> A tous les Indignés de la terre !

A tous les Indignés de la terre !

Par | 2018-02-21T06:26:50+00:00 16 juillet 2012|Catégories : Blog|

 

 

Nous sommes les indi­gnés

Les hommes et les femmes de la transe
Les reins noués
Les mains ouvertes
Nous mar­chons  sur les nuages inquiets
Nous sommes les pierres bles­sées d’un monde éga­ré
Les sup­pli­ciés de la Bourse
Nos yeux sont des oranges amères
Des ven­danges jamais vues
Nous condui­sons nos pen­sées dans la brû­lure du monde

Nous sommes les indi­gnés

Les bra­siers qu’on n’éteint pas
Et quand souffle le vent
La liber­té enflamme nos yeux

Nous sommes les indi­gnés

Les sans-papiers
Les tas de vie en sus­pens
Tous ceux que le monde a mis en sur­sis
Nous sommes la fumée qui dit non
Les peuples que l’on pille et les femmes que l’on viole
Le cri qui enjambe les men­songes
Nous avons élu domi­cile dans la rue
Car seule la rue entend
Il y des silences que l’on vomit
Des soli­tudes mortes-nées
Des pla­nètes assas­si­nées
Et sous les pau­pières le rêve qui accouche

Nous sommes les indi­gnés

Accrochés à l’orage
Enfouis sous la lumière
Nous enla­çons les oiseaux
Nous creu­sons des nids d’oiseaux
Des len­de­mains frais dans les citernes qu’on assèche
Des traces d’étincelles
Nous bâtis­sons
Des ponts d’herbe folle
Des pal­miers sou­dés au ciel
Nous pétris­sons un autre soleil
N’abimez pas nos prières
Même nos cendres renaissent à chaque siècle
Nous allons comme la sève
Goutte à goutte vers l’aube
Nous allons comme la mer
Vague après vague
Mais nous ado­rons la prière du vol­can
Nous savons que la terre tourne dans l’espoir d’une jus­tice
Nous savons que les poètes ont déjà plan­té tous les mots
Nous vou­lons d’un monde bleu
Le bleu abso­lu des hommes et des femmes

Nous sommes les indi­gnés

Les hor­lo­gers de l’arc-en-ciel
Nous écri­vons sur les lignes de la vie
Nous véné­rons la vie et nous affir­mons qu’elle est pos­sible
Que la lumière enfante la lumière
Et vol­tige dans toutes les cou­leurs du monde
Magma du monde
Chair du monde
Nous nous sou­ve­nons de la pro­messe des étoiles avant de tom­ber
Battement du monde
Nous voi­là

Nous sommes les indi­gnés

Et cam­pés sur la place noud atten­dons le céré­mo­nial des colères
A marée basse la terre est une île
Un jar­din conta­gieux qui tient dans la main
Les arbres peuvent y dan­ser à volon­té
Ouvrir leur para­sol
Les oiseaux signer de nou­veaux contrats
Les hommes y prendre pied et s’envoler debout
Le temps perd ses eaux

 

Faugas/​Lamentin
Le  14  Septembre

 

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