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cadeau, une histoire d’amour

Par | 2018-02-20T12:29:22+00:00 30 mars 2017|Catégories : Blog|

 

“cadeau, une histoire d’amour”

Extraits

la mort nous effraie
dans l’idée de la perte
de la sup­po­si­tion du drame
il faut bien vivre de quelque chose
cette mort-là est une bluette
les effraies des clo­chers ont bien d’autres atouts, me dis-tu
oui si nous res­tons au vil­lage
au pied du sen­ti­ment
à tendre l’oreille des morts

=

une non­cha­lance mor­tuaire

=

dan­sons-la, cette mort

=

tes linges frois­sés
sont une fis­sure du vent
l’halètement du sau­vage
un effet délé­tère sur mes mots
tu ris dans la nuit
et ton rire s’échappe au loin dans la forêt gazelle
l’eau coule sur tes épaules
frêles bre­telles de soie qui glissent le long
de la nacre

=

je ne connais pas le rêve encore
de tes nuits domes­tiques
il y aura le temps de l’aube
pour déchi­rer le voile
lais­ser cou­rir sur l’onde les mots che­va­lets
quatre à quatre les menuets de tes rires
les rico­chets de ton corps man­da­rine sur ma peau abi­mée
sont les échos d’une noce dans le miroir de nos villes
ce que nous avons pas­sé comme temps à nous connaître
laisse des minutes à cara­co­ler sur nos fron­tières
je ne suis pas encore né et tu demeures gar­dienne
d’un temple aux étoiles ver­nis­sées

=

tes che­veux les songes la nuit le jour
tes che­veux les lacs les che­mi­nées les ongles
tes che­veux les lucanes les mousses les enge­lures
tes che­veux les hip­po­campes les galets les ficaires
tes che­veux les brouillons les tra­jets les his­toires
tes che­veux les trains les pen­sées les joyeuses
tes che­veux la pluie l’anaconda le sup­plice
tes che­veux les papillottes les tro­piques le chant
tes che­veux

=

che­veux d’ange

=

 

ce qui se retire
laisse une joie de tra­vers

=

ce qui se retire
ce qui se laisse
ce qui revient

=

ce qui se retire
je penche sur une étoile un grand par­fum d’oubli
les ins­tants silences les grands fleuves
ton onde silen­cieuse tes pas de feutre
lorsque se retire comme la cou­ver­ture du ciel

=

j’apprends que tu n’es pas l’éternité de la pous­sière
ton incar­na­tion est au royaume de l’élégance
et j’avoue que je me crois nu à des­si­ner ton regard

=

à chaque balan­ce­ment se voile la méduse de tes mains
le temps n’a pas d’autre erreur à cal­cu­ler sur la toile de tes reins
il se trompe de vague et d’algue et de mai­greur ter­restre
file le long des grandes tra­ver­sées à ris­quer l’aveuglement des prouesses

=

il crie­ra souf­fle­ra épie­ra les ten­ta­tives ce qui sera pas­sé l’ombre des pau­pières

=

ce qui se retire net­toie tire la nappe des songes
laisse une pho­to­syn­thèse de mes mains emprun­tées une chair métal­lique pro­clame

=

ce qui se retire
ce qui se laisse
ce qui revient

=

un grand corps éche­lon­né sur la berge offre aux sen­ti­ments les ponts de l’amertume
celle du sel par­fu­mé sais-tu ces cris­taux cachés dans les zestes des arbres
ces grands êtres éphé­mères mal dans la peau de leur cui­rasse écor­chée
de temps à autre une main bouge elle donne la direc­tion des traces à éteindre
der­rière soi
ce qui revient
ce qui se retire

=

un rien de sable dans l’éclat de ton allure quand tu es celle qui marche au diable du vent

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