桑の実 落して
桑の実
落して
赤いの取って
ひとりで食べずに
くださいな
桑の木 見つけた
登って 食べた
青いの摘まずに
待っていて
うれたのほかに
見つけましょ
枝やわらかく
先に実が
それを私にくださいな
いっしょに取りましょ
鳥も食べましょ
はねずの実
桑の実 赤く 口赤く
食べたのないしょ
むずかしい
鳥が翼で口かくし
まだ食べてるよ
片足あげて
深い霧の 森の朝
2人でゆきましょ
みんなでゆきましょ
桑の実取りに
かごにも摘んで
帰りましょ
雲 ― 遊ぶ魂 (VII)
Send Down Some Mulberries
Send down
some mulberries.
Can I have the red ones?
Don’t have them all,
keep some for me.
We discovered
more mulberry trees.
You climbed one and ate its fruits.
Wait, don’t pick the green ones.
Shall we search for
ripe berries elsewhere?
A soft bent twig
carries berries on its tip.
Save some for me.
Shall we pick fruits together?
Along with birds,
let’s feast on hanezu crimson berries.
Mulberries are red, turning our mouths red.
Eating them is a secret
that’s difficult to keep.
A bird is still nibbling away,
covering its mouth with its wing
while perching on one leg.
Forest’s morning, thick mist drifts.
Shall we go, the two of us,
shall we all go
to pick mulberries?
Let’s return home
with baskets full of mulberries.
Author’s note: The word, hanezu, is used in Manyoshu, the oldest Japanese anthology of poems, which contains about forty-thousand-and-five-hundred poems in twenty volumes. The original meaning of hanezu is a tree that resembles peach trees or cherry trees with whitish crimson flowers. Now the term hanezu refers to a whitish crimson color.
Clouds ― A Soul at Play (VII)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Fais tomber quelques mûres
Envoie-moi
quelques mûres.
Puis-les avoir rouges ?
Ne les prends pas toutes,
garde m’en quelques-unes.
Nous avons découvert
d’autres mûriers.
Tu es monté dans l’un et tu as mangé ses fruits.
Attention, ne cueille pas les verts.
Et si nous cherchions
ailleurs des mûres bien mûres ?
Un rameau souple courbé
porte des baies à son bout.
Gardes-en quelques-unes pour moi.
Et si nous cueillions les fruits ensemble ?
Avec les oiseaux,
Régalons-nous de mûres cramoisies.
Les mûres rouges tachent nos bouches.
En manger est un secret
difficile à garder.
Un oiseau continue à s’en gaver,
couvrant son bec de son aile,
perché sur une patte.
Forêt au matin traversée de brumes épaisses.
Si nous allions tous les deux,
si nous allions tous
cueillir des mûres ?
Pour ramener à la maison
des paniers pleins de mûres.
Note du Poète : le mot hanezu se trouve dans le Manyoshu, la plus vieille anthologie japonaise de poèmes, qui contient quelque quarante mille cinq cents poèmes en vingt volumes.À l’origine le hanezu est un arbre qui ressemble à un pêcher ou à un cerisier aux fleurs rouge pâle. Aujourd’hui le vocable hanezu désigne une couleur rouge pâle.
Les nuages ― Une âme qui joue (VII)
Traduit de l’anglais par Michèle Duclos
四角い悲しみ
さそわれるままにゆくと
池があった
水に かえでが
枝をはり出していた
突然 せみが落ちてきた
それは死んでいた
しばらく歩くと 疏水があった
「水は大津から京都へと流れる」
友が言った
1ぴきのせみが死んでも
鳴き声の勢いは かわらなかった
森全体が 太陽にむかって鳴り響いいた
疏水は音もなく流れた
友は語らず 私のそばにいた
私は 自分にふさわしいところで待ち
四角い悲しみをもらうだろう
辛抱強く立ち
乾いた悲しみをもらうだろう
友が「先を急いでいるか」とたずねた
私はうなずき
ひとりになった
池にもどった
せみの足は 意外に小さく
白い斑点が浮いていた
雲 ― 遊ぶ魂 (VII)
Squared Sorrow
I went to where I was led,
a pond.
Maple trees stretched their boughs
above the water.
Suddenly a cicada dropped.
It was dead.
After walking for some time,
we came across a canal.
“The water flows from Otsu to Kyoto,” my friend said.
Even though one cicada died,
the ear-piercing shrill of cicadas remained unchanged.
The whole forest burst into songs, facing the sun.
The canal flowed without a sound.
My friend, silent, stood beside me.
I shall wait in the appropriate place,
I may receive squared sorrow.
I shall patiently stand,
I may receive dried-up sorrow.
My friend asked me, “Are you in a hurry?”
I nodded,
I was now alone.
I returned to the pond.
The legs of the cicada were surprisingly small,
white spots appeared over them.
Clouds ― A Soul at Play (VII)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Une tristesse carrée
J’allai où l’on me mena,
c’était un étang.
Des érables étendaient leurs branches
au-dessus de l’eau.
Soudain une cigale tomba.
Elle était morte.
Après avoir marché quelque temps,
nous arrivâmes à un canal.
« L’eau coule d’Otsu à Kyoto, » dit mon ami.
Bien que l’une d’elles eût disparu,
les cigales stridulaient aussi fort qu’avant.
Toute la forêt résonnait de chants, face au soleil.
Le canal coulait sans faire de bruit.
Mon ami se tenait en silence à côté de moi.
J’attendrai là où il faudra,
une tristesse carrée montera peut-être en moi.
J’attendrai patiemment,
une tristesse asséchée montera peut-être en moi.
Mon ami me demanda : « Êtes-vous pressée ? »
Je fis signe que oui,
j’étais seule à présent.
Je retournai à l’étang.
Les pattes de la cigale me parurent étonnamment petites,
elles étaient couvertes de taches blanches.
Les nuages ― Une âme qui joue (VII)
Traduit de l’anglais par Jacqueline Starer
線路のつぎ目
奥さんは リュックサックを背負って
毎日 ホテルにゆく
私は奥さんの背でまどろむ
ペットボトル
奥さんは旅人を見るのが好き
だから私も いつも旅人
ホテルのレセプションの
いすにかけて 私を取り出す
奥さんが家に帰ってくると
私はになっている
でも どうぞ捨てないで
また私を使って
リュックのなかで
水が一杯の時
目は見えない
水が減ると見えてくる
リュックのなかに
地図と磁石
画帳と12色のクレヨン
奥さんは いつも私をクレヨンの横に置く
雲 ― 遊ぶ魂 (VII)
Knapsack
My landlady goes to a hotel every day
carrying a knapsack.
I am a plastic bottle,
dozing off on her back.
My landlady loves to watch travelers,
so I, too, become a constant traveler.
She sits on a chair at a reception
and takes me out into the light.
By the time she returns home,
I am empty.
Please do not throw me away,
use me again tomorrow.
Inside the knapsack,
when I am filled with water,
my vision is clouded.
As the water level dwindles, I regain my sight.
In her knapsack
she has a map, a compass, a sketchbook
and twelve different colored crayons.
My landlady always places me besides the crayons.
Clouds ― A Soul at Play (VII)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Sac à dos
Ma logeuse se rend chaque jour dans un hôtel
avec un sac à dos.
Je suis une bouteille en plastique
assoupie sur son dos.
Ma logeuse adore observer les voyageurs,
elle fait ainsi de moi une constante voyageuse.
Assise sur une chaise à la réception,
elle me sort à la lumière.
Le temps de rentrer chez elle,
je suis vide.
S’il-vous-plaît, ne me jetez pas,
reprenez-moi demain.
Quand je suis dans le sac à dos,
remplie d’eau,
ma vision se voile.
Quand le niveau baisse, je recouvre la vue.
Dans son sac à dos
elle a une carte, un compas, un carnet à dessins
et douze crayons de couleurs différentes.
Ma logeuse me range toujours à côté des crayons.
Les nuages ― Une âme qui joue (VII)
Traduit de l’anglais par Jacqueline Starer
線路のつぎ目
もし 線路につぎ目がなかったら
やはり悲しいでしょう
私は あの音を聞くために
電車にのる時があります
切符はどちらまで?
上り? 下り?
旅は 長くなくてよいでしょう
用事がないのに
会う人もいないのに
切符を買ってごらんなさい
線路のつぎ目 考えたことあります?
それは 大切な意味を持っています
「ひずみを吸収するために必要だ」などと 言わないで
ひざをかかえて泣いた日
耳に響いたあの音
親しい駅を ゆっくり離れ
となりの駅の秘密に近づく
旅に出ない?
ひと駅 ふた駅
反対路線に のってみてもよいでしょう
祈り― 遊ぶ魂 (VIII)
Railroad Joints
If there were no railroad joints,
it would be pitiful.
There are times when I get on trains
just to hear the clattering sounds.
A ticket to where?
East? West?
A journey should preferably not be long.
Although there is no reason to go,
nor friends to see,
why not buy a train ticket?
Have you ever thought about railroad joints?
They carry an important meaning.
Don’t say, “They reduce the crookedness of rails.”
On the day when I cried holding my knees,
the clattering sounds echoed in my ears.
The sounds slowly departed from my home station,
getting closer to the secrets of a neighboring station.
Shall we go on a trip?
One station, two more stations,
this time a ticket for the opposite direction?
Prayer ― A Soul at Play (VIII)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Les joints de rails
Si les rails n’avaient pas de joints,
ce serait pitoyable.
Parfois je prends le train
juste pour entendre leur cliquetis.
Un billet pour où ?
L’est ? L’ouest ?
Un voyage court est préférable.
Même sans aucune raison de partir,
sans aucune amie à voir,
pourquoi ne pas acheter un billet ?
Avez-vous jamais pensé aux joints de rails ?
Ils portent une signification lourde.
Ne dis pas, “ils redressent les rails.”
Le jour où j’ai pleuré en me tenant les genoux,
leur cliquetis résonnait à mon oreille.
Les sons partaient lentement de ma station,
s’approchant des secrets de la station voisine.
Partirons-nous en voyage ?
Une station, deux de plus,
cette fois, un billet pour la direction opposée ?
Prière – Une âme qui joue (VIII)
Traduit de l’anglais par Alice-Catherine Carls
露
音がした
大きな葉から
露が落ちた
規則正しい音が
森を神秘的にした
森は一層深く
私は
音のなかを歩いた
葉は
いつ露をためるのだろう
それは風が吹く時
葉は
いつ露を落すのだろう
それは 足音が聞こえる時
私は 1枚の葉から
手のひらに露をこぼした
祈り― 遊ぶ魂 (VIII)
Dew
Dewdrop.
A dew dropped
from a large leaf.
Regular sounds of drops
mystified the forest.
The forest grew more dense,
I walked
in the sounds.
When does a leaf
hold onto its dews?
When the wind blows.
When does a leaf
drop its dew?
When it hears footsteps.
Tilting a single leaf,
I poured its dew onto my palm.
Prayer ― A Soul at Play (VIII)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Rosée
Goutte de rosée.
Une goutte tomba
d’une grande feuille.
Des bruits réguliers de gouttes
intriguaient la forêt.
La forêt se fit plus dense,
Je marchais
dans les bruits.
Quand une feuille
retient-elle ses gouttelettes ?
Quand le vent souffle.
Quand une feuille
laisse-t-elle tomber sa rosée ?
Quand elle entend des pas.
Inclinant une feuille
J’ai versé sa rosée sur ma paume.
Prière ̶ Une âme qui joue (VIII)
Traduit de l’anglais par Michèle Duclos
ちょうのゆりかご
海に ちょうが飛んでいた
とまるところをさがしていた
羽は やさしく風をおこし
波にたずねた 「少し休みたいの」
大海原に ちょうの声が届いた
波は静止して
ちょうを休ませた
陸の裏の海までも
一羽の訪問者に
手を差しのべた
ちょうは 海の水を吸い
安らかに念じて
羽の色を水色にした
波に2度 3度うなずいて
ふたたび飛んだ
海はしばらく ちょうを見つめ
まばたきひとつしなかった
陸の裏の波までも
つま先立って
ちょうが またきてくれるのを待っていた
祈り― 遊ぶ魂 (VIII)
Cradle of a Butterfly
A butterfly hovered over the sea,
searching for a place to rest.
Her wings gently stirred up wind
and asked, “Can I take a little break?”
Her voice reached the vast ocean.
Waves became still
to let her rest.
Even seas from other continents
held out a helping hand
to a single visitor.
The butterfly tasted the ocean water,
peacefully wishing
she made her wings azure blue.
Nodding twice, thrice
she flew off again.
The sea watched the butterfly for some time
without blinking once.
Even waves from other continents
stood on tiptoes,
waiting for her to come back.
Prayer ― A Soul at Play (VIII)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Le berceau d’un papillon
Un papillon voletait sur la mer,
cherchant un endroit où se poser.
Ses ailes déplaçaient légèrement l’air
et demandaient : « Puis-je m’arrêter un peu ? »
Sa voix atteignit le vaste océan.
Les vagues s’apaisèrent
pour qu’il puisse se reposer.
Même les mers des autres continents
apportèrent leur aide
à cet unique visiteur.
Le papillon goûta l’eau de l’océan,
espérant sereinement
qu’elle teinterait ses ailes en bleu azur.
Après avoir salué deux, trois fois,
il reprit son vol.
La mer continua à regarder le papillon
sans ciller du tout.
Même les vagues des autres continents
se mirent sur la pointe des pieds,
en attendant son retour.
Prière ― Une âme qui joue (VIII)
Traduit de l’anglais par Jacqueline Starer
遊ぶ魂 ― 回転木馬
部屋から
実のなる木を見つめていた
枝は大きく動き
葉が円を描いて揺れていた
私には
これからおこることがわからなかった
木の実がうらやましかった
一日 枝につかまっていたらいいのだ
私は たくさんの痛い思いをするだろう
こころにも体にも
苦しい時
私を見下ろしていた木の実を
思い出すだろう
部屋の窓を閉めて外に出た
木の下に立った
私はふっと
ある考えを否定した
雲が見えていたが
木と雲と私とは
互いに
関係を持たないのではないかと
雑踏のなかに出た
人は「静けさ」よりも
多くを私に教えた
大きな荷物を持って歩く人を
自分だと認めてはいけない
足を引きずって東にむかう人が
私と同じ目的を持っていると
認めてはいけない
長くいつくしんできた思いが
いつわりであったと
知らなければならない
川のそばの公園の
回転木馬が
夜も照明されている
木馬がまわっている
私はかつて「これにのりたい」と
親にせがむ子どもであっただろう
馬の首につけられている鈴に触れて
「見て!」と叫びながら
木馬から
親をさがす子どもであっただろう
父の肉を食え
母の肉を食え
私はそれによって成長した
善を望まず
悪を否定せず
私は存在する
夜の回転木馬は
さみしい木馬
オルゴールより聞こえる鈴のは
揺れる木の実の 悲しい記憶
馬のたてがみをつかんで
遊べ 子ども
1日の長さを知らない
子ども
土 ― 遊ぶ魂(X)
A Soul at Play ― Merry-go-round
I watched from my room
a tree which bore berries.
Branches moved freely,
leaves swayed in circles.
I did not know
what was going to happen to me.
I envied the berries.
They can simply hold onto the branches.
I will experience a lot of pain
in my heart and body.
When I am in distress,
I shall remember those berries
that looked down on me.
I shut the window and went out,
I stood under the tree.
Without any reason
I suppressed a thought.
I could see the clouds
but I could not see the relationship
between
the trees, clouds and me.
I walked into a crowd.
The people taught me much more
than what “silence” taught me.
A person walks with heavy luggage,
I should not admit that that person is me
I should not admit that
the person who dragged his feet and headed east
has the same goals as me.
I have to face the fact that
the thought I cherished for a long time
was false.
A merry-go-round
in a park along a river
is lit even at night.
Wooden horses circle.
I may have once been a child
who begged my parents saying,
“I want to ride the merry-go-round.”
While ringing the horse’s bells around its neck,
I may have looked for my parents,
shouting from the horse, “Look at me!”
Eat Father’s meat.
Eat Mother’s meat
I grew up eating that.
I do not desire virtue,
I do not deny vice,
I exist.
The evening merry-go-round,
lonely wooden horses.
Sounds of bells from a music box
play sad memories of swaying berries.
Clutch onto the horse’s mane,
go and play child,
the child who does not know
how long a day lasts.
Soil ― A Soul at Play (X)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Une âme qui joue – le manège
De ma chambre je regardai
un arbre qui portait des baies.
Ses branches bougeaient librement,
ses feuilles se balançaient en rond.
Je ne savais pas
ce qui allait m’arriver.
J’enviais les baies.
Elles n’ont qu’à tenir aux branches.
Je vais beaucoup souffrir
dans mon cœur et dans mon corps.
Quand je serai en détresse,
je penserai à ces baies
qui me toisaient de haut.
Je fermai la fenêtre et sortis,
je me mis sous l’arbre.
Sans raison aucune
je supprimai une pensée.
Je pouvais voir les nuages
mais pas la relation
entre
les arbres, les nuages, et moi.
J’entrai dans une foule.
Les gens m’apprirent bien plus
que ce que le “silence” m’avait appris.
Un être chemine avec un lourd bagage,
je ne devrais pas admettre que cet être est moi.
Je ne devrais pas admettre que
la personne qui traînait des pieds en partant vers l’est
a les mêmes buts que moi.
Il me faut accepter
que la pensée chérie depuis longtemps
ait été fausse.
Un manège
dans un parc au bord d’une rivière
est éclairé même la nuit.
Tournent les chevaux de bois.
Je fus peut-être une enfant jadis
qui suppliais mes parents en disant,
“Je veux faire un tour de manège.”
En faisant tinter les clochettes au cou du cheval,
peut-être ai-je cherché mes parents
en criant de mon cheval, “Regardez-moi!”
Mange la viande de Père.
Mange la viande de Mère.
Je grandis en mangeant ça.
Je ne désire pas la vertu,
je ne nie pas le vice,
j’existe.
Le manège du soir,
chevaux esseulés.
Les sons cristallins d’une boîte à musique
jouent le triste souvenir des baies dansantes.
Accroche-toi à la crinière du cheval,
va jouer, petit enfant,
toi qui ne connais pas
la longueur du jour.
Terre – Une âme qui joue (X)
Traduit de l’anglais par Alice-Catherine Carls
を拾った時
ああ その冷たさ
しゃがんだまま
花を見つめる
ひとり
花弁は開き
落ちる涙を
むかえ入れる
露にして
花心にしまう
の手ざわり
罪の臭い
のは
閉じられ
永遠にその前で
花を手のひらに
こころは
花へと流れ去り
胸に
やわらかい空洞が残る
門を閉じた
誤り
の
落下しても開き続ける力を
強さと言わないでください
その冷たさを
美しさと言わないでください
ああ 門のを
一輪の花のために
はずしてください
土 ― 遊ぶ魂(X)
Orchid
When I picked up a fallen orchid,
oh how bitter cold!
I stared at it
while crouching.
Alone.
Petals open,
take in my falling tears,
turn them into dews
and store them
in its heart.
The touch of calamity,
the smell of sin.
The gates of atonement
are closed.
In front of the gates, I stand forever
with the flower in my palm.
My heart
drifts to the flower,
a soft hollowness stays
in my chest.
Closing the gates
was a mistake.
The orchid that
falls and stays open,
do not call that strength.
Its frostiness,
do not call that beauty.
Ah, unlock
the gates’ bolt
for this single flower.
Soil ― A Soul at Play (X)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
L’orchidée
Je ramassai une orchidée tombée
– comme elle était froide!
Je la regardai
accroupie
seule.
Pétales ouvertes,
accueillez mes larmes,
faites-en une rosée
et conservez-la
en son cœur.
La touche du malheur,
L’odeur du péché.
Fermées sont
les portes du salut.
Attente infinie devant elles,
la fleur dans ma paume.
Mon cœur
va vers la fleur,
un tendre vide reste
dans ma poitrine
c’était une erreur
de fermer les portes.
N’appelle pas force
l’orchidée qui
tombe et reste ouverte.
N’appelle pas beauté
sa froideur.
Ah, déverrouille
les portes
pour cette unique fleur.
Terre – Une âme qui joue (X)
Traduit de l’anglais par Alice-Catherine Carls
偶数と奇数
偶数は
誕生を司った
奇数は
死を司った
偶数は
すべての喜びを集め
横にならんだ
奇数は
すべての悲しみを集め
縦にならんだ
誕生の数だけ
死があり
偶数は
奇数と交差して
十字をなした
2種類の数字は
優劣を持たず
役割の違いを
認識していた
は
人の世を悲しみ
十字を
上から見ていた
太 陽 ― 遊ぶ魂(XI)
Even and Odd Numbers
Even numbers
governed “Birth.”
Odd numbers
governed “Death.”
Even numbers
lined up in a row
collecting all moments of joy.
Odd numbers
lined up vertically
collecting all moments of sorrow.
There were as many “Deaths”
as there were “Births.”
Even numbers
intersected odd numbers
and formed a cross.
Even and odd numbers
felt like equals.
Both numbers recognized
their distinct roles.
Zero
grieved the lives of humans
and looked down at the cross
from above.
The Sun ― A Soul at Play(XI)
Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa
Nombres pairs et nombres impairs
Les nombres pairs
gouvernaient « Naissance ».
Les nombres impairs
gouvernaient « Mort ».
Les nombres pairs
alignés sur une rangée
recueillaient tous les moments de joie.
Les nombres impairs
alignés verticalement
recueillaient tous les moments de peine.
Il y avait autant de « Morts »
qu’il y avait de « Naissances ».
Les nombres pairs intersectaient
les nombres impairs
et formaient une croix.
Numéros pairs et numéros impairs
se sentaient égaux.
Et reconnaissaient
leurs rôles distincts.
Zéro
pleurait la vie des humains
et regardait la croix
de haut.
NdlP : « Zéro » désigne le soleil
Soleil – Une âme qui joue (XI)
Traduit de l’anglais par Michèle Duclos














