes.
Il faut bien oublier qu’un jour tout s’arrête…

 

 

 

 

 

EFFROIS DE TROTTOIR

 

 

 

S’il faut-il aller plus loin, affron­ter des bour­rasques
Et croi­ser la peine dans des rues bous­cu­lées,
Couvertes de cor­beaux et de pieds sous des masques,
Allons trou­ver chi­mères et fous de la cité

Dans le cœur de Paris, des visages fêlés
S’oublient et s’abîment en pen­sées taci­turnes,
Cohabitent zélés avec un verre amo­ché,
A moi­tié plein de tout et de nec­tar noc­turne

Tout près du grand bas­sin, accou­dés au métro
Résistent des clo­chards assoif­fés d’imprévus,
Qui contre un peu d’amour bazar­de­raient châ­teaux
Et mate­las en soie qu’ils n’ont jamais reçus

Le brouillard s’alourdit dans les heures dis­ten­dues,
Frissons sur le par­cours des longs réver­bères,
Dans le vide du vent sur la froide ave­nue,
Des sirènes hurlent leurs feux
Aux fenêtres gri­ma­cières

Drame de maca­dam, soir suie, noyé de plumes,
Meurt un oiseau marin dans un flash d’overdose,
L’ombre mor­do­rée qui trouble le bitume
Pleure en écho son fils, sous les portes closes

Les larmes ont triom­phé que fai­sions-nous là,
Les mains dans les poches à regar­der pas­ser
La dou­leur, le fra­cas, tout comme au ciné­ma ?
Mais mon cau­che­mar freine enfin,
J’entends
Grincer l’acier…

 

 

 

 

 

SALE TEMPS 

 

 

 

Am, stram, gram,
Pic et pics et colères,
Drames.

Des enfants se noient dans la marelle
Des pou­belles
De l’histoire nau­fra­gée de leur pays en flammes,
Sous l’œil saoul des riches gens des côtes.

Le monde va de tra­vers, bour­ré,
Bour et rata­tam.

Doit-on arrê­ter la comp­tine ou la conti­nuer ?
Comment faut-il la chan­ter,
Après ça ?

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