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Comme l’étonnement…

Par | 2018-02-18T20:32:12+00:00 16 janvier 2014|Catégories : Blog|

 

Comme l’étonnement d’être encore là, ce soir,
le bras, très maigre, s’inclinant au foyer,
au bord de la cendre,
pau­vresse tas­sée entre deux pierres.

La main s’avance dans l’âtre,
rui­nant avec soin les mousses
savon­neuses de la cendre
et le char­bon si léger de quelque branche
où, jadis, du soleil s’offrait dans les rires,

– et le vent du soir qui s’était jeté dans les creux,
y reste t il un seul grain de son absence ? –

L’étonnement d’être là, ce soir,
cendre douce sous les doigts,
chaude sous la paume,
cette bûche en cendre qui s’effondre
sous les doigts de la mémoire…

De décou­vrir cette main
comme, à l’entrée d’un ciel bas,
prête à quel nou­veau visage,
main­te­nant cen­dreuse elle s’élève
et déchire avec soin les nuages.

 

 

L’invisible gran­dit (extrait), Le Pont de l’Épée, 1987.

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