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AURORES

Par | 2018-05-21T13:21:47+00:00 3 novembre 2015|Catégories : Blog|

 

Les consonnes éven­trées
gisaient
bouche ornée d’héroïne
dans une plus que nuit imberbe
aube à jamais ensa­blée
dans les mains du cré­pus­cule

Cours, fan­tôme, cours
dans la fosse des jun­kies insé­cables
à rebours du rire frac­tal
trois flo­cons de neige
enrayant l’arme du mer­ce­naire

La chair se retourne 
sur son enfance
imbi­bée d’étoiles
pre­nant peur
face aux mots qui flanchent
face aux lignes d’inceste
aux fel­la­tions men­tales

Toute orchi­dée radio­ac­tive
rédime l’échafaud par l’éclair.

 

*

Trois pen­sées se prennent par la main
sautent dans les plis d’un réel autre
bêchent les rési­dus de pro­to-gram­maire
ululent dis­si­dences en tutu gothique

Leur dia­dème contre-royal
invite les dieux d’en bas
à remon­ter dans un orgasme océa­nique

Quand les têtes des oli­garques
tom­be­ront dans la sciure
les age­nouillés relè­ve­ront sexe et tête
épi­pha­nie de la liber­té.

 

*

 

Viendra le jour
où nous ferons boire
l’élixir de mort de la troï­ka
à ses acteurs et séides
la des­truc­tion
vain­cue par elle-même
cher­chant cime­tière
dans les rugis­se­ments
des fauves
équar­ris
sur l’autel du capi­tal

Trois syl­labes
frap­pées grec
frap­pées espa­gnol
hur­lées cos­mos
jusqu’à sou­le­ver
la danse des tro­piques
sur les méri­diens du post-escla­vage.

 

*

 

Tapissé de glyphes aztèques
mon pubis écar­te­lé entre l’enfance et le vide
dérange la ligne des flots

Les yeux d’un chat noir
mordent le ciel
qui ne peut que tom­ber
tom­ber
dans l’anti-souvenir
et la horde des mémoires cyclopes.

 

*

 

Débâcle à nos portes
quand
la mort prend le visage de la vie
la lune sodo­mise le soleil
la four­rure du cas­tor tient lieu de vir­gule dans des textes poly­games

Dans cette tau­ro­ma­chie sans arène
pas besoin de mètres dac­ty­liques
pour conter la déban­dade des fan­tômes
qui girouettent
écrê­tés
dans des cata­combes sans fenêtres
que la lumière ne fran­chit
qu’à se chan­ger en spectres.
 

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