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apostrophes et courbes d’eau

Par |2018-08-20T20:32:56+00:00 11 octobre 2012|Catégories : Blog|

 

je me lance rapi­de­ment en toi tu es l’eau
moi son agi­ta­tion
là nous deux les remous du cou­rant on se laisse
ensemble déri­ver ensemble
on ne s’appartient plus
on se noue tour­billons se dénoue
on se courbe on aime le délié de nos
libres mou­ve­ments qui mènent
vers où ne pas savoir est comme
notre mai­son
 

 

 

 

je cours je ne fuis pas
je cours dans ta voix
dans une langue incon­nue je cours
pour être plus rapide que le temps
qui nous sépare ne nous
sépare plus
dans un souffle on par­tage
le même essouf­fle­ment
dans un oui on reprend le même
air l’air
éton­né

 

 

 

tes mains et mes mains savent bien
qu’elles jouissent de notre igno­rance
elles caressent notre mal­adresse
elles écartent devant nous les pans lourds
d’une habi­tude
elles se découvrent plus nues de tout un monde
chaque fois que tu me je te donne
elles jettent tout ce qu’on savait
dans l’oubli
ça le trouble encore
on le recon­naît mieux
il nous res­semble plus

 

 

 

alors reste à réap­prendre mais
on ne peut faire deux fois le che­min vers savoir
on ne marche pas deux fois vers le même ave­nir
on ne pose pas deux fois la main
sur le même pré­sent
le temps ne se voit pas dans nos visages
il s’aveugle à chaque sou­rire
il aime ce qu’on lui fait
tes mains sur moi les miennes
sur toi le temps
a deux dos
puisque le pré­sent est notre face-à-face

 

 

 

tu m’embrasses à double tour
ensemble on perd les clefs puisque nous sommes
libres par tout ce qui nous lie depuis
que nos mains se tiennent

 

 

 

d’aube
en aube c’est le même jour
d’être
avec toi
à l’instant même
il se lève sans cesse
il reste toute la nuit debout
dans la veille dans le rêve
 

 

 

 

un silence passe
on y met
nos vies
elles aug­mentent elles
mul­ti­plient leurs appels
quand loin le silence les emportent
on n’entend que leurs souffles
tout le sens de l’abandon
qui com­mence où
elles se trouvent
elles se touchent
elles se nouent

 

 

 

la pluie qui tombe
des arbres après la pluie c’est comme
long­temps ta voix après la parole
long­temps un sou­rire dans
la dis­tance qu’il éclaire
dès avant le matin dans l’encore nuit
j’avance et j’en ruis­selle
 

 

 

 

sans toi c’est avec
d’une façon que ça fait mal
jusque dans les yeux mais on ne se cache pas
on s’aveugle de voir
vers toi avec les mains
on s’apostrophe à la noire la nuit
vers se recon­naître
à cette façon de ne pas savoir
 

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