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CE QUELQUE CHOSE D’UN ANGE

Par | 2018-02-18T11:56:03+00:00 1 novembre 2014|Catégories : Blog|

 

Est-ce toi l'ange, au si doux visage ? Je t'ai croi­sé l'autre nuit.
Tu es venu me déli­vrer du visible, ― dis, est-ce bien toi l'ange ?
Tu parles la langue des oiseaux, tu voles au-delà des limites
quand moi, je n'atteins que les confins de moi-même.
Tu passes, tu glisses, sans pour­quoi ni au revoir, ― tu dis­pa­rais.

J'entends un bruis­se­ment dans les feuillages, est-ce l'annonce de ta venue ? Allons-nous nous battre comme des pauvres, sache que je suis prêt au com­bat, je ne crains pas ta puis­sance. Même si par­fois, je suis fati­gué de tous les com­bats. Ma force est redou­table, mes griffes tran­chantes, mon cynisme étin­celle.

― Tu ris d'innocence ! Comme je te com­prends, la grâce est de ton
côté. Tes lèvres tremblent comme les miennes, comme tu me res­sembles, je suis d'un autre royaume moi aus­si, ni de celui des vivants, ni de celui des morts, mes ailes battent entre les mondes. J'avance en aveugle, ― mon œil voit au-dedans.

Ah ! Je brûle de t'entendre, mais tu gardes le silence. Connais-tu l'orgueil toi aus­si, l'orgueil déme­su­ré des grands esprits aériens ? J'aime la pâleur de ton visage de por­ce­laine, l'effroi de ta beau­té me para­lyse, mon verbe tant s'épuise qu'il vou­drait tout empor­ter.      Le vent se lève, n'est-ce qu'une tem­pête ?

 

Paris, le 21 avril 2008
 

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