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ADIEU AUX DERNIERS CONTINENTS

Par | 2018-02-17T22:15:30+00:00 13 décembre 2014|Catégories : Blog|

 

Amants, dor­mez accro­chés
aux branches de l’air

la forêt s’ouvre comme la fleur
noire. Au fond de la chambre
le rouge de l’or brille

Dans ses veines, un galet noir
qui dit tout ; dans ses artères, une pro­ces­sion
de plu­viers qui par­le­ront demain
        le lan­gage humain

Dans le miroir où rêvent les lézards
chan­tonnent les fram­boises
sou­ve­raines, le sang lumi­neux
qui brûle. Au fond
des bois
Amants, signa­lez la terre ferme
der­rière les feuilles mortes
der­rière les pau­pières bleues

signa­lez les morts fami­liers
les morts qui rient pour rien

La forêt s’ouvre comme  vulve noire
et vulve s’ouvre comme clai­rière
clai­rière s’ouvre sur l’empire
qui s’ouvre sur la rage 

un coq gèle de froid dans le ver­ger
qui n’existe pas

C’est midi et la veine bat
c’est minuit et s’ouvre la porte
de la jeu­nesse qui court
sous les arcades de l’absolu,
dans les allées  de nos fan­tômes

Et comme l’animal intime s’agite
dans le rayon du phare !

Flambe la mai­son des trembles
l’écluse ne parle pas au ciel
voi­ci la grande fille des canaux
et son som­meil injuste

Dans l’ombre, un homme nu,
il siffle une chan­son de guet­teur
Le lièvre n’a plus peur de rien :
la prai­rie donne sur son cœur

Amants, vos mains
par la fenêtre ouverte

adieu aux vents, adieu
aux der­niers conti­nents.

 

      (3 décembre 2012 – Inédit)

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