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Biographies automnales

Par | 2018-02-25T12:42:55+00:00 31 mai 2014|Catégories : Blog|

 

Mes mains occu­pées : livres légumes verts
les devoirs sur table de la ter­mi­nale D  
som­ni­fères mani­festes d’amour rouges à lèvres vita­mines ciga­rettes

Personne ne m’attend on n’entend point mes pas

Ô. Quel automne vain quel amour san­glant
quel corps muti­lé et com­bien de sang per­du

Les moi­sis­sures bleues pro­li­fèrent en fai­sant du bruit
la guillo­tine est une uto­pie enfan­tine
à côté de la cami­sole de cette vie gan­gre­née
à côté de la cami­sole de ces cal­mants
(mon esto­mac les rejette mon cer­veau les absorbe)
Ô. Les poi­sons sour­nois de cet automne civi­li­sé
les morts lentes

Un gar­çon quel­conque m’envoie des lettres
Un homme déli­cat me tor­ture quo­ti­dien­ne­ment métho­di­que­ment avec pitié :
il taille ma chair en des par­faits cubes
en extrait des doses exactes de sang
en presse des por­tions diurnes de larmes

Mon Dieu ! quel corps raillé quelle bio­gra­phie gro­tesque
Je porte des sacs rem­plis de carottes cachets trai­tés de logique
mani­festes usés devoirs sur table de la ter­mi­nale D  
manus­crits fards por­ce­laines
cho­co­lat rai­sins noirs écharpes ciga­rettes

(on n’entend point ses pas la nécrose vient dou­ce­ment)

Un ado­les­cent quel­conque m’envoie des lettres
Un homme déli­cat me coupe en tranches
Quel corps raillé quelle bio­gra­phie gro­tesque
je com­mence à gri­son­ner tout comme mes jeunes morts

Mon Dieu ! la guillo­tine est un jouet enfan­tin une inno­cence
Atrocement
j’entends les abat­toirs dans mon cer­veau
je flaire mes champs de menthe
Flagellée
se détache ma chair

 

 

Biobibliographie et tra­duc­tion © Linda Maria Baros