桑の実 落して 

 

桑の実

落して

赤いの取って

ひとりで食べずに

くださいな

 

桑の木 見つけた 

登って 食べた

青いの摘まずに 

待っていて

うれたのほかに 

見つけましょ

 

枝やわらかく 

先に実が

それを私にくださいな

いっしょに取りましょ

鳥も食べましょ 

はねずの実

 

桑の実 赤く 口赤く

食べたのないしょ 

むずかしい

鳥が翼で口かくし 

まだ食べてるよ 

片足あげて

 

深い霧の 森の朝

2人でゆきましょ 

みんなでゆきましょ

桑の実取りに

かごにも摘んで 

帰りましょ

 

 

雲 ― 遊ぶ魂 (VII) 

 

 

Send Down Some Mulberries

 

Send down

some mul­ber­ries.

Can I have the red ones?

Don’t have them all,

keep some for me.

 

We dis­cov­ered

more mul­ber­ry trees.

You climbed one and ate its fruits.

Wait, don’t pick the green ones.

Shall we search for

ripe berries elsewhere?

 

A soft bent twig

car­ries berries on its tip.

Save some for me.

Shall we pick fruits together?

Along with birds,

let’s feast on hanezu crim­son berries.

 

Mul­ber­ries are red, turn­ing our mouths red.

Eat­ing them is a secret

that’s dif­fi­cult to keep.

A bird is still nib­bling away,

cov­er­ing its mouth with its wing

while perch­ing on one leg.

 

Forest’s morn­ing, thick mist drifts.

Shall we go, the two of us,

shall we all go

to pick mulberries?

Let’s return home

with bas­kets full of mulberries.

 

Author’s note: The word, hanezu, is used in Manyoshu, the old­est Japan­ese anthol­o­gy of poems, which con­tains about forty-thou­sand-and-five-hun­dred poems in twen­ty vol­umes. The orig­i­nal mean­ing of hanezu is a tree that resem­bles peach trees or cher­ry trees with whitish crim­son flow­ers. Now the term hanezu refers to a whitish crim­son color.

Clouds ― A Soul at Play (VII)

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

Fais tomber quelques mûres

 

Envoie-moi

quelques mûres.

Puis-les avoir rouges ?

Ne les prends pas toutes,

garde m’en quelques-unes.

 

Nous avons découvert

d’autres mûri­ers.

Tu es mon­té dans l’un et tu as mangé ses fruits.

Atten­tion, ne cueille pas les verts.

Et si nous cherchions

ailleurs des mûres bien mûres ?

 

Un rameau sou­ple courbé

porte des baies à son bout.

Gardes-en quelques-unes pour moi.

Et si nous cueil­lions les fruits ensemble ?

Avec les oiseaux,

Réga­lons-nous de mûres cramoisies.

 

Les mûres rouges tachent nos bouches.

En manger est un secret

dif­fi­cile à garder.

Un oiseau con­tin­ue à s’en gaver,

cou­vrant son bec de son aile,

per­ché sur une patte.

 

Forêt au matin tra­ver­sée de brumes épaisses. 

Si nous allions tous les deux,

si nous allions tous

cueil­lir des mûres ?

Pour ramen­er à la maison

des paniers pleins de mûres. 

 

Note du Poète : le mot hanezu se trou­ve dans le  Manyoshu, la plus vieille antholo­gie japon­aise de poèmes, qui con­tient quelque quar­ante mille cinq cents poèmes en vingt volumes.À l’origine le hanezu est un arbre qui ressem­ble à un pêch­er ou à un cerisi­er aux fleurs rouge pâle. Aujourd’hui le voca­ble hanezu désigne une couleur rouge pâle.

 

Les nuages ―  Une âme qui joue (VII)

Traduit de l’anglais par Michèle Duclos

 

 

 

四角い悲しみ 

 

さそわれるままにゆくと

池があった

水に かえでが

枝をはり出していた

突然 せみが落ちてきた

それは死んでいた

 

しばらく歩くと  疏水があった

「水は大津から京都へと流れる」

友が言った

1ぴきのせみが死んでも

鳴き声の勢いは  かわらなかった

森全体が 太陽にむかって鳴り響いいた

 

疏水は音もなく流れた

友は語らず 私のそばにいた

私は  自分にふさわしいところで待ち

四角い悲しみをもらうだろう

辛抱強く立ち 

乾いた悲しみをもらうだろう

 

友が「先を急いでいるか」とたずねた

私はうなずき 

ひとりになった

池にもどった

せみの足は  意外に小さく 

白い斑点が浮いていた

 

 

 

雲 ― 遊ぶ魂 (VII) 

 

 

 

 

Squared Sor­row 

 

I went to where I was led,

a pond.

Maple trees stretched their boughs

above the water.

Sud­den­ly a cica­da dropped.

It was dead.

 

After walk­ing for some time,

we came across a canal.

“The water flows from Otsu to Kyoto,” my friend said.

Even though one cica­da died,

the ear-pierc­ing shrill of cicadas remained unchanged.

The whole for­est burst into songs, fac­ing the sun.

 

The canal flowed with­out a sound.

My friend, silent, stood beside me.

I shall wait in the appro­pri­ate place,

I may receive squared sorrow.

I shall patient­ly stand,

I may receive dried-up sorrow.

 

My friend asked me, “Are you in a hurry?”

I nod­ded,

I was now alone.

I returned to the pond.

The legs of the cica­da were sur­pris­ing­ly small,

white spots appeared over them.

 

 

Clouds ― A Soul at Play (VII)

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

 

Une tristesse carrée

 

J’allai où l’on me mena,

c’était un étang.

Des érables étendaient leurs branches

au-dessus de l’eau.

Soudain une cigale tomba.

Elle était morte.

 

Après avoir marché quelque temps,

nous arrivâmes à un canal.

« L’eau coule d’Otsu à Kyoto, » dit mon ami.

Bien que l’une d’elles eût disparu,

les cigales stridu­laient aus­si fort qu’avant.

Toute la forêt réson­nait de chants, face au soleil.

 

Le canal coulait sans faire de bruit.

Mon ami se tenait en silence à côté de moi.

J’attendrai là où il faudra,

une tristesse car­rée mon­tera peut-être en moi.

J’attendrai patiem­ment,

une tristesse asséchée mon­tera peut-être en moi.

 

Mon ami me deman­da : « Êtes-vous pressée ? »

Je fis signe que oui,

j’étais seule à présent.

Je retour­nai à l’étang.

Les pattes de la cigale me parurent éton­nam­ment petites,

elles étaient cou­vertes de tach­es blanches.

 

Les nuages ―  Une âme qui joue (VII)

Traduit de l’anglais par Jacque­line Starer

 

 

線路のつぎ目   

 

奥さんは リュックサックを背負って

毎日 ホテルにゆく

私は奥さんの背でまどろむ

ペットボトル

 

奥さんは旅人を見るのが好き

だから私も いつも旅人

ホテルのレセプションの

いすにかけて 私を取り出す

 

奥さんが家に帰ってくると

私はになっている

でも どうぞ捨てないで

 また私を使って

 

リュックのなかで 

水が一杯の時

目は見えない

水が減ると見えてくる

 

 

リュックのなかに

地図と磁石

画帳と12色のクレヨン

奥さんは いつも私をクレヨンの横に置く

 

 

 

雲 ― 遊ぶ魂 (VII) 

 

 

 

Knap­sack 

 

My land­la­dy goes to a hotel every day

car­ry­ing a knapsack.

I am a plas­tic bottle,

doz­ing off on her back.

 

My land­la­dy loves to watch travelers,

so I, too, become a con­stant traveler.

She sits on a chair at a reception

and takes me out into the light.

 

By the time she returns home,

I am empty.

Please do not throw me away,

use me again tomorrow.

 

Inside the knapsack,

when I am filled with water,

my vision is clouded.

As the water lev­el dwin­dles, I regain my sight.

 

In her knapsack

she has a map, a com­pass, a sketchbook

and twelve dif­fer­ent col­ored crayons.

My land­la­dy always places me besides the crayons.

 

 

 

Clouds ― A Soul at Play (VII)

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

Sac à dos

 

 

Ma logeuse se rend chaque jour dans un hôtel

avec un sac à dos.

Je suis une bouteille en plastique

assoupie sur son dos.

 

Ma logeuse adore observ­er les voyageurs,

elle fait ain­si de moi une con­stante voyageuse.

Assise sur une chaise à la réception,

elle me sort à la lumière.

 

Le temps de ren­tr­er chez elle,

je suis vide.

S’il-vous-plaît, ne me jetez pas,

reprenez-moi demain.

 

Quand je suis dans le sac à dos,

rem­plie d’eau,

ma vision se voile.

Quand le niveau baisse, je recou­vre la vue.

 

Dans son sac à dos

elle a une carte, un com­pas, un car­net à dessins

et douze crayons de couleurs différentes.

Ma logeuse me range tou­jours à côté des crayons.

 

 

Les nuages ― Une âme qui joue (VII)

Traduit de l’anglais par Jacque­line Starer

 

 

 

線路のつぎ目  

 

もし  線路につぎ目がなかったら

やはり悲しいでしょう

私は あの音を聞くために

電車にのる時があります

切符はどちらまで?

上り? 下り?

旅は 長くなくてよいでしょう

用事がないのに

会う人もいないのに

切符を買ってごらんなさい

 

線路のつぎ目 考えたことあります?

それは 大切な意味を持っています

「ひずみを吸収するために必要だ」などと 言わないで

ひざをかかえて泣いた日

耳に響いたあの音

親しい駅を ゆっくり離れ

となりの駅の秘密に近づく

旅に出ない?

ひと駅 ふた駅 

反対路線に のってみてもよいでしょう

 

 

 

祈り― 遊ぶ魂 (VIII)  

 

 

Rail­road Joints

 

If there were no rail­road joints,

it would be pitiful.

There are times when I get on trains

just to hear the clat­ter­ing sounds.

A tick­et to where?

East? West?

A jour­ney should prefer­ably not be long.

Although there is no rea­son to go,

nor friends to see,

why not buy a train ticket?

 

Have you ever thought about rail­road joints?

They car­ry an impor­tant meaning.

Don’t say, “They reduce the crooked­ness of rails.”

On the day when I cried hold­ing my knees,

the clat­ter­ing sounds echoed in my ears.

The sounds slow­ly depart­ed from my home station,

get­ting clos­er to the secrets of a neigh­bor­ing station.

Shall we go on a trip?

One sta­tion, two more stations,

this time a tick­et for the oppo­site direction? 

 

 

Prayer ― Soul at Play (VIII)

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

Les joints de rails

 

Si les rails n’avaient pas de joints,

ce serait pitoyable.

Par­fois je prends le train

juste pour enten­dre leur cliquetis.

Un bil­let pour où ?

L’est ? L’ouest ?

Un voy­age court est préférable.

Même sans aucune rai­son de partir,

sans aucune amie à voir,

pourquoi ne pas acheter un billet ?

 

Avez-vous jamais pen­sé aux joints de rails ?

Ils por­tent une sig­ni­fi­ca­tion lourde.

Ne dis pas, “ils redressent les rails.”

Le jour où j’ai pleuré en me ten­ant les genoux,

leur cli­quetis réson­nait à mon oreille.

Les sons par­taient lente­ment de ma station,

s’approchant des secrets de la sta­tion voisine.

Par­tirons-nous en voyage ?

Une sta­tion, deux de plus,

cette fois, un bil­let pour la direc­tion opposée ?

 

Prière – Une âme qui joue (VIII)

Traduit de l’anglais par Alice-Cather­ine Carls

 

 

 

露 

 

音がした

大きな葉から

露が落ちた

規則正しい音が

森を神秘的にした

森は一層深く

私は 

音のなかを歩いた

 

葉は 

いつ露をためるのだろう

それは風が吹く時

葉は

いつ露を落すのだろう

それは 足音が聞こえる時

私は 1枚の葉から

手のひらに露をこぼした

 

 

祈り― 遊ぶ魂 (VIII)  

 

 

 

Dew 

 

Dew­drop.

A dew dropped

from a large leaf.

Reg­u­lar sounds of drops

mys­ti­fied the forest.

The for­est grew more dense,

I walked

in the sounds.

  

When does a leaf

hold onto its dews?

When the wind blows.

When does a leaf

drop its dew?

When it hears footsteps.

Tilt­ing a sin­gle leaf,

I poured its dew onto my palm.

 

Prayer ― Soul at Play (VIII)

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

Rosée

 

Goutte de rosée.

Une goutte tomba

d’une grande feuille.

Des bruits réguliers de gouttes

intriguaient la forêt.

La forêt se fit plus dense,

Je mar­chais

dans les bruits.

 

Quand une feuille

retient-elle ses gouttelettes ?

Quand le vent souffle.

Quand une feuille

laisse-t-elle tomber sa rosée ?

Quand elle entend des pas.

Incli­nant une feuille

J’ai ver­sé sa rosée sur ma paume.

 

 

Prière   ̶  Une âme qui joue (VIII)

 

Traduit de l’anglais par Michèle Duclos

 

 

ちょうのゆりかご

 

海に  ちょうが飛んでいた

とまるところをさがしていた

羽は やさしく風をおこし

波にたずねた 「少し休みたいの」

大海原に ちょうの声が届いた

 

波は静止して

ちょうを休ませた

陸の裏の海までも

一羽の訪問者に

手を差しのべた

 

ちょうは   海の水を吸い

安らかに念じて

羽の色を水色にした

波に2度 3度うなずいて

ふたたび飛んだ

 

海はしばらく ちょうを見つめ

まばたきひとつしなかった

陸の裏の波までも

つま先立って

ちょうが またきてくれるのを待っていた

 

 

祈り― 遊ぶ魂 (VIII)  

 

Cra­dle of a But­ter­fly 

 
A but­ter­fly hov­ered over the sea,
search­ing for a place to rest.
Her wings gen­tly stirred up wind
and asked, “Can I take a lit­tle break?”
Her voice reached the vast ocean.
 
Waves became still
to let her rest.
Even seas from oth­er continents
held out a help­ing hand
to a sin­gle visitor.
 
The but­ter­fly tast­ed the ocean water,
peace­ful­ly wishing
she made her wings azure blue.
Nod­ding twice, thrice
she flew off again.

The sea watched the but­ter­fly for some time
with­out blink­ing once.
Even waves from oth­er continents
stood on tiptoes,
wait­ing for her to come back.

 

 

Prayer ― Soul at Play (VIII)

 

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

Le berceau d’un papillon

 

Un papil­lon vole­tait sur la mer,

cher­chant un endroit où se poser.

Ses ailes déplaçaient légère­ment l’air

et demandaient : « Puis-je m’arrêter un peu ? »

Sa voix atteignit le vaste océan.

 

Les vagues s’apaisèrent

pour qu’il puisse se reposer.

Même les mers des autres continents

apportèrent leur aide

à cet unique visiteur.

 

Le papil­lon goû­ta l’eau de l’océan,

espérant sere­ine­ment

qu’elle tein­terait ses ailes en bleu azur.

Après avoir salué deux, trois fois,

il reprit son vol.

 

La mer con­tin­ua à regarder le papillon

sans ciller du tout.

Même les vagues des autres continents

se mirent sur la pointe des pieds,

en atten­dant son retour.

 

Prière ― Une âme qui joue (VIII)

 

Traduit de l’anglais par Jacque­line Starer
 

 

 

遊ぶ魂 ― 回転木馬

 

部屋から

実のなる木を見つめていた

枝は大きく動き

葉が円を描いて揺れていた

私には 

これからおこることがわからなかった

木の実がうらやましかった

一日 枝につかまっていたらいいのだ

私は たくさんの痛い思いをするだろう

こころにも体にも

苦しい時

私を見下ろしていた木の実を 

思い出すだろう

 

部屋の窓を閉めて外に出た

木の下に立った

私はふっと 

ある考えを否定した

雲が見えていたが

木と雲と私とは

互いに

関係を持たないのではないかと

雑踏のなかに出た

人は「静けさ」よりも 

多くを私に教えた

 

大きな荷物を持って歩く人を

自分だと認めてはいけない

足を引きずって東にむかう人が

私と同じ目的を持っていると 

認めてはいけない 

長くいつくしんできた思いが

いつわりであったと

知らなければならない

 

川のそばの公園の

回転木馬が

夜も照明されている

木馬がまわっている

私はかつて「これにのりたい」と

親にせがむ子どもであっただろう

馬の首につけられている鈴に触れて

「見て!」と叫びながら

木馬から 

親をさがす子どもであっただろう

 

父の肉を食え

母の肉を食え

私はそれによって成長した

 

善を望まず

悪を否定せず

私は存在する

夜の回転木馬は 

さみしい木馬

オルゴールより聞こえる鈴のは

揺れる木の実の 悲しい記憶

馬のたてがみをつかんで

遊べ 子ども

1日の長さを知らない 

子ども

 

 

土 ― 遊ぶ魂(X) 

 

 

A Soul at Play Merry-go-round

 

 

I watched from my room

a tree which bore berries.

Branch­es moved freely,

leaves swayed in circles. 

I did not know

what was going to hap­pen to me. 

I envied the berries.

They can sim­ply hold onto the branches.

I will expe­ri­ence a lot of pain

in my heart and body.

When I am in distress,

I shall remem­ber those berries

that looked down on me.

      

I shut the win­dow and went out,

I stood under the tree.

With­out any reason

I sup­pressed a thought.

I could see the clouds

but I could not see the relationship

between

the trees, clouds and me.

I walked into a crowd.

The peo­ple taught me much more

than what “silence” taught me.

 

A per­son walks with heavy luggage,

I should not admit that that per­son is me

 

I should not admit that

the per­son who dragged his feet and head­ed east

has the same goals as me.

I have to face the fact that

the thought I cher­ished for a long time

was false.

 

A mer­ry-go-round

in a park along a river

is lit even at night.

Wood­en hors­es circle.

I may have once been a child

who begged my par­ents saying,

“I want to ride the merry-go-round.”

While ring­ing the horse’s bells around its neck,

I may have looked for my parents,

shout­ing from the horse, “Look at me!”

 

Eat Father’s meat.

Eat Moth­er’s meat

I grew up eat­ing that.

 

I do not desire virtue,

I do not deny vice,

I exist.

The evening merry-go-round,

lone­ly wood­en horses.

Sounds of bells from a music box

play sad mem­o­ries of sway­ing berries.

             Clutch onto the horse’s mane,

go and play child,

the child who does not know

how long a day lasts.

 

 Soil ― A Soul at Play (X)

 Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

Une âme qui joue – le manège

 

De ma cham­bre je regardai

un arbre qui por­tait des baies.

Ses branch­es bougeaient librement,

ses feuilles se bal­ançaient en rond.

Je ne savais pas

ce qui allait m’arriver.

J’enviais les baies.

Elles n’ont qu’à tenir aux branches.

Je vais beau­coup souffrir

dans mon cœur et dans mon corps.

Quand je serai en détresse,

je penserai à ces baies

qui me toi­saient de haut.

 

Je fer­mai la fenêtre et sortis,

je me mis sous l’arbre.

Sans rai­son aucune

je sup­pri­mai une pensée.

Je pou­vais voir les nuages

mais pas la relation

entre

les arbres, les nuages, et moi.

J’entrai dans une foule.

Les gens m’apprirent bien plus

que ce que le “silence” m’avait appris.

 

Un être chem­ine avec un lourd bagage,

je ne devrais pas admet­tre que cet être est moi.

Je ne devrais pas admet­tre que

la per­son­ne qui traî­nait des pieds en par­tant vers l’est

a les mêmes buts que moi.

Il me faut accepter

que la pen­sée chérie depuis longtemps

ait été fausse.

 

Un manège

dans un parc au bord d’une rivière

est éclairé même la nuit.

Tour­nent les chevaux de bois.

Je fus peut-être une enfant jadis

qui sup­pli­ais mes par­ents en disant,

“Je veux faire un tour de manège.”

En faisant tin­ter les clo­chettes au cou du cheval,

peut-être ai-je cher­ché mes parents

en cri­ant de mon cheval, “Regardez-moi!”

 

Mange la viande de Père.

Mange la viande de Mère.

Je gran­dis en mangeant ça.

 

Je ne désire pas la vertu,

je ne nie pas le vice,

j’existe.

Le manège du soir,

chevaux esseulés.

Les sons cristallins d’une boîte à musique

jouent le triste sou­venir des baies dansantes.

Accroche-toi à la crinière du cheval,

va jouer, petit enfant,

toi qui ne con­nais pas

la longueur du jour.

 

Terre – Une âme qui joue (X)

Traduit de l’anglais par Alice-Cather­ine Carls

 

 

を拾った時

ああ その冷たさ

しゃがんだまま

花を見つめる

ひとり

 

花弁は開き

落ちる涙を

むかえ入れる

露にして

花心にしまう

 

の手ざわり

罪の臭い

のは

閉じられ

永遠にその前で

花を手のひらに

 

こころは

花へと流れ去り

胸に 

やわらかい空洞が残る

門を閉じた

誤り 

 

落下しても開き続ける力を

強さと言わないでください

その冷たさを

美しさと言わないでください

ああ 門のを

一輪の花のために

はずしてください

 

 

 

土 ― 遊ぶ魂(X) 

 

 

Orchid

 

When I picked up a fall­en orchid,

oh how bit­ter cold!

I stared at it

while crouch­ing.

Alone.

 

Petals open,

take in my falling tears,

turn them into dews

and store them

in its heart.

 

The touch of calamity,

the smell of sin.

The gates of atonement

are closed.

In front of the gates, I stand forever

with the flower in my palm.

 

My heart

drifts to the flower,

a soft hol­low­ness stays

in my chest.

Clos­ing the gates

was a mistake.

 

The orchid that

falls and stays open,

do not call that strength.

Its frosti­ness,

do not call that beauty.

Ah, unlock

the gates’ bolt

for this sin­gle flower.

 

Soil ― A Soul at Play (X)

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

L’orchidée

 

Je ramas­sai une orchidée tombée

– comme elle était froide!

Je la regardai

accroupie

seule.

 

Pétales ouvertes,

accueillez mes larmes,

faites-en une rosée

et con­servez-la

en son cœur.

 

La touche du malheur,

L’odeur du péché.

Fer­mées sont

les portes du salut.

Attente infinie devant elles,

la fleur dans ma paume.

 

Mon cœur

va vers la fleur,

un ten­dre vide reste

dans ma poitrine

c’était une erreur

de fer­mer les portes.

 

N’appelle pas force

l’orchidée qui

tombe et reste ouverte.

N’appelle pas beauté

sa froideur.

Ah, déver­rouille

les portes

pour cette unique fleur.

 

Terre – Une âme qui joue (X)

Traduit de l’anglais par Alice-Cather­ine Carls

 

 

 

 

偶数と奇数 

 

 

偶数は

誕生を司った  

奇数は

死を司った

 

偶数は 

すべての喜びを集め

横にならんだ

 

奇数は

すべての悲しみを集め

縦にならんだ

 

誕生の数だけ

死があり

偶数は

奇数と交差して

十字をなした

 

2種類の数字は

優劣を持たず

役割の違いを

認識していた

は 

人の世を悲しみ

十字を

上から見ていた

 

 

太 陽 ― 遊ぶ魂(XI)

 

 

 

Even and Odd Numbers 

 

Even num­bers

gov­erned “Birth.”

Odd num­bers

gov­erned “Death.”

 

Even num­bers

lined up in a row

col­lect­ing all moments of joy.

 

Odd num­bers

lined up vertically

col­lect­ing all moments of sorrow.

 

There were as many “Deaths”

as there were “Births.”

Even num­bers

inter­sect­ed odd numbers

and formed a cross.

 

Even and odd numbers

felt like equals.

Both num­bers recognized

their dis­tinct roles.

Zero

griev­ed the lives of humans

and looked down at the cross

from above.

 

 

The Sun ― A Soul at PlayXI

Trans­lat­ed by Soraya Ume­wa­ka and Shizue Ogawa

 

 

 

Nom­bres pairs et nom­bres impairs

 

Les nom­bres pairs

gou­ver­naient « Naissance ».

Les nom­bres impairs

gou­ver­naient « Mort ».

 

Les nom­bres pairs

alignés sur une rangée

recueil­laient tous les moments de joie.

 

Les nom­bres impairs

alignés ver­ti­cale­ment

recueil­laient tous les moments de peine.

 

Il y avait autant de « Morts »

qu’il y avait de « Naissances ».

Les nom­bres pairs intersectaient

les nom­bres impairs

et for­maient une croix.

 

Numéros pairs et numéros impairs

se sen­taient égaux.

Et recon­nais­saient

leurs rôles distincts.

Zéro

pleu­rait la vie des humains

et regar­dait la croix

de haut.

 

NdlP : « Zéro » désigne le soleil

 

 

Soleil – Une âme qui joue (XI)

 

Traduit de l’anglais par Michèle Duclos

 

 

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