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Alicia Aza, Le livre des arbres

Par | 2018-02-20T16:33:35+00:00 29 juin 2014|Catégories : Blog|

Alicia Aza donne à lire des poèmes qui s'enracinent dans un monde végé­tal. Si les poèmes de la pre­mière suite sont des por­traits ima­gi­naires d'arbres, ce sont sur­tout des por­traits de l'auteur et cela ne nuit en rien à la pré­sence d'un voca­bu­laire bota­nique (angio­sperme, plantes her­ma­phro­dites, sto­mates…). On pense par­fois à Francis Ponge tant les des­crip­tions sont maté­ria­listes mais, rien n'y fait, l'esprit vaga­bonde et revient tou­jours à ces por­traits inat­ten­dus. La deuxième suite décrit des pay­sages avec des arbres et, en même temps, évoquent des moments sin­gu­liers tra­ver­sés par des sil­houettes connues. C'est une  poé­sie savante qui se donne alors à lire avec les ombres tuté­laires de poètes connus comme Nelly Sachs ou Sylvia Plath…, d'égéries comme Jacqueline Lamba (qui fut l'amour fou d'André Breton et sa com­pagne) ou Lou Andreas Salomé, d'intellectuels comme Katherine Withmore ou T W Higgison, de per­son­nages de roman comme Madame Dalloway, voire,  avec Der Hölle Rache, d'un air célèbre de l'opéra de Mozart , La Flûte enchan­tée… Tout cela ne va pas sans une cer­taine étran­ge­té recher­chée, un sur­réa­lisme loin­tain : c'est qu'Alicia Aza cultive une atmo­sphère par­ti­cu­lière… Dans la der­nière suite, un être aimé hante les poèmes, l'écriture est sen­suelle et élé­giaque ; le réel et l'imaginaire se mêlent pour créer un cli­mat oni­rique duquel le lec­teur a du mal à se défaire. Alicia Aza écrit en espa­gnol, le lec­teur his­pa­no­phone appré­cie­ra de pou­voir lire ces poèmes dans leur langue d'origine, et l'ignorant -comme moi- sera heu­reux de lire leur tra­duc­tion en fran­çais due à Max Alhau…

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