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Estelle Fenzy, Le Chant de la femme source

Par |2020-09-21T11:01:34+02:00 19 septembre 2020|Catégories : Critiques, Estelle Fenzy|

Il man­quait une hiron­delle
pour écrire notre his­toire

 

C’était ça donc ! Grisé j’étais, sur le dos de l’hirondelle depuis le début de ma lec­ture ! J’avais bien sen­ti le vent de la vitesse, comme si j’étais moi-même la source aux caresses de l’herbe du ruis­seau.

 

Par longue pluie

La rivière
se cabrait se cam­brait

 

Même les galets roulent dis-tu sans fin jusqu’à la mer. Est-ce ain­si que femme rêve ? me souffle ce livre. Où l’homme est l’autre. Où l’aimé revient à chaque page, à chaque galet blanc à ne pas semer. L’homme à ne rien perdre. L’homme, loin des che­mins du temps. L’homme pas dans pas, trem­pé dans la source, à ne sur­tout pas perdre.

Estelle Fenzy, Le chant de la femme source, Editions L’Ail des ours, juin 2020.

 

 

 

Je suis l’incroyable faim la dévo­ra­tion

 

Et tout le reste est har­mo­nie, luxe, calme et volup­té ! Comme sur ce lit de poème, on dévore avec toi, l’amour de la langue, chère Estelle !

Je t’écris d’un jar­din de 6 heures. Avec dans les fron­dai­sons des deux érables pourpres qu’ont plan­tés autre­fois deux ins­ti­tu­teurs amants, le chant amou­reux des pigeons de juillet. Le parc approche le jour. L’été s’avance. Les jeunes, sûre­ment, mal­adroits, ont quit­té le nid. Mais le chant per­dure. Plus haut encore, sûre­ment ? L’amour se riant de l’automne.

 

Je t’appelle d’une époque 
ancienne au sor­tir de l’été

 

Tu te demandes si vous avez bâti ce royaume, et pour le construire encore tu verses les ven­danges… qui font tour­ner la tête. Est-ce bien cela, femme, que tu cherches, que tu trouves ? Comme à l’écriture, poète, tu découvres ton poème ?

Que tu trouves. As trou­vé. Et sous ta nudi­té offerte, ton cœur bat. Vient alors offerte la fer­veur des mots simples, la pal­pi­ta­tion du poème qui avance la vie, tant à rebours qu’à futur. L’un et l’autre dans l’absolu qui sauve et bâti le monde. Dans l’espérance aus­si de l’éternel sillage.

 

M’entends-tu
 Je chante un impen­sable hiver

Ma voix claire

 Se déploie dans le jour

 

Le livre est court mais pré­cieux à res­ter sur ce vers qui dit au-delà et dans nous-mêmes, la source, la femme, le jar­din, et les mots pour le dire :

 

le nom de l’eau qui jaillit

 

Présentation de l’auteur

Estelle Fenzy

 Estelle Fenzy est née en 1969. Après avoir vécu près de Lille puis à Brest, elle habite Arles où elle enseigne. Elle écrit depuis 2013, des poèmes et des textes courts.

Publications en revues : Europe, Secousse, Remue​.net, Ce qui Reste, Écrits du Nord (édi­tions Henry), Microbe, Les Carnets d’Eucharis, Terre à Ciel, Recours au Poème, Décharge, Possibles, FPM, Revu, Teste.

Publications

  • CHUT (le monstre dort) aux édi­tions La Part Commune (2015)
  • SANS aux édi­tions La Porte (2015)
  • ROUGE VIVE aux édi­tions Al Manar (2016)
  • JUSTE APRÈS aux édi­tions La Porte (2016)
  • L’ENTAILLE et LA COUTURE aux édi­tions Henry (2016)
  • PAPILLON aux édi­tions Le Petit Flou (2017)
  • MÈRE aux édi­tions La Boucherie Littéraire (2017)
© photo Isabelle Poinloup

Anthologies

  • SAXIFRAGE, dans Terre à Ciel, ini­tiée par Sabine Huynh
  • MARLÈNE TISSOT & CO, édi­tions mgv2>publishing
  • DEHORS, édi­tions Janus (juin 2016)
  • LESSIVES ÉTENDUES, dans Terre à Ciel, ini­tiée par Roselyne Sibille

Livre d’artiste

  • PETITE MANHATTAN, dans Le Monde des Villes, Brest 2, avec André Jolivet, édi­tions Voltije

Revue d’artiste

  • CONNIVENCES 6, édi­tions de La Margeride, avec aus­si des poèmes d’Alain Freixe, des pho­to­gra­phies de Rémy Fenzy et des pein­tures de Robert Lobet

Poèmes choi­sis

 

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Serge Prioul

Serge Prioul vit dans l’est Bretagne, près de Fougères où il est né en 1955. Issu d’une famille de tailleurs de pierre, il est tou­jours res­té très atta­ché aux valeurs simples de la terre et du tra­vail. Très vite, il fait la ren­contre de la femme de sa vie, Régine. Tous les deux tra­vaillent pen­dant 25 ans dans une entre­prise tex­tile. Et leur quo­ti­dien sera fait de cette vie de tra­vail manuel et de loi­sirs simples. A l’aube de ses qua­rante ans, une mala­die, puis la gué­ri­son qui s’en suit, lui pro­posent, sans jamais renier le pas­sé, d’écrire sa nou­velle vie sur d’autres tableaux moins noirs. L'essentiel de ses études reste ses lec­tures, et les poètes qui jalonnent sa vie parlent sim­ple­ment des choses simples : Ponge, Guillevic, Follain ou Cendrars, mais aus­si des écri­vains comme Duras ou Rilke dont il appré­cie les écri­tures dépouillées. Toujours il appelle à la langue à laquelle il est si atta­ché, celle de Montaigne ou de Villon. Celle de Voltaire à Flaubert en pas­sant par Molière, Maupassant, Hugo ou Verlaine. Il cite sou­vent Aristote qui dit : « Tu recon­naî­tras la véri­té du che­min à ce qu’il te rend heu­reux », et trouve indis­so­ciable cet essen­tiel de sa démarche lit­té­raire, de ces hasards, qui n’en sont pas sou­tient-il, hasards des ren­contres lit­té­raires et cultu­relles de l’existence. Tout comme, sans cesse, dans sa vision poé­tique, la pré­sence de sa femme et la notion de couple. En 2012, Serge Prioul fait la connais­sance de la poète Sylvie Durbec. Une nou­velle ren­contre fon­da­trice. Sylvie écrit d’une façon pour lui neuve, dont il se sent proche, et qui l’amène une nou­velle fois à trans­for­mer son style et à l’inscrire encore plus dans le quo­ti­dien, pour lui un mot et un élé­ment fon­da­men­tal ! En 2014 Serge Prioul publie­ra les Carnets du Barroso, 31 poèmes, hymne à l'amour sur fond de fresque du Trás os Montes, une région mon­ta­gneuse du nord du Portugal. En 2017, reve­nant sur une vie de tra­vail et tou­jours d'amour, il écri­ra Faute de preuves, un long recueil comme un regard sur hier et aujourd'hui. Serge Prioul dit tou­jours qu’il a beau­coup de chance, que les choses lui viennent parce qu’il les aime. Et qu'il a su trou­ver les pas­sages et sur­tout faire demi-tour sur les che­mins jamais écrits.