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Choix de poèmes de Shizue Ogawa

Par | 2018-05-28T07:19:10+00:00 7 juin 2014|Catégories : Blog|

 

 

桑の実 落して 

 

桑の実

落して

赤いの取って

ひとりで食べずに

くださいな

 

桑の木 見つけた 

登って 食べた

青いの摘まずに 

待っていて

うれたのほかに 

見つけましょ

 

枝やわらかく 

先に実が

それを私にくださいな

いっしょに取りましょ

鳥も食べましょ 

はねずの実

 

桑の実 赤く 口赤く

食べたのないしょ 

むずかしい

鳥が翼で口かくし 

まだ食べてるよ 

片足あげて

 

深い霧の 森の朝

2人でゆきましょ 

みんなでゆきましょ

桑の実取りに

かごにも摘んで 

帰りましょ

 

 

雲 ― 遊ぶ魂 (VII) 

 

 

Send Down Some Mulberries

 

Send down

some mul­ber­ries.

Can I have the red ones ?

Don’t have them all,

keep some for me.

 

We dis­co­ve­red

more mul­ber­ry trees.

You clim­bed one and ate its fruits.

Wait, don’t pick the green ones.

Shall we search for

ripe ber­ries elsew­here ?

 

A soft bent twig

car­ries ber­ries on its tip.

Save some for me.

Shall we pick fruits toge­ther ?

Along with birds,

let’s feast on hane­zu crim­son ber­ries.

 

Mulberries are red, tur­ning our mouths red.

Eating them is a secret

that’s dif­fi­cult to keep.

A bird is still nib­bling away,

cove­ring its mouth with its wing

while per­ching on one leg.

 

Forest’s mor­ning, thick mist drifts.

Shall we go, the two of us,

shall we all go

to pick mul­ber­ries ?

Let’s return home

with bas­kets full of mul­ber­ries.

 

Author’s note : The word, hane­zu, is used in Manyoshu, the oldest Japanese antho­lo­gy of poems, which contains about for­ty-thou­sand-and-five-hun­dred poems in twen­ty volumes. The ori­gi­nal mea­ning of hane­zu is a tree that resembles peach trees or cher­ry trees with whi­tish crim­son flo­wers. Now the term hane­zu refers to a whi­tish crim­son color.

Clouds ― A Soul at Play (VII)

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

Fais tom­ber quelques mûres

 

Envoie-moi

quelques mûres.

Puis-les avoir rouges ?

Ne les prends pas toutes,

garde m’en quelques-unes.

 

Nous avons décou­vert

d’autres mûriers.

Tu es mon­té dans l’un et tu as man­gé ses fruits.

Attention, ne cueille pas les verts.

Et si nous cher­chions

ailleurs des mûres bien mûres ?

 

Un rameau souple cour­bé

porte des baies à son bout.

Gardes-en quelques-unes pour moi.

Et si nous cueil­lions les fruits ensemble ?

Avec les oiseaux,

Régalons-nous de mûres cra­moi­sies.

 

Les mûres rouges tachent nos bouches.

En man­ger est un secret

dif­fi­cile à gar­der.

Un oiseau conti­nue à s’en gaver,

cou­vrant son bec de son aile,

per­ché sur une patte.

 

Forêt au matin tra­ver­sée de brumes épaisses. 

Si nous allions tous les deux,

si nous allions tous

cueillir des mûres ?

Pour rame­ner à la mai­son

des paniers pleins de mûres. 

 

Note du Poète : le mot hane­zu se trouve dans le  Manyoshu, la plus vieille antho­lo­gie japo­naise de poèmes, qui contient quelque qua­rante mille cinq cents poèmes en vingt volumes.À l’origine le hane­zu est un arbre qui res­semble à un pêcher ou à un ceri­sier aux fleurs rouge pâle. Aujourd’hui le vocable hane­zu désigne une cou­leur rouge pâle.

 

Les nuages ―  Une âme qui joue (VII)

Traduit de l’anglais par Michèle Duclos

 

 

 

四角い悲しみ 

 

さそわれるままにゆくと

池があった

水に かえでが

枝をはり出していた

突然 せみが落ちてきた

それは死んでいた

 

しばらく歩くと  疏水があった

「水は大津から京都へと流れる」

友が言った

1ぴきのせみが死んでも

鳴き声の勢いは  かわらなかった

森全体が 太陽にむかって鳴り響いいた

 

疏水は音もなく流れた

友は語らず 私のそばにいた

私は  自分にふさわしいところで待ち

四角い悲しみをもらうだろう

辛抱強く立ち 

乾いた悲しみをもらうだろう

 

友が「先を急いでいるか」とたずねた

私はうなずき 

ひとりになった

池にもどった

せみの足は  意外に小さく 

白い斑点が浮いていた

 

 

 

雲 ― 遊ぶ魂 (VII) 

 

 

 

 

Squared Sorrow 

 

I went to where I was led,

a pond.

Maple trees stret­ched their boughs

above the water.

Suddenly a cica­da drop­ped.

It was dead.

 

After wal­king for some time,

we came across a canal.

The water flows from Otsu to Kyoto,” my friend said.

Even though one cica­da died,

the ear-pier­cing shrill of cica­das remai­ned unchan­ged.

The whole forest burst into songs, facing the sun.

 

The canal flo­wed without a sound.

My friend, silent, stood beside me.

I shall wait in the appro­priate place,

I may receive squa­red sor­row.

I shall patient­ly stand,

I may receive dried-up sor­row.

 

My friend asked me, “Are you in a hur­ry?”

I nod­ded,

I was now alone.

I retur­ned to the pond.

The legs of the cica­da were sur­pri­sin­gly small,

white spots appea­red over them.

 

 

Clouds ― A Soul at Play (VII)

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

 

Une tris­tesse car­rée

 

J’allai où l’on me mena,

c’était un étang.

Des érables éten­daient leurs branches

au-des­sus de l’eau.

Soudain une cigale tom­ba.

Elle était morte.

 

Après avoir mar­ché quelque temps,

nous arri­vâmes à un canal.

« L’eau coule d’Otsu à Kyoto, » dit mon ami.

Bien que l’une d’elles eût dis­pa­ru,

les cigales stri­du­laient aus­si fort qu’avant.

Toute la forêt réson­nait de chants, face au soleil.

 

Le canal cou­lait sans faire de bruit.

Mon ami se tenait en silence à côté de moi.

J’attendrai là où il fau­dra,

une tris­tesse car­rée mon­te­ra peut-être en moi.

J’attendrai patiem­ment,

une tris­tesse assé­chée mon­te­ra peut-être en moi.

 

Mon ami me deman­da : « Êtes-vous pres­sée ? »

Je fis signe que oui,

j’étais seule à pré­sent.

Je retour­nai à l’étang.

Les pattes de la cigale me parurent éton­nam­ment petites,

elles étaient cou­vertes de taches blanches.

 

Les nuages ―  Une âme qui joue (VII)

Traduit de l’anglais par Jacqueline Starer

 

 

線路のつぎ目   

 

奥さんは リュックサックを背負って

毎日 ホテルにゆく

私は奥さんの背でまどろむ

ペットボトル

 

奥さんは旅人を見るのが好き

だから私も いつも旅人

ホテルのレセプションの

いすにかけて 私を取り出す

 

奥さんが家に帰ってくると

私はになっている

でも どうぞ捨てないで

 また私を使って

 

リュックのなかで 

水が一杯の時

目は見えない

水が減ると見えてくる

 

 

リュックのなかに

地図と磁石

画帳と12色のクレヨン

奥さんは いつも私をクレヨンの横に置く

 

 

 

雲 ― 遊ぶ魂 (VII) 

 

 

 

Knapsack 

 

My land­la­dy goes to a hotel eve­ry day

car­rying a knap­sack.

I am a plas­tic bot­tle,

dozing off on her back.

 

My land­la­dy loves to watch tra­ve­lers,

so I, too, become a constant tra­ve­ler.

She sits on a chair at a recep­tion

and takes me out into the light.

 

By the time she returns home,

I am emp­ty.

Please do not throw me away,

use me again tomor­row.

 

Inside the knap­sack,

when I am filled with water,

my vision is clou­ded.

As the water level dwindles, I regain my sight.

 

In her knap­sack

she has a map, a com­pass, a sketch­book

and twelve dif­ferent colo­red crayons.

My land­la­dy always places me besides the crayons.

 

 

 

Clouds ― A Soul at Play (VII)

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

Sac à dos

 

 

Ma logeuse se rend chaque jour dans un hôtel

avec un sac à dos.

Je suis une bou­teille en plas­tique

assou­pie sur son dos.

 

Ma logeuse adore obser­ver les voya­geurs,

elle fait ain­si de moi une constante voya­geuse.

Assise sur une chaise à la récep­tion,

elle me sort à la lumière.

 

Le temps de ren­trer chez elle,

je suis vide.

S’il-vous-plaît, ne me jetez pas,

repre­nez-moi demain.

 

Quand je suis dans le sac à dos,

rem­plie d’eau,

ma vision se voile.

Quand le niveau baisse, je recouvre la vue.

 

Dans son sac à dos

elle a une carte, un com­pas, un car­net à des­sins

et douze crayons de cou­leurs dif­fé­rentes.

Ma logeuse me range tou­jours à côté des crayons.

 

 

Les nuages ― Une âme qui joue (VII)

Traduit de l’anglais par Jacqueline Starer

 

 

 

線路のつぎ目  

 

もし  線路につぎ目がなかったら

やはり悲しいでしょう

私は あの音を聞くために

電車にのる時があります

切符はどちらまで?

上り? 下り?

旅は 長くなくてよいでしょう

用事がないのに

会う人もいないのに

切符を買ってごらんなさい

 

線路のつぎ目 考えたことあります?

それは 大切な意味を持っています

「ひずみを吸収するために必要だ」などと 言わないで

ひざをかかえて泣いた日

耳に響いたあの音

親しい駅を ゆっくり離れ

となりの駅の秘密に近づく

旅に出ない?

ひと駅 ふた駅 

反対路線に のってみてもよいでしょう

 

 

 

祈り― 遊ぶ魂 (VIII)  

 

 

Railroad Joints

 

If there were no rail­road joints,

it would be piti­ful.

There are times when I get on trains

just to hear the clat­te­ring sounds.

A ticket to where ?

East ? West ?

A jour­ney should pre­fe­ra­bly not be long.

Although there is no rea­son to go,

nor friends to see,

why not buy a train ticket ?

 

Have you ever thought about rail­road joints ?

They car­ry an impor­tant mea­ning.

Don’t say, "They reduce the croo­ked­ness of rails."

On the day when I cried hol­ding my knees,

the clat­te­ring sounds echoed in my ears.

The sounds slow­ly depar­ted from my home sta­tion,

get­ting clo­ser to the secrets of a neigh­bo­ring sta­tion.

Shall we go on a trip ?

One sta­tion, two more sta­tions,

this time a ticket for the oppo­site direc­tion ? 

 

 

Prayer ― Soul at Play (VIII)

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

Les joints de rails

 

Si les rails n’avaient pas de joints,

ce serait pitoyable.

Parfois je prends le train

juste pour entendre leur cli­que­tis.

Un billet pour où ?

L’est ? L’ouest ?

Un voyage court est pré­fé­rable.

Même sans aucune rai­son de par­tir,

sans aucune amie à voir,

pour­quoi ne pas ache­ter un billet ?

 

Avez-vous jamais pen­sé aux joints de rails ?

Ils portent une signi­fi­ca­tion lourde.

Ne dis pas, “ils redressent les rails.”

Le jour où j’ai pleu­ré en me tenant les genoux,

leur cli­que­tis réson­nait à mon oreille.

Les sons par­taient len­te­ment de ma sta­tion,

s’approchant des secrets de la sta­tion voi­sine.

Partirons-nous en voyage ?

Une sta­tion, deux de plus,

cette fois, un billet pour la direc­tion oppo­sée ?

 

Prière – Une âme qui joue (VIII)

Traduit de l’anglais par Alice-Catherine Carls

 

 

 

露 

 

音がした

大きな葉から

露が落ちた

規則正しい音が

森を神秘的にした

森は一層深く

私は 

音のなかを歩いた

 

葉は 

いつ露をためるのだろう

それは風が吹く時

葉は

いつ露を落すのだろう

それは 足音が聞こえる時

私は 1枚の葉から

手のひらに露をこぼした

 

 

祈り― 遊ぶ魂 (VIII)  

 

 

 

Dew 

 

Dewdrop.

A dew drop­ped

from a large leaf.

Regular sounds of drops

mys­ti­fied the forest.

The forest grew more dense,

I wal­ked

in the sounds.

  

When does a leaf

hold onto its dews ?

When the wind blows.

When does a leaf

drop its dew ?

When it hears foots­teps.

Tilting a single leaf,

I pou­red its dew onto my palm.

 

Prayer ― Soul at Play (VIII)

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

Rosée

 

Goutte de rosée.

Une goutte tom­ba

d’une grande feuille.

Des bruits régu­liers de gouttes

intri­guaient la forêt.

La forêt se fit plus dense,

Je mar­chais

dans les bruits.

 

Quand une feuille

retient-elle ses gout­te­lettes ?

Quand le vent souffle.

Quand une feuille

laisse-t-elle tom­ber sa rosée ?

Quand elle entend des pas.

Inclinant une feuille

J’ai ver­sé sa rosée sur ma paume.

 

 

Prière   ̶  Une âme qui joue (VIII)

 

Traduit de l’anglais par Michèle Duclos

 

 

ちょうのゆりかご

 

海に  ちょうが飛んでいた

とまるところをさがしていた

羽は やさしく風をおこし

波にたずねた 「少し休みたいの」

大海原に ちょうの声が届いた

 

波は静止して

ちょうを休ませた

陸の裏の海までも

一羽の訪問者に

手を差しのべた

 

ちょうは   海の水を吸い

安らかに念じて

羽の色を水色にした

波に2度 3度うなずいて

ふたたび飛んだ

 

海はしばらく ちょうを見つめ

まばたきひとつしなかった

陸の裏の波までも

つま先立って

ちょうが またきてくれるのを待っていた

 

 

祈り― 遊ぶ魂 (VIII)  

 

Cradle of a Butterfly 

 
A but­ter­fly hove­red over the sea,
sear­ching for a place to rest.
Her wings gent­ly stir­red up wind
and asked, “Can I take a lit­tle break?”
Her voice rea­ched the vast ocean.
 
Waves became still
to let her rest.
Even seas from other conti­nents
held out a hel­ping hand
to a single visi­tor.
 
The but­ter­fly tas­ted the ocean water,
pea­ce­ful­ly wishing
she made her wings azure blue.
Nodding twice, thrice
she flew off again.

The sea wat­ched the but­ter­fly for some time
without blin­king once.
Even waves from other conti­nents
stood on tip­toes,
wai­ting for her to come back.

 

 

Prayer ― Soul at Play (VIII)

 

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

Le ber­ceau d’un papillon

 

Un papillon vole­tait sur la mer,

cher­chant un endroit où se poser.

Ses ailes dépla­çaient légè­re­ment l’air

et deman­daient : « Puis-je m’arrêter un peu ? »

Sa voix attei­gnit le vaste océan.

 

Les vagues s’apaisèrent

pour qu’il puisse se repo­ser.

Même les mers des autres conti­nents

appor­tèrent leur aide

à cet unique visi­teur.

 

Le papillon goû­ta l’eau de l’océan,

espé­rant serei­ne­ment

qu’elle tein­te­rait ses ailes en bleu azur.

Après avoir salué deux, trois fois,

il reprit son vol.

 

La mer conti­nua à regar­der le papillon

sans cil­ler du tout.

Même les vagues des autres conti­nents

se mirent sur la pointe des pieds,

en atten­dant son retour.

 

Prière ― Une âme qui joue (VIII)

 

Traduit de l’anglais par Jacqueline Starer
 

 

 

遊ぶ魂 ― 回転木馬

 

部屋から

実のなる木を見つめていた

枝は大きく動き

葉が円を描いて揺れていた

私には 

これからおこることがわからなかった

木の実がうらやましかった

一日 枝につかまっていたらいいのだ

私は たくさんの痛い思いをするだろう

こころにも体にも

苦しい時

私を見下ろしていた木の実を 

思い出すだろう

 

部屋の窓を閉めて外に出た

木の下に立った

私はふっと 

ある考えを否定した

雲が見えていたが

木と雲と私とは

互いに

関係を持たないのではないかと

雑踏のなかに出た

人は「静けさ」よりも 

多くを私に教えた

 

大きな荷物を持って歩く人を

自分だと認めてはいけない

足を引きずって東にむかう人が

私と同じ目的を持っていると 

認めてはいけない 

長くいつくしんできた思いが

いつわりであったと

知らなければならない

 

川のそばの公園の

回転木馬が

夜も照明されている

木馬がまわっている

私はかつて「これにのりたい」と

親にせがむ子どもであっただろう

馬の首につけられている鈴に触れて

「見て!」と叫びながら

木馬から 

親をさがす子どもであっただろう

 

父の肉を食え

母の肉を食え

私はそれによって成長した

 

善を望まず

悪を否定せず

私は存在する

夜の回転木馬は 

さみしい木馬

オルゴールより聞こえる鈴のは

揺れる木の実の 悲しい記憶

馬のたてがみをつかんで

遊べ 子ども

1日の長さを知らない 

子ども

 

 

土 ― 遊ぶ魂(X) 

 

 

A Soul at Play Merry-go-round

 

 

I wat­ched from my room

a tree which bore ber­ries.

Branches moved free­ly,

leaves swayed in circles. 

I did not know

what was going to hap­pen to me. 

I envied the ber­ries.

They can sim­ply hold onto the branches.

I will expe­rience a lot of pain

in my heart and body.

When I am in dis­tress,

I shall remem­ber those ber­ries

that loo­ked down on me.

      

I shut the win­dow and went out,

I stood under the tree.

Without any rea­son

I sup­pres­sed a thought.

I could see the clouds

but I could not see the rela­tion­ship

bet­ween

the trees, clouds and me.

I wal­ked into a crowd.

The people taught me much more

than what “silence” taught me.

 

A per­son walks with hea­vy lug­gage,

I should not admit that that per­son is me

 

I should not admit that

the per­son who drag­ged his feet and hea­ded east

has the same goals as me.

I have to face the fact that

the thought I che­ri­shed for a long time

was false.

 

A mer­ry-go-round

in a park along a river

is lit even at night.

Wooden horses circle.

I may have once been a child

who beg­ged my parents saying,

"I want to ride the mer­ry-go-round."

While rin­ging the horse's bells around its neck,

I may have loo­ked for my parents,

shou­ting from the horse, "Look at me!"

 

Eat Father's meat.

Eat Mother's meat

I grew up eating that.

 

I do not desire vir­tue,

I do not deny vice,

I exist.

The eve­ning mer­ry-go-round,

lone­ly woo­den horses.

Sounds of bells from a music box

play sad memo­ries of swaying ber­ries.

             Clutch onto the horse's mane,

go and play child,

the child who does not know

how long a day lasts.

 

 Soil ― A Soul at Play (X)

 Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

Une âme qui joue – le manège

 

De ma chambre je regar­dai

un arbre qui por­tait des baies.

Ses branches bou­geaient libre­ment,

ses feuilles se balan­çaient en rond.

Je ne savais pas

ce qui allait m’arriver.

J’enviais les baies.

Elles n’ont qu’à tenir aux branches.

Je vais beau­coup souf­frir

dans mon cœur et dans mon corps.

Quand je serai en détresse,

je pen­se­rai à ces baies

qui me toi­saient de haut.

 

Je fer­mai la fenêtre et sor­tis,

je me mis sous l’arbre.

Sans rai­son aucune

je sup­pri­mai une pen­sée.

Je pou­vais voir les nuages

mais pas la rela­tion

entre

les arbres, les nuages, et moi.

J’entrai dans une foule.

Les gens m’apprirent bien plus

que ce que le “silence” m’avait appris.

 

Un être che­mine avec un lourd bagage,

je ne devrais pas admettre que cet être est moi.

Je ne devrais pas admettre que

la per­sonne qui traî­nait des pieds en par­tant vers l’est

a les mêmes buts que moi.

Il me faut accep­ter

que la pen­sée ché­rie depuis long­temps

ait été fausse.

 

Un manège

dans un parc au bord d’une rivière

est éclai­ré même la nuit.

Tournent les che­vaux de bois.

Je fus peut-être une enfant jadis

qui sup­pliais mes parents en disant,

Je veux faire un tour de manège.”

En fai­sant tin­ter les clo­chettes au cou du che­val,

peut-être ai-je cher­ché mes parents

en criant de mon che­val, “Regardez-moi!”

 

Mange la viande de Père.

Mange la viande de Mère.

Je gran­dis en man­geant ça.

 

Je ne désire pas la ver­tu,

je ne nie pas le vice,

j’existe.

Le manège du soir,

che­vaux esseu­lés.

Les sons cris­tal­lins d’une boîte à musique

jouent le triste sou­ve­nir des baies dan­santes.

Accroche-toi à la cri­nière du che­val,

va jouer, petit enfant,

toi qui ne connais pas

la lon­gueur du jour.

 

Terre – Une âme qui joue (X)

Traduit de l’anglais par Alice-Catherine Carls

 

 

を拾った時

ああ その冷たさ

しゃがんだまま

花を見つめる

ひとり

 

花弁は開き

落ちる涙を

むかえ入れる

露にして

花心にしまう

 

の手ざわり

罪の臭い

のは

閉じられ

永遠にその前で

花を手のひらに

 

こころは

花へと流れ去り

胸に 

やわらかい空洞が残る

門を閉じた

誤り 

 

落下しても開き続ける力を

強さと言わないでください

その冷たさを

美しさと言わないでください

ああ 門のを

一輪の花のために

はずしてください

 

 

 

土 ― 遊ぶ魂(X) 

 

 

Orchid

 

When I picked up a fal­len orchid,

oh how bit­ter cold !

I sta­red at it

while crou­ching.

Alone.

 

Petals open,

take in my fal­ling tears,

turn them into dews

and store them

in its heart.

 

The touch of cala­mi­ty,

the smell of sin.

The gates of ato­ne­ment

are clo­sed.

In front of the gates, I stand fore­ver

with the flo­wer in my palm.

 

My heart

drifts to the flo­wer,

a soft hol­low­ness stays

in my chest.

Closing the gates

was a mis­take.

 

The orchid that

falls and stays open,

do not call that strength.

Its fros­ti­ness,

do not call that beau­ty.

Ah, unlock

the gates’ bolt

for this single flo­wer.

 

Soil ― A Soul at Play (X)

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

L’orchidée

 

Je ramas­sai une orchi­dée tom­bée

– comme elle était froide !

Je la regar­dai

accrou­pie

seule.

 

Pétales ouvertes,

accueillez mes larmes,

faites-en une rosée

et conser­vez-la

en son cœur.

 

La touche du mal­heur,

L’odeur du péché.

Fermées sont

les portes du salut.

Attente infi­nie devant elles,

la fleur dans ma paume.

 

Mon cœur

va vers la fleur,

un tendre vide reste

dans ma poi­trine

c’était une erreur

de fer­mer les portes.

 

N’appelle pas force

l’orchidée qui

tombe et reste ouverte.

N’appelle pas beau­té

sa froi­deur.

Ah, déver­rouille

les portes

pour cette unique fleur.

 

Terre – Une âme qui joue (X)

Traduit de l’anglais par Alice-Catherine Carls

 

 

 

 

偶数と奇数 

 

 

偶数は

誕生を司った  

奇数は

死を司った

 

偶数は 

すべての喜びを集め

横にならんだ

 

奇数は

すべての悲しみを集め

縦にならんだ

 

誕生の数だけ

死があり

偶数は

奇数と交差して

十字をなした

 

2種類の数字は

優劣を持たず

役割の違いを

認識していた

は 

人の世を悲しみ

十字を

上から見ていた

 

 

太 陽 ― 遊ぶ魂(XI)

 

 

 

Even and Odd Numbers

 

Even num­bers

gover­ned “Birth.”

Odd num­bers

gover­ned “Death.”

 

Even num­bers

lined up in a row

col­lec­ting all moments of joy.

 

Odd num­bers

lined up ver­ti­cal­ly

col­lec­ting all moments of sor­row.

 

There were as many “Deaths”

as there were “Births.”

Even num­bers

inter­sec­ted odd num­bers

and for­med a cross.

 

Even and odd num­bers

felt like equals.

Both num­bers reco­gni­zed

their dis­tinct roles.

Zero

grie­ved the lives of humans

and loo­ked down at the cross

from above.

 

 

The Sun ― A Soul at PlayXI

Translated by Soraya Umewaka and Shizue Ogawa

 

 

 

Nombres pairs et nombres impairs

 

Les nombres pairs

gou­ver­naient « Naissance ».

Les nombres impairs

gou­ver­naient « Mort ».

 

Les nombres pairs

ali­gnés sur une ran­gée

recueillaient tous les moments de joie.

 

Les nombres impairs

ali­gnés ver­ti­ca­le­ment

recueillaient tous les moments de peine.

 

Il y avait autant de « Morts »

qu’il y avait de « Naissances ».

Les nombres pairs inter­sec­taient

les nombres impairs

et for­maient une croix.

 

Numéros pairs et numé­ros impairs

se sen­taient égaux.

Et recon­nais­saient

leurs rôles dis­tincts.

Zéro

pleu­rait la vie des humains

et regar­dait la croix

de haut.

 

NdlP : « Zéro » désigne le soleil

 

 

Soleil – Une âme qui joue (XI)

 

Traduit de l’anglais par Michèle Duclos

 

 

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