Comment vivre en poète, lettre à Éric Poindron

Par |2021-01-06T09:06:39+01:00 6 janvier 2021|Catégories : Éric Poindron, Focus|

En manière d’in­tro­duc­tion, cette let­tre-mail qui explique la genèse du dia­logue entre Éric Poindron et l’auteur.

 

Lou­vi­gné-du-Désert le 24 novem­bre 2020

Bon­jour Maryline,

En accord avec mon ami Eric, je te joins ce texte : Dia­logue avec Eric Poindron (ou Let­tre à Eric Poindron, tu jugeras, à l’oc­ca­sion, du meilleur titre à lui don­ner). J’e­spère qu’il te plaira. 
Il s’ag­it d’un jeu de questions/réponses entre l’au­teur et moi. Au cray­on à papi­er, comme c’est mon habi­tude, j’ai directe­ment écrit sur le livre que je lisais. Il s’agis­sait de son ouvrage (inclass­able mais poé­tique sûre­ment) Com­ment vivre en poète paru en févri­er 2019 au Cas­tor Astral.
A la réécri­t­ure, je me suis astreint, pour un max­i­mum de sincérité, à repren­dre le plus pos­si­ble le pre­mier jet très impul­sif. On y trou­ve donc nom­bre d’im­per­fec­tions, mais je l’as­sume, et pour Eric Poindron, et pour toi, et pour la néces­sité du ressen­ti, si j’ose dire.
Tech­nique­ment, le livre de Poindron est tout fait de cita­tions d’au­teurs entre guillemets, de réflex­ions en police grasse, ou majus­cule, ou plus habituelle Times New ROMAN… J’ai ajouté une note de départ expli­quant tout cela. Pas facile à suiv­re peut-être. J’e­spère que le lecteur s’y retrouvera.
J’a­jouterai qu’il n’y avait aucun pro­jet de pub­li­ca­tion dans l’écri­t­ure de cet échange. Juste l’en­vie d’un partage avec le poète. 
Par la suite, l’ayant joint au télé­phone, nous avons ensem­ble évo­qué cette éven­tu­al­ité de pub­li­er dans ta revue en ligne.
Tu en jugeras.
Dans l’ami­tié des mots. 

Serge Pri­oul

Vau­cluse 18 octo­bre 2019 — Lou­vi­gné-du-Désert 1 jan­vi­er 2020

Salut Eric,

Je te con­nais peu ; j’ai seule­ment remar­qué un type pas comme les autres — poètes — la sincérité de ta présence quelque­fois sur Face­book, et ça me fai­sait du bien.

Alors quand j’ai trou­vé ce livre dans le ray­on poésie — encore trop mod­este à mon goût ! — de la librairie Le Bleuet à Banon, je l’ai acheté sans hésiter (Du coup, dou­ble effet du plaisir, j’en ai même déposé deux des miens !).

Comme la poésie, ce livre con­vie des poètes à pren­dre place en ces pages, écris-tu.

L’in­vi­ta­tion était trop belle : le cray­on à papi­er, léger ; du genre à effleur­er sans effeuiller, sans affirmer surtout. Je t’ai pho­to­copié deux pages de mes notes directe­ment sur ton texte, juste pour mon­tr­er l’ef­fleurage — et c’est illis­i­ble ! Alors, il m’a fal­lu tous ces mois pour repren­dre mes petites réflex­ions (par­donne-moi d’avoir été si long — je suis très mau­vais écrivain !)

Non pas que je ne croie pas en la valeur de mon texte, de ma cri­tique, mais sou­vent j’écris pénible­ment, et j’avais l’im­pres­sion de ne rien dire d’in­térêt, de m’être attelé à trop gros, de m’être attaqué à… le siège m’épuisait.
Pour­tant je n’ai qua­si­ment pas changé les mots couchés lors de cette lec­ture d’oc­to­bre. Et je te les restitue tels quels.

Je le répète, ce n’est guère une cri­tique, plutôt un dia­logue avec un ami poète dont j’aime lire les textes. Sans doute un peu ce que tu espérais en écrivant.

Eric Poindron, Com­met vivre en poète, pré­face de Chalélie Cou­ture, Le Cas­tor Astral, 2019, 137 pages, 15 €.

Voilà donc ce regard sur… du “lecteur moyen” que je suis qui n’ap­porte pas de répons­es aux ques­tions ; l’im­pres­sion plutôt d’y accol­er une nou­velle ques­tion, siamoise !
Et des répons­es à dou­ble sens (tu l’auras com­pris) comme doit être la poésie, comme j’es­saie en tout cas de l’écrire. A quoi bon écrire un vers s’il n’a qu’un seul sens de lec­ture ? Tra­vail de poète, donc ! — tu vois j’a­vance comme en math­é­ma­tique : argu­men­tant la démon­stra­tion. Et pour moi-même.
Comme la poésie, ce livre con­vie des poètes à pren­dre place en ces pages, tu l’écris donc à la page 34. Je n’avais pas atten­du d’être arrivé là pour grif­fon­ner régulière­ment mes notes à la suite des pas­sages qui me par­laient. Par­fois ils lais­saient un blanc sur la page, comme pour pro­pos­er une suite, par­fois il fal­lait se con­tenter d’un bout de marge et d’un com­men­taire laconique, et c’est bien ainsi !
A 17 ans, fauché comme un fils d’ou­vri­er, j’ai volé à un libraire le Baude­laire de la Pléi­ade. Comme sur ton livre, j’ai écrit con­tre chaque poème. Ce que je com­pre­nais, ce que je ne com­pre­nais pas aus­si, et c’est régal à relire ces notes intimes du garçon qui décou­vre ! Le Baude­laire m’ac­com­pa­gne tou­jours, il est là près de moi, sur le siège du camp­ing-car. Le tien le rejoin­dra sûre­ment. Belle compagnie !
Et tout cela restera entre nous. En noir et blanc. Comme les pho­tos de mes amis du Trás-os-Montes. Existe-t-il ce « lecteur moyen » ? Lire et en par­ler me sem­ble tou­jours assez excep­tion­nel. On ne te par­lera pas de ton livre m’avait dit Sylvie Durbec, lorsqu’elle m’avait mis le pied à l’étrier de l’édition.
Bonne lec­ture, donc ! Essaie de m’y com­pren­dre… Si tant est que…  J’ai moins écrit dans la dernière par­tie ; il ne faut pas abuser ! Et j’y reviendrai sou­vent : quel out­il pour mes ate­liers d’écri­t­ure ! Tou­jours, cette envie de jouer avec toi, au jeu de l’écri­t­ure — et rien là de plus sérieux.
L’ami­tié comme en plus.

Com­ment vivre en poète

 Eric Poindron1

 

” On sent bien qu’il existe une obscu­rité inhérente à la poésie, mais on imag­ine un peu vite que le poète doit la rechercher alors qu’il doit la dissiper. ”

 Roger Cail­lois

  Vivre en poète, c’est se sen­tir comme un élec­tron libre propul­sé en dehors des lim­ites de son chant d’at­trac­tion. A la fois joyeux et dés­espéré, à la fois isolé et con­fon­du à l’U­nivers… (page 13)

Vivre en poète, c’est prof­iter d’une page blanche — ou presque — dans un livre inti­t­ulé “Com­ment vivre en poète” et avoir envie d’y met­tre ses pro­pres mots. A peine, comme cela, au cray­on à papi­er qui glisse aus­si sim­ple­ment qu’on l’efface.

 

Celle que j’aime dort encore
je suis sur la ter­rasse dans le calme des coqs 
je bois du thé noir 
… (page 15)

Dire qu’il est cinq heures dans un pays qui fait mon­ter les march­es* aux coqs qui se la ramè­nent un peu trop tôt. Que celle que j’aime dort aus­si et que j’ai près de moi mon vieux Baude­laire dans la Pléi­ade, épais vol­ume volé à un libraire ce qui lui gâcha la journée, mais pas la vie, la mienne. 

*Expres­sion pop­u­laire d’autre­fois pour dire : envoy­er quelqu’un au tribunal.

 

Le poète vit à Paris, qui est une ville de poètes, mais pas seule­ment. Il peut aus­si vivre en province puisqu’il est pos­si­ble de vivre en poète partout.

Le poète peut exercer un méti­er qui ne compte pas. Ou jouer aux échecs. Ou ramass­er des champignons.
… (page 17)

Mon fils enseigne les échecs, fait du vélo, ramasse des champignons. Les fait séch­er. Comme nous les mots, tout seuls. Same­di, j’i­rai avec lui en forêt de Rennes. A Rennes, la Mai­son de la Poésie est le long du canal. On dit tou­jours que c’est un coin de cam­pagne dans la ville. 

Quelque­fois le poète lit les livres qu’il achète mais ce n’est pas une oblig­a­tion. Quelque­fois le poète lit deux pages puis se met à écrire… (page 18)

Ce genre de page où on nous a lais­sé bien peu de place pour les notes — et à gauche, où c’est pas facile. Mais on se dit qu’on va le racheter ce livre, pour l’of­frir. A une amie poète ; parce qu’on a une amie poète, et qu’on lui offre sou­vent des mots.


Je crois aux poètes du Grand Dehors et du Grand Vide. Quand le vent souf­fle large. Le Souf­fle et l’é­cho du souffle…

L’as­sas­si­nat de la poésie est com­mis sans con­science, mais en toute con­science, par les tristes cra­pules qui la décor­tiquent à la vilaine manière d’une autop­sie. (Page 20)

Est-ce la page pour dire que je taille la pierre et qu’il en sort sou­vent un poème ? Même quand je me tape sur les doigts — mais ce n’est pas souvent.

Celui qui vit en poète, c’est celui qui fait, qui dit, qui lit, qui luit. Qui pille, puis éparpille. (page 23)

Et puis, de ci, de là, quelques petites traces dans la marge. Touch­es à tout. 

 Vivre en poète, c’est peut-être / être tou­jours quelque part au milieu de nulle part égaré au cœur des chahuts et des chaos ; être seule­ment ici ou là, là où je ne m’at­tends jamais. … (page 25)

Je mar­que cette page avec un mar­que-pages de la librairie Le Bleuet à Banon. J’ai croisé cette route, ce vil­lage de Provence dont je ne savais rien, surtout pas qu’y vivaient, que s’y débat­taient tous ces poètes dans cette “plus grande librairie de France”, m’a-t-on dit. Alors moi, comme cela, j’ai déposé deux vol­umes, d’un de mes deux livres, comme cela… 

Com­ment vivre en poète, c’est peut-être / cette réponse de Jean-Claude Pirotte : “Lorsque les gens me deman­dent si je suis écrivain, je fais le mort.”

Quant à l’édi­tion d’un texte, ça vaut à peine un para­phe. Là n’est pas l’en­jeu. Une fois la pre­mière phrase passée, il n’y a plus de morale. (page 26)

“Ecris, écris” dit Jacques Josse “le reste… !” Et il regarde le ciel, comme il regarde la mer. 

(page 27) La page d’a­vant ou celle d’a­vant, je lis les mots de Reverdy, sur la neige bleue du toit fendu. De mon camp­ing-car où je vis en poète, il n’y a pas de toit fendu, et c’est heureux. Juste des rideaux-volets qui fer­ment presque bien par où un matin de grand soleil, dans la boîte presque noire, je voy­ais les gens du dehors marcher sur la tête.
Alors par­fois, je les ouvres en grand, ces volets, sur la Lune.

L’écritoire est un vaste pays en silence.
Qu’ai-je fait de l’hiv­er ? (page 29)

Tu ver­rais la taille de ma table d’écri­t­ure. Entre le bol, le lait, le miel, le tes­teur de dia­bète, la page blanche — ou pas.
Tu chercherais la place de ton livre — ou pas.

On n’écrit pas de la poésie parce qu’on ne peut pas faire autrement, mais parce qu’on ne sait pas faire autrement. 

Ecrire sur une pierre trou­vée, c’est lui offrir des yeux et le don du regard.
On a vu des poètes écrire sur des galets, et les pier­res se met­tre à sourire. (page 30)

Si c’est de la poésie, c’est pour tout le monde ; et si ce n’est pas pour tout le monde, alors ce n’est pas de la poésie. (page 31)

Pour la pierre, si tu savais… !
Mais tu sais. Sur le chantier, Thier­ry Metz. Tu sais !  

Tu vois, ami,
Appren­dre à lire un paysage ne détru­it absol­u­ment pas le paysage. Il faut appren­dre à regarder pour rien ; et regarder le paysage comme une suc­ces­sion de strates ne tue pas la poésie.


Tu vois, ami,
Si on écrit quelque chose, il faut racon­ter les à‑côtés.
On ne gagne pas ses galons parce qu’on décou­vre quelque chose de sen­sa­tion­nel. Tout est déjà écrit : il faut seule­ment trou­ver une petite place. (page 32)

Ami, cette envie de te répon­dre. Bon, c’est déjà fait. Et puis, j’aime pas écrire sur la page de gauche. Je sais, tu me feras sur la page de droite, une petite place plus con­fort­able. 

Comme la poésie, ce livre con­vie des poètes à pren­dre place en ces pages. 
Ce livre pose des ques­tions mais n’ap­porte pas de réponses.

Sou­venez-vous aus­si qu’il n’ex­iste ni bonnes ni mau­vais­es répons­es, et qu’à la ques­tion posée “pourquoi écrivez-vous ?”, la réponse la plus brève du poète Saint John Perse sera tou­jours celle de l’essence : ” Pour mieux vivre.” (page 34) 

Je t’en­voie, Eric, “Le ques­tion­naire Vaga­mun­do” de mon pre­mier livre — enfin, l’a­vant-dernier !  

Le ques­tion­naire Vagamundo

Depuis quand écrivez-vous ?
Depuis que le vin ne m’écrit plus.

Quand écrivez-vous ?
Le matin quand un grand cœur bat dans l’aube et le silence.

Ecrivez-vous ?
Comme je caresse les pierres,
De ma grosse main de tailleur de pierre.

Vous ?
Même pluriel, n’est pas une fin
Puisqu’il reste ils
Et surtout elles

?
J’ai tou­jours aimé pos­er la ques­tion : Quoi ?

 

***************

Ensuite, ici et là dans :

QUESTIONS SANS REPONSES
SENTIER D’ECRITURE 

Des pages à not­er où rien n’est noté.
Trop de place, peut-être.

 

En si peu de mots, quel poème
allez-vous écrire dans les rares blancs d’un ticket
de métro, d’un titre de trans­port — amoureux ? -
et à qui ? (page 51)

J’ai sou­vent écrit sur les tick­ets de bar (il n’y a pas de métro à Fougères)
Mon édi­teur a tout refusé, ce devait être très mauvais
Il y avait encore trop de place.

  Comme ce poète Celan qui cher­chait un “Tu à qui par­ler”, j’ai un “je” qui traîne ;

 ai-je le droit de dire je
dans une his­toire de poèmes ?
(page 53)

Je. Tu. Qu’im­porte ! Par­fois je te dis-tu. A d’autres c’est à moi, ce tu.

 

pourquoi celui qui n’écrit pas peut-il vivre en poète ?
(page 62)

Je voy­age en camp­ing-car ; je dois faire de la poésie avec des chevaux fiscaux.

 

” Quelle human­ité dans l’œu­vre qui n’au­ra pas col­laboré avec le hasard. ”
(page 62)

Voilà le genre de phrase hasardeuse née des ren­con­tres avec la page de droite.

 

Alors, quel pois­son êtes-vous ?
(page 63)

Un chevesne, qu’en pays Gal­lo, on appelle un dard, du fait de ses nom­breuses arêtes sans doute.

 

 Pour Marie-Claire Banc­quart, le poème est “comme une série de “désobéis­sances” à la langue commune.”

Quelles sont vos désobéissances ?
(page 68)

Je m’en fais des oblig­a­tions mais ne sais pas si j’en ferai fortune.

 

” Lucarne. Par cette lucarne — la seule dans la ville — on assiste aux travaux secrets de la nuit.”

André Hard­el­let
(page 69)

Comme je n’aime guère le bleu, si fatigué, si usité, j’al­lume une chan­delle jaune pour voir la nuit.

 

Qui est ce lecteur, cet ami incon­nu, à venir ?
(page 69)

Il faudrait trois points d’in­ter­ro­ga­tion à cette phrase.


en typogra­phie étour­die — ou fantôme -,
un “blanc” mal placé, comme un ange qui passerait,
est peut-être une ” coquille vide ” ?
(page 73)

 

Ici, pas de note ; juste un trait en marge pour dire aimer (il y en a beau­coup tout au long de ton livre, ami). Mes traits sou­vent sont cir­cu­laires, comme en math­é­ma­tiques, les vecteurs d’un cercle.

 

FAUT-IL entretenir des correspondances
avec d’autres poètes,
ET POURQUOI faudrait-il
établir des cor­re­spon­dances entre poètes ?
(page 77)

La page m’a-t-elle lais­sé la place pour répondre ?
Devait arriv­er cette question. 
Et avec elle, celle que je me pose : dois-je t’écrire ? T’en­voy­er mes notes ? 
Mes ques­tions ? Mes non-répons­es ? A quoi bon ?
Et puis, je me dis qu’il faut vivre en poète. Dangereusement !

 

Quel télé­gramme écririez-vous à un poète admiré ?
(page 78)

Ça ne doit pas être facile (!) (?) / Stop

Quel télé­gramme écririez-vous à l’être aimé ?
(page 78)

Ça n’a pas été facile (!) (?)/ Stop

 

… Et puis le soir descend, il fait rouge et jaune, le jaune de la nuit…
(page 79)

Je souligne ta “nuit jaune”
Enfin jaune !
T’en a pas marre, toi, de tout ce bleu dans les poèmes ? A croire qu’il n’y a qu’une couleur !
La nuit surtout !

  

On peut être écrivain à temps par­tiel et poète à plein temps. Même celui qui n’écrit pas. Quant à l’édi­tion d’un texte, ça vaut à peine un paraphe.
(page 81)

Oh, comme c’est mon cas ! A part, peut-être pour la dernière propo­si­tion : le plaisir de voir mes textes pub­liés ! Je ne “cracherai pas dans” le livre/soupe.

 

J’ai enlevé le masque et me suis vu dans le miroir…
J’é­tais l’en­fant d’il y a tant d’années…
Je n’avais pas du tout changé…

                                                           Fer­nan­do Pessoa 
                                                                                   (page 82)

 

Récem­ment, j’ai rêvé que j’é­tais le fils de Jacques Chirac (il venait de décéder).
Prévenez-moi quand mour­ra Pessoa.

 

Je déplace des cail­loux, je les glisse dans mes poches puis les aban­donne, plus loin,
ailleurs sur le chemin, comme un autre rien. Ce n’est pas un dérange­ment, mais une
manière déli­cate de désor­don­ner les géographies.
                                                          (page 83)


C’est curieux : je maçonne avec des pier­res partout récupérées. Des moel­lons de gran­ites de couleurs, des mar­bres ramassés ici ou là, des schistes, des basaltes… Ain­si je voy­age en bâtis­sant et en per­dant les géologues.

 

… Ne pas com­pren­dre c’est aus­si la poésie.
(page 83)

 Avec force con­vic­tion (ce qui m’est inhab­ituel), j’ai rayé ton mot “aus­si”, l’ai rem­placé par “d’abord” !

 

Racon­tez-moi où et quand vous avez plan­té votre dernier arbre.
(page 83)

J’e­spère bien qu’il en par­lera lui-même !

  

Que faites-vous pour promouvoir
votre mai­son d’édi­tion et la poésie ?
(page 84)

J’écris aux poètes pour dire que je les aime.

  

Il est des com­bats qu’il ne faudrait jamais 
per­dre : celui en faveur du point-vir­gule en 
est un. Ambigu pour cer­tains ; archaïque 
pour d’autres, le point-vir­gule est pourtant 
un ami précieux
(page 92)

Le point-vir­gule, indis­pens­able ; même à celui qui écrit sans ponctuation.
La poésie a besoin d’invisibles.

  

Pourquoi la poésie ne peut-elle être
qu’une aven­ture collective ?
(page 102)

Parce qu’on nait jamais seul à écrire
(cela a sûre­ment déjà été dit !)

 

Quels sont les dif­férents sup­ports sur lequel
il est pos­si­ble de laiss­er des traces poétiques ?
(page 102)

Ado­les­cent, j’aimais bien écrire sur les embal­lages du Tabac Bleu que je fumais. Je me pre­nais pour François Vil­lon qui ne fumait sans doute pas — faute de tabac ! C’é­tait mes parchemins.

 

Un été ailleurs / his­toire de déserts / blancs ou 
brûlant / Le poète se fait voyageur et racon­te ses 
déserts / Au loin les mots / le poète prend un globe 
ter­restre et la parole. Loin ou non des tartares…
(page 103)

 

(et si un jour j’écrivais un livre où je plac­erai ça en épigraphe !)

Pourquoi la photographie
peut-elle être la com­plice du poète ?
(page 104)

 Les autres poètes (les vrais (!) (?) par­fois de travers, 
regar­dent
mon recueil de 32 poèmes et 9 photos.
Ou bien, est-ce 10 pho­tos et 31 poèmes.

 

 ON EST PRIE
De ne pas emmerder le Monde
S.V.P.

Etait le mot imprimé que Guil­laume Apol­li­naire punai­sait sur la porte de son bureau comme un mot d’ordre.
(page 105)

 

Pas de bureau ! J’écris sous l’escalier. Il y avait là, autre­fois, un lit.
Ma mère y est née, en novem­bre 1920.

 

“Vous voulez dire “il pleut”, écrivez : “il pleut” ; vous voulez 
dire “j’ai mal”, dites : “j’ai mal”.”
(page 108)

Vous décou­vrirez, alors qu’il pleut vrai­ment, que vrai­ment vous avez mal.

 

quelle con­ver­sa­tion entretenez-vous
avec un sim­ple caillou ?
(page 109)

Cail­lou, ça s’écrit presque comme recueil, et je suis juste­ment en train d’écrire un mur.

 

Quelles sont vos collections ?
(page 109)

De cail­loux, justement !

 

Que vous racon­tent les oiseaux ?
(page 110)

 En faisant des mots croisés, ma femme a appris que la cigale “crie-crie” ;
ça n’a pas arrangé sa con­fi­ance dans les gens du midi.

 Plus tard en véri­fi­ant, je n’ai pas trou­vé ce terme dans la liste des cris d’animaux ; 
ça n’a pas arrangé ma con­fi­ance dans ceux qui inven­tent les mots croisés.

 

Les con­tes, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.
(page 111)

 Si ton poème ne racon­te pas une his­toire, ce n’en est pas…

 

Quelle neige êtes-vous ?
(page 112)

Celle de “Tombe et que n’ai-je”

 

Paris, Lyon, Barcelone, Cuba, Saint-Pétersbourg, 
comme ce chanteur et voyageur espag­nol, poète
aus­si, qui con­fie : “Je suis entre les villes et j’ai 
organ­isé ma vie de sorte 
à ne pas savoir d’où je suis.”

Pont entre deux rives, fess­es entre deux bancs, 
cœur entre deux aubes, car­reaux brisés entre deux 
bis­es ;

 

D’où êtes-vous ?
(page 113)

“Autour de Negrões 
Les vil­lages se nomment
Lamachã
Lavradas
Coim­bra da Miõ
Car­val­hel­hos où coule
Une des plus grandes sources du Portugal
…”

 Extrait de Car­nets du Barroso

 

Alors, que cher­chons-nous dans le grenier ?
(page 114)

Sûre­ment la vieille machine à écrire.

 

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Sur quoi allez-vous écrire un livre ?
(page 118)

Le livre se charg­era bien d’écrire sur moi.

 

Voyageur cul­ti­vant l’oisiveté avec rigueur et acuité, Hudson 
avait pour ambi­tion, entre autres, d’é­tudi­er la métaphysique. 
Toute­fois, la cul­ture du bon­heur l’oc­cu­pant à temps plein, 
il n’é­tu­dia jamais la métaphysique.
(page 126)

Vivre pour vivre
Le reste est littérature.

 

Note

  1. Pour lec­ture facile : 
    En police Times New Roman nor­male : texte orig­i­nal d’Er­ic Poindron
    En police Times New Roman italiques : répons­es de Serge Prioul
    En police Times New Roman gras : notes d’ex­pli­ca­tions Serge Prioul
    En plus gros car­ac­tères : texte d’Er­ic Poindron — 2ème par­tie du livre

 

Présentation de l’auteur

Éric Poindron

Éric Poindron est édi­teur (après avoir créé les édi­tions Le Coq à l’âne, il dirige pour Le Cas­tor Astral la nou­velle col­lec­tion “Curiosa & cætera”), écrivain (Actes Sud, Flam­mar­i­on, L’Épure…) et cri­tique lit­téraire (France 3, Radio France, Le Mag­a­zine des livres, Le Mag­a­zine du Bib­lio­phile, etc.). 

Il se pas­sionne, entre autres, pour les auteurs mineurs et les couliss­es de la littérature.

crédit : Lau­rent Méliz

Publications

Ric­car­do Fre­da, un pirate à la Caméra, avec Ric­car­do Fre­da, Actes Sud, 1995
L’al­manach joyeux de la Cham­pagne, col­lec­tif, Coq à l’Âne, 1997
Paul Fort comme un poète, Coq à l’Âne, 1998
Mys­tères et dia­b­leries en Cham­­pagne-Ardenne, Coq à l’Âne, 1999
Mes enfants, quel cirque !, Coq à l’Âne, 2000
Belles étoiles, Avec Steven­son dans les Cévennes, Flam­mar­i­on, 2001
Les con­tes Rémois, un biogra­phie de Louis de Chevi­gné de Louis de Chevi­gné, Coq à l’Âne,
Sur les traces du géant, avec Jean-Loup Wel­comme, Flam­mar­i­on, 2003
Mys­tères, dia­b­leries et mer­veilles en Cham­­pagne-Ardenne et dans le reste du monde, Coq à l’Âne, 2003
Chefs, saveurs Cham­pagne, avec Rag­nar Fridriks­son, Pas­sion Food, 2006
Le cham­pagne, dix façons de le pré­par­er, L’Épure, 2008
Le whisky, dix façons de le pré­par­er, L’Épure, 2008
La vod­ka, dix façons de la pré­par­er, L’Épure, 2008
De l’é­gare­ment à tra­vers les livres, Le Cas­tor Astral, 2011
Ces livres qui n’ex­is­tent pas, du Malin Plaisir, 2012
Le col­lec­tion­neur de prov­i­dence ou Petit traité de crânophilie, Les Ven­terniers, 2013
Patholo­gies & Facéties lit­téraires, Édi­tions Les Ven­terniers, 2014
Mar­gin­a­lia & Curiosités, Édi­tions Les Ven­terniers, 2015
Gilles Lapouge en toute lib­erté, avec Gilles Lapouge, Le Passeur, 2015
Paris-Lit­téra­­ture by night, Édi­tions Les Ven­terniers, 2016
Nuit(s), folie, fan­tômes & quelques masques, Édi­tions Les Ven­terniers, 2016
L’é­trange ques­tion­naire d’Er­ic Poindron…ou le livre qu’il vous fau­dra en par­tie écrire ; ou dessin­er, Édi­tions Les Ven­terniers, 2016
Bleu comme un orage à‑mer, Édi­tions Les Ven­terniers, 2016
Le Cab­i­net des flots et des curiosités, Édi­tions Les Ven­terniers, 2016
Let­tre aux fan­tômes, les miens, les vôtres & les leur(re)s, Le Réal­gar, 2017
L’é­trange ques­tion­naire d’Er­ic Poindron…ou le livre qu’il vous fau­dra en par­tie écrire ; ou dessin­er, Le Cas­tor Astral / Édi­tions Les Ven­terniers, 2017
Comme un bal de fan­tômes, Le Cas­tor Astral, 2018
36 choses à faire avant de mourir, Pré Car­ré édi­teur, 2018
L’Om­bre de la girafe, un voy­age au long cou, Bleu Autour, 2018
Apos­tille & Excur­sus à la girafe, Au long cou, 2019
Com­ment vivre en Poète, 300 ques­tions au lecteur et à celui qui écrit, Le Cas­tor Astral, 2019
Le Fou et la Licorne, post­face de Pierre Michon, Ger­mes de bar­barie, 2020
Petit train, du Petit Flou, 2020
BrueghelDes secret dans la neige, Inven­it, 2020

Ouvrage collectif

Tal­leyrand chez nous, un quatuor rémois de Jean-Paul Machetel, Éd. du Coq à l’Ane, 2004
Le grand livre de Dumas, sous la direc­tion de Charles Dantzig : scé­nario de La fille de d’Artag­nan, Éd. Les Belles Let­tres, 2003
Abécé­daire Ichtyophile
, col­lec­tif, Éd. GB & CO, 2015
Dehors / recueil sans abri, Éd. Janus, 2016
Eloge et défense de la langue française, Éd. Unic­ité, 2016
Mer­ci Paris, col­lec­tif, Éd. Tal­landi­er, 2017
L’eau entre nos doigts, Antholo­gie, Éd. Hen­ry, 2018
L’Homme livre, Éd. librairie indépen­dante, 2018
Pour avoir vu un soir la beauté passée, 60 poètes d’au­jour­d’hui, col­lec­tif, Éd. Le Cas­tor Astral, 2019
L’al­manach du tastevin, col­lec­tif, éd. D’en bas, 2019
Char­lÉlie Cou­ture / Pas­sage, Por­trait du pein­tre à regards mul­ti­ples, Éd. Musée Paul Valéry, 2019
Voix vives de Méditer­ranée, Antholo­gie Sète, Éd. Bruno Doucey, 2019
Le sys­tème poé­tique des élé­ments, Éd. Inven­it, 2019
Nous, avec le poème comme seul courage, 84 poètes d’au­jour­d’hui, col­lec­tif, Éd. Le Cas­tor Astral, 2019
Le Cab­i­net des mer­veilles, Inven­it, 2020
Éric Poindron, Poète et édi­teur, Rumeurs — actu­al­ité des écri­t­ures — , la rumeur libre, 2020
En collaboration[modifier | mod­i­fi­er le code] Extrait de scé­nario pour Le Grand livre de Alexan­dre Dumas, sous la direc­tion de Charles Dantzig (édi­tions Les Belles Let­tres), 2003
Texte man­i­feste pour No Pas­saran ! (édi­tions La Dragonne)
Texte pour Chemins d’é­toiles (le bes­ti­aire du voyageur, (édi­tions Transboréal)
Texte « William Thier­ry, édi­teur, imprimeur & sin­guli­er » in Les Édi­tions à l’é­cart, Hom­mage à William Thier­ry, Société des amis de la Bib­lio­thèque de Reims, 2009.
Vieille marchande d’al­manachs, (revue Charogne n° 1)
Texte « Le Grand Jeu c’est nous » pour Autour du Grand Jeu (artistes et écrivains autour du Grand Jeu, édi­tions Édi­tions : Domaine d’Art Con­tem­po­rain. 2003.
Par­tic­i­pa­tion au livre Les 807, les édi­tions du transat, 2010
Texte dans Vents Con­traires, le Livre col­lec­tif du Théâtre du Rond-Point, de Col­lec­tif, sous la direc­tion de Jean-Daniel Magnin & Jean-Michel Ribes, (édi­tions du Cas­tor Astral, col­lec­tion « Curiosa & cætera ») 2012.
Écri­t­ure et coor­di­na­tion de Mes enfants quelle cirque ! (édi­tions du Coq à l’Ane)
Écri­t­ure et coor­di­na­tion Paul Fort comme un poète (édi­tions du Coq à l’Ane)
Textes et coor­di­na­tion de con­tes et légen­des pour Marne pays d’His­toires (Con­seil Général de la Marne)
Coor­di­na­tion de Le Dic­tio­n­naire Jean de La Fontaine, de Paul Fontimpe (Édi­tions du coq à l’âne)
Coor­di­na­tion et appareil cri­tique de Tal­leyrand chez nous, un quatuor rémois de Jean-Paul Machetel (Édi­tions du Coq à l’Ane)
Pré­face à Con­tes de Cham­pagne et au cham­pagne, de Hen­ri Richardot (édi­tions du Coq à l’Ane)
Pré­face à Mur­mure en pays Camis­ard, de Ser­gio Cozzi (édi­tions Géorama)
Pré­face à Sup­plé­ment au Voy­age de Bougainville, de Denis Diderot (édi­tions Pocket)
Pré­face à Le Ratafia de Cham­pagne, de San­dra Rota (édi­tions du Coq à l’Ane)
Pré­face à Au château de l’é­trange, de Claude Seignolle (édi­tions du Cas­tor Astral, col­lec­tion « Curiosa & cætera »)
Post­face au Dic­tio­n­naire des idées reçus, de Gus­tave Flaubert (édi­tions du Cas­tor Astral, col­lec­tion « Les inattendus »)
Pré­face à 76 clochards célestes ou presque (édi­tions du Cas­tor Astral, col­lec­tion « Curiosa & cætera »)

SCÉNARISTE DE LONG-MÉTRAGE

Co-scé­­nar­iste de Ani­mal’s Gang, avec Ric­car­do Fre­da et Jean-Philippe Ste­fani, pro­duc­tion Lit­tle Bear et Bertrand Tavernier.
Idée orig­i­nale (avec Ric­ca­do Fre­da) et co-scé­­nar­iste de La Fille de d’Artag­nan, de Bertrand Tavernier.
Édi­teur au Cas­tor Astral éditeur[modifier | mod­i­fi­er le code] Directeur de col­lec­tion aux édi­tions Le Cas­tor astral — col­lec­tion « CURIOSA & CÆTERA ».
Petite ency­clopédie du cannabis, Nico­las Mil­let, 2010.
Le Par­a­disi­er, roman flot­tant, Frédéric Clé­ment, 2010.
Brefs, Georges Kole­b­ka, 2011.
Au Château de l’é­trange, de Claude Seignolle, pré­face de Eric Poindron, 2011.
Valpéri, Mémoires d’un gen­til­homme du siè­cle dernier, Paul de Molènes, pré­face de Nor­bert Gaulard, 2011.
De l’é­gare­ment à tra­vers les livres, Eric Poindron, 2011.
Paris Macabre, His­toires étranges & mer­veilleuses, Rodolphe Trouilleux, 2012.
Petits et Méchants, Jean-Pierre Cagnat. Prix de l’Hu­mour noir Grandville, 2012.
Vents con­traires, le Livre col­lec­tif du Théâtre du Rond-Point, Col­lec­tif, sous la direc­tion de Jean-Daniel Magnin & Jean-Michel Ribes, 2012.
Le Fra­cas des nuages, Lam­bert Schlechter, 2013.
Paris Fan­tas­tique, His­toires bizarres & incroy­ables, Rodolphe Trouilleux, 2014.
Petite ency­clopédie des vam­pires, Moquet & Pétitin, 2014
Haïkus de mes comp­toirs, Jean-Marie Gou­rio, 2014 (mil­lième livre édité par Le cas­tor Astral).
La Cham­bre turque, de Sapho, 2015
76 clochards célestes ou presque, Thomas Vin­au, 2016
L’étrange ques­tion­naire d’Éric Poindron / ou le livre qu’il vous fau­dra en par­tie écrire ou dessin­er, Éric Poindron, 2017
Des étoiles et des chiens, Thomas Vin­au, 2017
La mécanique du ciel, Char­lÉlie Cou­ture, 2019
Com­ment vivre en poète300 ques­tions au lecteur et à celui qui écrit, Éric Poindron, 2019
Édi­teur au Édi­tions Invenit[modifier | mod­i­fi­er le code] Directeur de col­lec­tion aux édi­tions Inven­it — col­lec­tion « LE CHANT DES POSSIBLES »
N’ai pas peur. Jamais, Bap­tiste Beaulieu, 2020
Éparpil­lés, Cali, 2020
J’i­rai chanter sur vos tombes, Marc Dufaud, 2020

Expositions

« Le cab­i­net de curiosités à la girafe », dans le cadre de « la sci­ence se livre », Espace cul­turel Andrée Chedid,Issy-Les-Moulineaux, same­di 2 au same­di 23 févri­er 2019.
« Cab­i­net de curiosités / univers poé­tiques & fan­tas­tiques »”, Mairie du Ve arrondisse­ment, paris, du 15 au 22 mai 2019.
« Éric Poindron s’y entend comme per­son­ne pour emmen­er son lecteur en balade et, l’air de rien, entre deux digres­sions admirables, le faire entr­er dans ce monde par­al­lèle et néces­saire, l’espace poé­tique. De l’humour, de l’humanité, de la curiosité, de la dérive. Un poète pas comme les autres — ou plutôt comme devraient l’être tous les autres — inspiré, imag­i­natif, ailé »
, écrit Thier­ry Beauchamp, écrivain, tra­duc­teur et attaché de pro­duc­tion à France Cul­ture à pro­pose de l’exposition.
« Intéressez-vous à un sujet et il vous attend à tout bout de champ ; sans le vouloir vous tombez sur des traces, des fos­siles et vous allez de décou­verte en décou­verte. » Éric poindron, à France Cul­ture, La Con­ver­sa­tion Sci­en­tifique, Éti­enne Klein, Les Cab­i­nets de curiosités et l’imaginaire

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

Eric Poindron, Comme un bal de fantômes

Éric Poindron, qui a dirigé les édi­tions Le Coq à l’âne avant de créer la col­lec­tion “Curiosa &caetera” au Cas­tor Astral est jour­nal­iste lit­téraire et auteur de nom­breux écrits comme L’é­trange ques­tion­naire, De […]

Comment vivre en poète, lettre à Éric Poindron

En manière d’in­tro­duc­tion, cette let­tre-mail qui explique la genèse du dia­logue entre Éric Poindron et l’au­teur.   Lou­vi­gné-du-Désert le 24 novem­bre 2020 Bon­jour Mary­line, En accord avec mon ami Eric, je te joins […]

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Serge Prioul

Serge Pri­oul vit dans l’est Bre­tagne, près de Fougères où il est né en 1955. Issu d’une famille de tailleurs de pierre, il est tou­jours resté très attaché aux valeurs sim­ples de la terre et du tra­vail. Très vite, il fait la ren­con­tre de la femme de sa vie, Régine. Tous les deux tra­vail­lent pen­dant 25 ans dans une entre­prise tex­tile. Et leur quo­ti­di­en sera fait de cette vie de tra­vail manuel et de loisirs sim­ples. A l’aube de ses quar­ante ans, une mal­adie, puis la guéri­son qui s’en suit, lui pro­posent, sans jamais renier le passé, d’écrire sa nou­velle vie sur d’autres tableaux moins noirs. L’essen­tiel de ses études reste ses lec­tures, et les poètes qui jalon­nent sa vie par­lent sim­ple­ment des choses sim­ples : Ponge, Guille­vic, Fol­lain ou Cen­drars, mais aus­si des écrivains comme Duras ou Rilke dont il appré­cie les écri­t­ures dépouil­lées. Tou­jours il appelle à la langue à laque­lle il est si attaché, celle de Mon­taigne ou de Vil­lon. Celle de Voltaire à Flaubert en pas­sant par Molière, Mau­pas­sant, Hugo ou Ver­laine. Il cite sou­vent Aris­tote qui dit : « Tu recon­naî­tras la vérité du chemin à ce qu’il te rend heureux », et trou­ve indis­so­cia­ble cet essen­tiel de sa démarche lit­téraire, de ces hasards, qui n’en sont pas sou­tient-il, hasards des ren­con­tres lit­téraires et cul­turelles de l’existence. Tout comme, sans cesse, dans sa vision poé­tique, la présence de sa femme et la notion de cou­ple. En 2012, Serge Pri­oul fait la con­nais­sance de la poète Sylvie Durbec. Une nou­velle ren­con­tre fon­da­trice. Sylvie écrit d’une façon pour lui neuve, dont il se sent proche, et qui l’amène une nou­velle fois à trans­former son style et à l’inscrire encore plus dans le quo­ti­di­en, pour lui un mot et un élé­ment fon­da­men­tal ! En 2014 Serge Pri­oul pub­liera les Car­nets du Bar­roso, 31 poèmes, hymne à l’amour sur fond de fresque du Trás os Montes, une région mon­tag­neuse du nord du Por­tu­gal. En 2017, revenant sur une vie de tra­vail et tou­jours d’amour, il écrira Faute de preuves, un long recueil comme un regard sur hier et aujour­d’hui. Serge Pri­oul dit tou­jours qu’il a beau­coup de chance, que les choses lui vien­nent parce qu’il les aime. Et qu’il a su trou­ver les pas­sages et surtout faire demi-tour sur les chemins jamais écrits.
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