> AU JOUR LE JOUR

AU JOUR LE JOUR

Par | 2018-02-20T00:40:57+00:00 23 novembre 2014|Catégories : Blog|

 

Le cer­veau !
Pareil au cha­hut des volières, son affai­re­ment par­mi les lubies, les syl­lo­gismes.
Il s'embourbe dans le malaise.
Derrière les bar­reaux de l'insoluble agite son cap­tieux atti­rail, écha­faude Babel.

 

***

 

Jouant avec les mots,
il fut joué, jouet de la langue,
vaste océan.

 

***

 

Tu te mets mar­tel en tête, mar­tèles ton cer­veau.
Martelage des lobes que tu façonnes en tiroirs
à secrets, à vocables, à rimes, à rai­sons,
ou en jeux d'orgues pour jouer les dis­so­nances – et leur réso­lu­tion.

 

***

 

Or si la fleur fleu­rit parce que tel est son rôle, tu es fleur ;
peu t'importe que tu sois mou­ron, pâque­rette ou rose.

 

***

 

Continuels,
l'appel du silence
et la rumeur de l'océan.
 

Au jour le jour

Par | 2018-02-20T00:40:57+00:00 17 septembre 2012|Catégories : Blog|

 

A ces arbres fidèles
les sai­sons importent peu.
Nous les sui­vons des yeux
dans leur voyage immo­bile.

Après quelques années
ils savent bien qu'attendre
n'est que vaine illu­sion
tan­dis que nous conti­nuons d'aller
les mains à por­tée de la nuit,
aveugles, irré­so­lus.
Eux se contentent de sur­prendre
le vent, la pluie, les nuages.

En leur tour­nant le dos
nous des­cen­dons vers les abimes
dans une marche sans recours.

– : –

On laisse sim­ple­ment la source
oublier sa pré­sence
et ses eaux décli­ner
vers des lieux incon­nus.

L'estuaire se trouve tou­jours
bien au-delà des mots :
c'est ce que l'on espère
quand on consent
à s'accorder à la foudre,
à ce qui mécon­naît
jusqu'à l'éternité.

– : –

 

C'est avec le vent
que tout revient :
des signes gra­vés
sur une pierre,
des images qui bous­culent
un rêve trop fra­gile
et des pay­sages
noyés dans la mémoire.

Ce vent venu sou­dain
auquel nous consen­tons
pour un voyage immo­bile
où tout nous est don­né,
trans­pa­rent, éphé­mère,
visible comme le temps.

– : –

Il se peut que l'on remonte
vers une autre nais­sance
dans ces parages sans limites
où la cendre se sou­vient du feu
et lui redonne vigueur.

Ces endroits pré­ser­vés
où nul autre que soi n'a accès
et que l'on revoit, de pas­sage,
par­mi les failles du songe,
puisqu'il y a lieu
de miser sur l'impossible,
de fondre dans la lumière
l'ombre qui nous cerne en vain.

– : –

Paysage, qu'importe
celui d'une île ou d'un conti­nent !

Nous en pres­sen­tons le nom,
nous en connais­sons l'étendue,
pay­sage mais non pays
qui nous arrache à nos racines,
écharde vive plan­tée
au plus secret du cœur.

Paysage infi­ni
au gré des vents,
nous te saluons
pour tes forêts et tes rivages,
pour tes mornes et tes combes.
Tu entres dans la vie,
tu te défausses de la mort.

Paysage sin­gu­lier ou plu­riel,
nais­sance pre­mière et sans cesse
nous t'invitons enfin
pour des noces au goût de miel.

– : –

Savane où les secrets sont pré­ser­vés :
les arbres qu'on dit morts
côtoient la terre et les tem­pêtes.
La lande renoue avec des âges
enfouis au plus sombre des mémoires.

Ici, c'est un espace et un temps
qui rou­geoient dans l'Histoire
igno­rants de l'avenir mais sou­cieux
de rame­ner le voya­geur
sur des che­mins qui n'ont plus cours
et qui pour­tant demeurent
comme une terre à décou­vrir, tou­jours.

– : –

Qui de l'arbre ou de la pierre
empri­sonne l'autre ?

Nulle fron­tière entre les deux
mais la lutte ou la conni­vence,
quel mot s'impose ici ?
On com­prend sim­ple­ment
que le temps est immuable
et que l'arbre et la pierre
ignorent ce qui les assemble.

– : –

Le seuil que tu fran­chis
à quelle terre te donne-t-il accès ?
Peut-être n'est-ce qu'un leurre
ten­du par trop d'imaginaire
ou un pays per­du et enfin recon­nu.

Parmi les arbres et les herbes
existe-t-il un nom
pour dési­gner ce qui se dérobe
et dont l'attente seule
comble toute impa­tience ?
 

Sommaires