> C’est moi-même, Terreur, c’est moi-même

C’est moi-même, Terreur, c’est moi-même

Par |2018-10-23T19:07:47+00:00 7 juin 2013|Catégories : Blog|

 

Les rêves échoués des­sé­chés font au ras de la gueule des
rivières
de for­mi­dables tas d’ossements muets
les espoirs trop rapides rampent scru­pu­leu­se­ment
en ser­pents appri­voi­sés
on ne part pas on ne part jamais
pour ma part en île je me suis arrê­té fidèle
debout comme le prêtre Jehan un peu de biais sur la mer
et sculp­té au niveau du museau des vagues et de la fiente
des oiseaux
choses choses c’est à vous que je donne
ma folle face de vio­lence déchi­rée dans les pro­fon­deurs
du tour­billon
ma face tendre d’anses fra­giles où tié­dissent les lymphes
c’est moi-même Terreur c’est moi-même
le frère de ce vol­can qui cer­tain sans mot dire
rumine un je ne sais quoi de sûr
et le pas­sage aus­si pour les oiseaux du vent
qui s’arrêtent sou­vent s’endormir une sai­son
c’est toi-même dou­ceur c’est toi-même
tra­ver­sé de l’épée éter­nelle
et tout le jour avan­çant
mar­qué du fer rouge de choses som­brées
et du soleil remé­mo­ré

Extrait du recueil inti­tu­lé Ferrements
 

X