> Choix de poèmes établi par Serge Meitinger

Choix de poèmes établi par Serge Meitinger

Par |2018-10-23T05:32:21+00:00 14 janvier 2014|Catégories : Blog|

 

Quel doigt
Osera indi­quer
La pomme à sept pépins
Qui vient ger­mer
Dans la mor­sure du vent
Et
Montera plus haute
Que le phare
Sur l’horizon plat ?

*

Quand le fleuve suit son cours libre­ment
Et qu’en pro­fon­deur déplace
Les cailloux
Que le mou­ve­ment du sable
Nivèle… déni­vèle
L’eau coule tou­jours vers la mer pro­mise

Des yeux mul­tiples remontent à la sur­face
Des regards brillants cli­gnotent
Sous ces pau­pières humides

Et le silence
Précède
L’éclatement des chants nou­veaux
Aux réso­nances de la créa­tion

Celui qui veut cueillir
Les simples mots
De ces racines
Dans l’univers illi­mi­té
Découvre l’heure à sa por­tée.

*

Dans un silence presque pal­pable
Le vent semble immo­bile
Les éclairs déchargent leurs flammes
aériennes

Un seul rou­le­ment de son qui tonne
Un chœur de basse qui gronde
Derrière un ciel nébu­leux

Cette atmo­sphère chaque fois
Me ren­voie dans l’espace
Du ventre mater­nel

*

C’est la pluie
Signe pré­cé­dant la vie
N’est-ce pas elle qui rend toute chose humide
Avant que le soleil fasse écla­ter les bour­geons

Son mur­mure confi­den­tiel sur les feuilles
Ses larmes qui ruis­sellent sur les vitres
Son doig­té magique sur les toits
Son bruis­se­ment avec le vent

Réveillent et rap­pellent en moi
L’univers jusqu’ici oublié

Qui a sen­ti l’odeur de la terre mouillée
Comprend com­bien sa chair fraîche
en est un extrait

Dis-moi amie du coin du feu
À l’écoute de ta simple sym­pho­nie
Plus pro­fond devient l’écho de mon âme…

*

Laissez-moi naître à nou­veau
Dans ce pays que j’ai connu hors du
temps
Antérieur au com­men­ce­ment
Ce pays où tout fut clair simple inno­cent

Laissez-moi me réchauf­fer du soleil
Inondant la vaste clai­rière
Demeure des êtres qui
Par le pou­voir d’un geste
D’un cri
Créent re-créent la vie

*

Dans ces lieux les étoiles chu­chotent
Des can­tiques
Les herbes
Les pétales deviennent
Reflets de notre Nous
Le trem­ble­ment des feuilles
Le mou­ve­ment des eaux
L’imperfection des pierres
Explorent notre for inté­rieur

Je ne rêve ni de fuite ni d’évasion
Simplement à la résur­rec­tion
Avec tous ses che­vaux

Laissez-moi naître à nou­veau.

 

ESTHER NIRINA RIEN QUE LUNE. 

Simple voyelle, Le livre sans écri­ture, p. 35-40.

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