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Ce rêve en boucle

Par | 2018-02-23T17:44:40+00:00 12 décembre 2013|Catégories : Blog|

 

Ce rêve en boucle d’obsession géo­mé­trique pré­cise
Des mil­lions de pieds qui balisent des fron­tières
Sautent les murs, les murailles, les nasses à menu fre­tin fri­vole,
Les champs de mines, les embus­cades, les traques meur­trières

Embusquée dans ta mémoire insom­niaque une vio­lente sur­prise
D’habiter des conti­nents inexis­tants bâtis de sourdes paroles
Aux rythmes sac­ca­dés, au débit bègue bêlant, aux silences criards
Tu sur­vo­lais la terre les océans les îles les immenses déserts

Des archi­pels de corail rouge sang, des forêts éme­raude et cor­na­line
Les canyons de Saragosse aux brusques ava­lanches de sur­prises
Les col­lines cal­ci­nées truf­fées tro­glo­dytes ber­bères de Foum Tataouine
La tor­peur Tozeurine des oasis, les tor­rents fores­tiers aux lits désar­çon­nés

Réfugiés dans l’insomnie fœtale sèche arbo­res­cence de rêves sur­an­nés
Ta bous­sole tourne à la folie, ton sang fer­rique déma­gné­tise le Nord
Bateau sans voiles ni gou­ver­nail tu rouilles ta quille au fond sec d’un port
A fleur de dune finit la course au vent du nord et sa rumeur indé­cise

D’une foule vaga­bonde de flâ­neurs, clo­chards, truands fêtards
Sordides dea­lers de sor­nettes, de filles mutantes sirènes de marée basse
Sourire acide de séduc­tion vorace et regard de nuit ser­tie d’olives de jade
Nuages d’insectes tueurs, des sou­pirs d’enfers qui font fondre la ban­quise

Des cou­leurs d’arc-en-ciel ten­du de rêves tour­nant en cau­che­mar
Des amas de corps sans vie sous les décombres de Beyrouth et de Bagdad
Comme ces cités archaïques fan­tômes aux arômes de Carthage aux sen­teurs de Damas
Paquebots échoués faute de fond ou pié­gés dans la poigne cos­mique de la glace

La paresse des sai­sons secrètes car­bo­ni­fères à racines de plomb aux feuilles d’or
Précipices pré­cis d’amnésies quiètes, de résis­tante lâche­té des sup­plices indo­lores

Il n’est point d’horloge pour le réveil, point d’ombre au soleil, il n’est ni tôt ni tard
Ni trop près ni trop loin  ni trop long ni trop court ni trop faible ni trop fort

Voyez cette pla­nète depuis Platon tremble d’effroi démo­cra­tique et pol­lue ses orbites
Blessée mori­bonde gisant à l’ombre pieuse des temples, des mos­quées ou des églises
Couvez la colère des vol­cans, ces monstres pirates dor­mant d’un œil sous la ban­quise
Que vous importe-t-il désor­mais, de quelque langue soyez-vous, si cette véri­té est dite