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Cette rose fut tant appelée par le poète

Par |2018-10-17T14:11:20+00:00 22 février 2014|Catégories : Blog|

 

Cette rose fut tant appe­lée par le poète,

Qu’elle en oublia même le poids de l’abeille
Et celui de la pre­mière rosée,

Qu’elle en oublia la pluie,
L’odeur du che­val et la forme des poèmes.

Elle en oublia jusqu’au sens même des mots,
Les mots les plus simples et les plus ordi­naires,
Ceux dont on rêve et ceux que l’on pleure.

Elle oublia aus­si tous ceux dont elle por­tait encore
Le cœur rouge et les res­pi­ra­tions,

Elle en oublia tout de tout.

Parce que tout cela, dit-elle,
Le poème, la colère, les larmes et même la tris­tesse du ciel,

Tout cela n’est réponse à rien (1).

 

© Les Ennuagements du cœur, Lettres Vives, 2004.

 

(1) Israël Eliraz, Abeilles/​Obstacles, José Corti, 2002.

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