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COMME UN BATEAU PREND LA MER

Par | 2018-02-25T14:10:58+00:00 3 mars 2013|Catégories : Blog|

 

 

Je rêve

Je rêve de tes mains

enser­rant le nœud de mes che­villes

 

De tes mains    dou­ce­ment    remon­tant

au seuil de mon corps

pour me rendre à moi-même

et me redon­ner visage de femme

 

Je rêve   à nou­veau

de venir à notre ren­contre

pour y faire semailles

 

et je serai si tu  veux

oasis à ton désert

et fon­taine pour ta soif

et fleur écla­tée

au regard de ton cœur

et source vivante

pour tes lèvres de ten­dresse

 

Je rêve      je rêve

de dunes en sillons

et de col­lines en val­lées

tu vien­dras mois­son­ner la fête

et je lais­se­rai pour toi

s’égarer les gestes de l’amour

ceux qui déjà nous sont venus

par la grâce du temps

ceux qui sont encore à naître

à force de nous-mêmes 

 

Je rêve     je rêve

Comme un bateau

prend la mer   dit le poète*

 

et je te lais­se­rai me prendre

me des­si­ner et me mesu­rer

me contraindre et me libé­rer

me dis­tan­cer et me rap­pro­cher

me déli­vrer et m’épouser

 

Oui  je te lais­se­rai

me prendre et me reprendre

il n’est  de moi

qu’une attente

 

Je rêve     je rêve

et peut-être    un jour    à nou­veau

le feu bat­tant de mon sang

ouvri­ra pour toi

un che­min sau­vage et vierge

           par­mi les étoiles

 

(*) Jean-Pierre Rosnay, Comme un bateau prend la mer (Gallimard, 1956)

 

 

extrait de UN GRAND VENT S'EST LEVÉ , Pippa édi­tions, 2013