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Boleslaw Leśmian

Par |2018-08-16T10:48:33+00:00 18 mai 2012|Catégories : Blog|

Bolesław Leśmian (Bolesław Lesman, 22 jan­vier 1877 à Varsovie- 5 novembre 1937 à Varsovie), est un écri­vain polo­nais d'origine juive, poète de l'époque du moder­nisme polo­nais (Młoda Polska).

Leśman est né dans une famille de l'intelligentsia juive polo­naise. Son père, Józef Lesman, est d'une famille de ven­deurs de livres. Sa mère, Emma Sunderland, est d'une famille de juristes. Son cou­sin ger­main Jan Brzechwa lui donne le pseu­do­nyme de "Leśmian" (en polo­nais : qui s'appelle le bois ou qui vient du bois ).
 

Sa jeu­nesse se déroule en Ukraine, à Kiev. Il y étu­die le droit à l'université saint Vladimir. À par­tir de 1901 il habite à Varsovie. Après, il voyage en Allemagne et en France. Son pre­mier amour, appa­ren­tée avec la peintre Celina Sunderland, refuse de l'épouser. Il épouse alors Zofia Chylińska. Plus tard il aime encore Dora Lebenthal, à qui il dédie le cycle de poèmes éro­tiques W Malinowym Chruśniaku.

Dans le contexte du moder­nisme polo­nais, grâce à son ami Zenon Przesmycki, il com­mence à col­la­bo­rer avec la revue Chimera. En 1911, il crée le Théâtre Artistique, à Varsovie. Dans les années 1912-1914, il séjourne en France. Après la Première Guerre mon­diale, à l'automne 1918, il démé­nage pour Hrubieszów, où il tra­valle comme notaire, puis, en 1922, à Zamość, dans le même emploi. En 1929, le rem­pla­çant de Leśmian vole 20 000 zlo­tys en fric-frac et dis­pa­raît. Malheureusement, Leśmian doit règler cette somme, et les arrié­rés d'impôts. Sa femme offre ses bijoux et sa maî­tresse Dora Lebenthal vend son appar­te­ment et son cabi­net médi­cal à Varsovie pour sau­ver le poète. Mais cela ne suf­fit pas et les Leśmian vivront désor­mais dans un grand dénue­ment. En 1933, Leśmian devient membre de l'Académie polo­naise de lit­té­ra­ture. En 1935, il démé­nage avec sa femme et leurs deux filles à Varsovie.
 

Il meurt le 5 novembre 1937 à Varsovie. Il est enter­ré au cime­tière Powązki.

Les poèmes de Bolesław Leśmian sont peu nom­breux (384) quatre volumes d'œuvres ori­gi­nales, à relier au moder­nisme polo­nais. Sa patrie, qui ne com­prend pas ses buts esthé­tiques, le mécon­naît. Inspiré par la phi­lo­so­phie d'Henri Bergson, il éprouve l'idée d'élan vital. Pour illus­trer cette concep­tion, il uti­lise les formes mytho­lo­giques anciennes slaves, typiques pour la spi­ri­tua­li­té de Kresy (les confins orien­taux de la Pologne- aujourd'hui Ukraine, Biélorussie et pays baltes). Le sujet prin­ci­pal de ses poèmes est l'amour mau­dit, expri­mé par sa rela­tion avec la mort, les démons, les forces magiques et Dieu. Le sujet le plus inquié­tant est jus­te­ment la divi­ni­té, parce que le poète sug­gère ce qui n'existe pas. Le silence dans les cieux et dans les enfers est la grande inno­va­tion de Leśmian, une phi­lo­so­phie proche de l'existentialisme. La forme poé­tique choi­sie est sur­tout la bal­lade, oubliée par­tout dans le moder­nisme, mais il s'intéresse aus­si aux chants, aux poèmes d'amour. Il crée sa propre mytho­lo­gie dans des bal­lades régu­lières, repre­nant des élé­ments de contes, des concepts macabres dans le style de Charles Baudelaire, de l'occultisme ancien slave et chré­tien, avec beau­coup d'êtres méta­pho­riques, allé­go­riques, et psy­cho­lo­giques, repris des bal­lades fia­besques. Pour cela, Leśmian est sou­vent consi­dé­ré comme l'hériter du baroque polo­nais. La bizar­re­rie du monde leś­mia­nien ne s'illustre pas seule­ment par la vir­tuo­si­té du syl­la­bo­to­nisme, qui exprime le rythme de la danse et l'élan vital du monde, mais encore par les néo­lo­gismes poé­tiques, spé­cia­le­ment créés, pour cette poé­sie, à par­tir de radi­caux de mots d'ancien polo­nais et de russe. Czesław Miłosz consi­dé­rait Leśmian comme un des plus grands phé­no­mènes dans la lit­té­ra­ture euro­péenne moderne et l'éminent cri­tique Jerzy Kwiatkowski le qua­li­fia de Dante du néant, de la non-exis­tence et de manque d'existence, décou­vreur de ter­ri­toires qui s'étendent entre l'être et le néant (…), un excen­trique du vécu reli­gieux (…) un vision­naire et pen­seur sur la vie post­hume qui ne res­semble à aucun autre dans la lit­té­ra­ture.
 
Leśmian a aus­si écrit trois volumes de contes Przygody Sindbada Zeglarza [Aventures de Sindbad le Marin], Klechdy seza­mowe [Légendes de Sésame] et Klechdy pols­kie [Légendes de Pologne] encore popu­laires en Pologne. Il est éga­le­ment auteur de trois œuvres dra­ma­tiques : Pierrot i Kolombina [Pierrot et Colombine], Skrzypek opę­ta­ny [Le vio­lo­niste envoû­té], contes mimiques en trois visions, et Zdziczenie obyc­za­jów poś­miert­nych [Ensauvagement des mœurs post­humes], d'essais et des tra­duc­tions d'Histoires inso­lites de Edgar Allan Poe.

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