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Canons étonnants et tonnant

Par | 2018-05-23T17:08:35+00:00 19 octobre 2012|Catégories : Blog|

 

Pour Peter Klaus de Freie Universität Berlin
et May Livory de Barde la Lézarde,
« pas­tille », ou plu­tôt « j’ai lu le… » poé­tique*

 

Blogodo ! Voilà que tonnent
Soudain les canons éton­nants
Des lit­té­ra­tures fran­co­phones
À Berlin, en docte sym­po­sium
En grand pain­tingue, en grande pompe.
Devrais-je être dans mes petits sou­liers
Pour évi­ter de débar­quer
Là-bas avec mes gros sabots
De petite mar­ronne insu­laire ?
Gare à ne pas faire la bita­ko,
Quasimodo, gros­so modo
En ce cénacle uni­ver­si­taire
Où, trom­peuses, sonnent et clai­ronnent
Les trom­pettes de la renom­mée,
Où se mettent en perce ces mys­tères
D’iniquité.
Hors de ques­tion que je détone
Ou que je détonne.
Woy papa’y ! Voilà que résonnent
Vieux canons et pers­pec­tives !…
Manman ! Voilà qu’on rai­sonne :
Grands dieux ! Sont-elles mortes ou vives
Nos Belles-Lettres fran­co­phones ?
Pour ma part je ne m’en sou­cie guère.
Il est grand temps que je mar­ronne.
Ni maîtres ni métro­poles
Ni Dette de sale fric
Pour l’Afrique
Ni règles ni normes
Ni Code Noir ou blanc
Mais mar­ron
Ni lois pour atteindre l’Idéal
Ni canons ton­nant
Ne m’étonnent.

 

Port-Royal, juin 2005

 

 

 

*Nota bene :
La  « pas­tille » est une pres­crip­tion de May Livory, un médi­ca­ment poé­tique qui finit et com­mence par le même pho­nème à la rime ; moi, vu la forme oblongue de mon poème, j’ai plu­tôt fait une « gélule » — une « j’ai lu le… »…

 

 

© Suzanne Dracius
extrait d’Exquise déré­lic­tion métisse (Prix Fetkann), éd. Desnel
 

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