> Bâtir

Bâtir

Par |2018-10-16T16:28:14+00:00 5 septembre 2014|Catégories : Blog|

 

À  ma mère.

 

Ma mort mar­chant, mar­chant ma vie
            Pas à pas, mar­chant et mar­chant tant que le souffle
Tient. Marchant tou­jours, encore mar­chant, tou­jours
et puis cède, cède aux cris qui brusquent,
Cède aux cris et rien d'autre que céder, rien d'autre
Pour ouvrir la voix à son seuil.
Ma mort venant, venant des vents d’hier,
venant des voyages rugis­sant la mémoire,
venant aux oreilles sourdes, trans­mettre

Un sens :

Cheminer que de vivre,
Cheminer que d'être conscience,
Cheminer que d'arriver à par­ler
De l'homme, dans le monde qui le meurt.

Cheminer que de lire
sa voix, che­min de cendres,
entre les cendres de ce jour ;

Que de tan­ner
sa voix à la voie de la peau
et attendre la fin au bout de lattente
en notre terre de son et de forme.

Si le che­min est long,
Bâtir, si la voix samnésie
Bâtir, si le sable nous prend

 

BÂTIR

 

les sons cimentent
une adobe ver­bale
une glaise de mots
une phrase-cas­sine

où lhomme vien­dra recueillir
lhomme avant que ce jour ne se rende par­mi les cendres.  

Ma mort en moi, m’assumer à ma mort
Seul quand demain tom­be­ra, seul
Lorsque le soir relie­ra dans ses chaînes
Mon pas au sable, mon pas au sel. Tout seul
Garder la voix, gar­der l’écho ouvert pour l’homme ;
Garder pour que demain ne tombe que sur l’un,
Ne tombe pas.  

X