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commentdire sur la performance

Par |2018-08-18T01:08:48+00:00 11 novembre 2012|Catégories : Blog|

Quand je l’ai aban­don­née au milieu des années 2000, j’ai écrit un texte d’explica©tion :
ce texte est tou­jours inache­vé : un (ou +) post scrip­tum s’y ajoute à chaque sai­son (ou presque)
Voilà où il en est à ce jour (31.08.12) :

Introda©tion

C’est à par­tir de ce texte ou
en rap­port avec ce texte ou
en oppo­si­tion à ce texte (ci-des­sous)
que le plus impor­tant cou­rant de la poé­sie contem­po­raine s’est posi­tion­né,
que ce soient les poètes de la pre­mière géné­ra­tion encore for­te­ment impli­qués selon les avant-gardes his­to­riques (futu­risme, dada, cobra ou fluxus) : poé­sie concrète, poé­sie visuelle ou poé­sie sonore ;
puis ceux de la géné­ra­tion sui­vante qui déve­lop­pèrent leur poé­sie par l’articulation aus­si bien celle des voix que celle des corps (hap­pe­ning, poé­sie élé­men­taire, poé­sie action) qui amè­ne­ront la poé­sie essen­tielle de la fin du XXe siècle et du début du troi­sième mil­lé­naire : la per­for­mance
Enfin ceux de la nou­velle géné­ra­tion qui res­tent dans leur corps et qui disent par la bouche et écrivent par leur langue ou celles et ceux qui ont pro­lon­gé leurs vieilles pro­thèses, magné­to­phone et micro­phone par les ordi­na­teurs et les nou­veaux outils élec­tro­niques.

La per­for­mance*

C’est un corps
dans un espace
et c’est un son
dans un corps,
ce son est celui de mon corps
ou celui de cet espace,
c’est un son de nature :
voix, viande, &c.
ou un son d’artifice :
musique, bruits, &c.
Puis c’est un geste
du corps
et un mou­ve­ment
de cet espace
et com­ment jouent ensemble
le geste du corps
et le mou­ve­ment de l’espace.
Le mou­ve­ment de l’espace
est pro­pre­ment celui de l’espace
mais aus­si du peuple de cet espace :
du public.
Là, tout va bou­ger :
le corps,
l’espace,
le son,
le geste…
Et la ren­contre
sera
ou s’évaporera.
Là, aux entre­pôts fri­go­ri­fiques,
sous les voûtes
dans cet espace
en bord de Seine
aux fron­tières d’une friche indus­trielle
qui sera une uni­ver­si­té pari­sienne
(l’université Denis-Diderot)
la ren­contre s’est éta­blie…
Quant à l’enseignement :
l’université future
ne pour­ra jamais faire mieux.
— —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  — –
octobre 2002

*Post-Scriptum
c’est un art déses­pé­ré

P.S. no 2
Si je dis « à ce jour », c’est comme s’il y avait une lueur d’espoir, or l’obscurité est totale.
Néanmoins, « à ce jour », toute révolte contre
l’injustice comme tout com­bat pour la jus­tice – ce qui n’est pas la même chose –, celle des hommes, celle qui fait la dif­fé­rence avec la bar­ba­rie des ani­maux domes­tiques, ont été un échec. L’administration amé­ri­caine made in USA (héré­di­taire et désor­mais tru­quée) et l’administration russe made in URSS (mais oui ! mon pote Poutine ! en URSS !)
règnent
règnent sur le monde
aidées par leurs chiens et leurs fau­cons
deux bêtes faciles à appri­voi­ser.
prin­temps 2003

P.S. no 3
En ce début de mil­lé­naire
la per­for­mance est guet­tée par 4 dan­gers :
1/​ le gag trop intel­li­gent
2/​ le gag trop idiot
3/​ la say­nète théâ­trale
4/​ le mono­logue pour caba­ret à tou­ristes
1 risque :
1/​ la lon­gueur
et 2 réa­li­tés :
1/​ les cri­tiques hors média et hors style s’emparent, désor­mais, de cette dis­ci­pline et, hors de cette culture, la défi­nissent néan­moins (en tant qu’ingénieurs d’un appa­reil cri­tique d’une machine hors cir­cuit)
2/​ ceux qui pra­tiquent ça parce que ce serait être à la mode…
et 5 con
tenus néfastes
1/​ l’engage
ment
sim­pliste et altruiste
2/​ le sexuelle
ment
nu ou opaque
3/​ les sym­bo­liques et les ri
tu
els
pisse de chat et caca-bou­din
4/​ la mise en scène de l’antipathie spon­ta­née et
radi­cale des artistes entre-deux (entre deux âges, entre deux styles, entre deux &c.) à l’égard des autres artistes (jeunes et vieux, phy­siques ou
tech­no­lo­giques, &c.)
5/​ le retour au hap­pe­ning, gutaï et autres spec­tacles avec par­ti­ci­pa­tion obli­ga­toire du public.

P.S. no 4
En ce début de mil­lé­naire
la per­for­mance est par­tout avec le théâtre, la danse, la musique, les arts plas­tiques
et c’est tant mieux…
Mais elle est aus­si ensei­gnée dans les Écoles d’Art
et là c’est tant pis.
Pauvres éco­liers qui se retrouvent face à des jeunes femmes ou des jeunes hommes voire des vieilles femmes et des vieux hommes qui sont loin de leur corps et de leurs actes, loin de leur vie et de leur désir, loin du risque et du plai­sir, loin de la haine, de la révolte et de l’amour, et qui conduisent ces éco­liers de col­loques en sémi­naires sur les
auto­routes du savoir mort.

P.S. no 5
En ce début de mil­lé­naire,
moi,
après 42 ans pas­sés à en faire (des perfs c. à d. des poëmes en chair et en os) j’arrête, j’arrêterai fin 2004. Je vous dirai et je vous dis : ça com­mence à Marseille à la Friche de la Belle-de-Mai le 18 novembre 2004.
Après, je me plan­que­rai dans les rési­dus : livres, disques, films, expos et autres traces ordu­rières.

P.S. no 6
Finalement,
je fais des expo­si­tions
pour publier des livres :
des livres,
pas des cata­logues.
Le livre dans l’espace
donne
le livre dans le livre.
Et après je peux lire
le livre,
le lire de tout mon corps,
en chair et en os…
prin­temps – été – automne – hiver 2003

P.S. no 7
Désormais, mon corps n’est plus à la mesure de mon ambi­tion…

P.S. no 8
À part Balint Szombathy qui, bien que plus jeune, fait plus vieux que moi, j’étais le ben­ja­min de la four­née de l’E.P.I. Zentrum Der Lange Atem
(Zbigniew Warpechowski et Jerzy Beres de Pologne, Janet Haufler de Suisse, Sten Hanson de Suède, Balint et moi), ren­contre à l’initiative de Boris Nieslony…
Alors oui ! Je me suis dit : « Oui ! Je pour­rais, comme eux, comme elle, conti­nuer à per­for­mer, mon­trer mes rides et mes plis, mon souffle court et mes muscles flasques, ma peau flé­trie et mes poils blancs et nos infir­mi­tés
(com­ment écri­vais-je « ça », jadis, dans mes Bimots ? :
Poumons /​ gou­dron­nés – Cartilages /​ décon­ju­gués – Reins /​ ensa­blés – Foie /​engorgé – Vaisseaux /​ encras­sés – Peaux /​ rides – che­veux /​ blancs – Poils /​ gris – Muscles /​ dou­leurs -Viscères /​ dou­leurs – Squelette /​ dou­leurs – Cervelle /​ mémoire)
La vieillesse est déjà une per­for­mance si elle est
exhi­bi­tion­niste. Mais c’est une perf, à par­tir d’un âge cer­tain, à la por­tée de tous.
J’ai vu Isou en slip Kangourou, Esther enru­ban­née de scotch trans­pa­rent, et la grosse et vieille queue de Jerzy peinte aux cou­leurs de la Pologne, et moi, en ai-je assez fait, nu, des « Appels au linge » ! L’ange et L’un seul ou le lange et le lin­ceul…
Donc, désor­mais je res­te­rai vêtu, et assis, calme, der­rière une table, pour lire clair, sobre, digne (à la rigueur : debout), vrai.
Le texte, lui, sera à poil & au poil – c’est du moins mon sou­hait et ma volon­té.
Je laisse à mes amis et à mes enne­mis, à mes chers infirmes plus ou moins dimi­nués, leurs textes dits, agi­tés & datés.

P.S. no 9
J’ai été sou­vent ridi­cule et nor­ma­le­ment gro­tesque de 1962 à 2004 (inclus)…

P.S. no 10
(le + & le – ) C’est bien, que j’arrête la perf.
(le poëme en chair&en os et à cor&à cri ) :
de 5 à 5 000 per­sonnes spec­ta­trices-audi­trices, je n’ai tou­jours qu’un public de 2 per­sonnes :
l’une qui dit :
« Vous êtes obli­gé d’hurler tout le temps ?* »
et l’autre qui me confirme que j’ai inven­té le poëme olfac­tif**.
— —  —  —  —  — –
* il voci­fère, il faut s’y faire
** Ecfruiture
automne 2004

P.S. no 11
Voilà plus de qua­rante ans que je voyage à tra­vers le monde pour voir du pays, ren­con­trer les gens, et je ne visite que des audi­toires.

P.S. no 12
Si j’étais sin­cère (vrai-ment), je dirais que j’arrête la perf aus­si, sur­tout, à cause du trac qui me brûle l’estomac et me ligote le cœur les jours qui pré­cèdent et me rend
insom­niaque la nuit d’avant.
automne 2005

P.S. no 13
Militant, prê­cheur, repré­sen­tant, depuis 1962 j’ai dit et remué ma poé­sie tout autour du monde, j’ai agi devant des foules et des déserts.
Je vou­lais convaincre par la confron­ta­tion avec eux, avec elles, avec tous. Les mettre en face de la poé­sie
en chair & en os et à cor & à cri.
Mais le monde est large, long, épais, dis­per­sé ; trop tra­ver­sé, trop des­ser­vi.
Et le monstre qui m’écoute, qui me voit n’a que deux oreilles mais mille langues : je renonce.
hiver 2005

P.S. no 14
Celui que j’ai oublié dans toutes les pré­cé­dentes publi­ca­tions de cette note : éli­mi­ner de la per­for­mance « l’esprit potache » qui a pris nais­sance dans le livre de Georges Duhamel, Les copains, et que l’on voit sou­vent resur­gir chez les meilleurs d’entre nous.

P.S. no 15
(las ! : docte & magis­tral)
Éviter aus­si d’être l’un de ces artistes misé­rables qui rament toute une vie vers la célèbre-autre-rive-d’en-face pour faire du sur-place. Soyez où vous êtes ou sachez où vous allez.t.
prin­temps 2007

P.S. no 16
Pour mes déclara©tions je ne veux désor­mais, aucune béquille ni musi­cale ni élec­tro­nique.

P.S. No 17
Pour le peu qui m’en reste, Eddy a chan­gé ma vie, Eddy est un véni­tien qui a rejoint, jadis, sa ché­rie à Marseille. Sa mère tenait le café de la Giarina dès l’entrée de la Biennale et Eddy a gran­di – tous les deux ans – par­mi tous ces artistes bien­na­li­sés…
Il a repris le café res­tau­rant du mac ( musée d’art contem­po­rain de Marseille), c’est de famille !
Et après ma der­nière presta©tion avec une sono dégueu­lasse, des ordi­na­teurs qui calent et éclatent, des sons qui meurent, Eddy est venu vers moi :
“Tu as une pré­sence géniale, tu es un artiste énorme : tu ne dois plus accep­ter de tra­vailler dans de telles condi­tion avec du maté­riel pour­ri et des tech­ni­ciens inca­pables”
avec un déli­cieux relent d’accent ita­lien et de l’agréable fla­gor­ne­rie dans les adjec­tifs du pro­pos.
Ma si ! Je ne tra­vaille­rai plus dans des condi­tions tech­niques modestes &/8 médiocres.
prin­temps 2009

P.S. No 18
Écrire avec expres­sion, donc dire ou faire avec expres­sion et par consé­quent évi­ter ce qui est déjà a déjà été mieux écrit, mieux dit ou mieux fait aupa­ra­vant avec une expres­sion par­fai­te­ment expri­mée.
Exprimée à fond, sous toutes ces mani­fes­ta­tions.
(expres­sion : locu­tion & démons­tra­tion)

P.S. No 19
J’ai dit :
“ Bye-bye la perf. “ et je m’y tiens.
Je n’ai pas dit :
“ Bye-bye les déclara©tions “
“ Bye-bye les concerts et les improvisa©tions “
“ Bye-bye les expo­si­tions, les installa©tions et les dé monstra©tions “
“ Bye-bye les publica©tions “
Je suis déso­lé d’attrister ain­si celles&ceux ami(e)s chéri(e)s neufs ou mori­bonds qui pen­saient que j’avais dit :
“ Bye-bye à tout ! “
été 2009

P.S. No 20
La per­for­mance devient un art de cita­tions et encore la mécon­nais­sance ou la mais-connais­sance des inter­ve­nants ne leur per­met pas de savoir ou d’affirmer qui ils citent !
Je suis vieux et trop connais­sant voire recon­nais­sant.

P.S. No 21
Le vieux nomade aspire désor­mais à une neuve séden­ta­ri­té… D’ailleurs où que j’aille, je ren­contre des amis que je connais déjà et qui me connaissent aus­si – mieux que je ne les connais, sans doute – ou d’autres plus jeunes qui nous res­semblent…
automne 2009

P.S. No 22
Je ne lis plus, je feuillette parce que ce que je fais, c’est le fait d’écrire…

P.S. No 23
À 67 ans ache­vée, je vois bien que j’ai raté ma vie spor­tive !
Printemps 2010

P.S. No 24
Aux ren­contres de per­for­mers, j'y vais sou­vent et j'y assiste en spec­ta­teur
ou en décla­rac­tant et je m'y ennuie.
J'ai dû en faire chier plus d'un (+ d'1)

P.S. No 25
Tant que je ne vis pas mes 68 ans, je ne les ai pas.

P.S. No 26
ça ne vaut même pas le coup de se sui­ci­der : ça ne cha­gri­ne­rait et
n'intéresserait per­sonne.
prin­temps 2010

P.S. No 27
Bye bye la perf. c'est bye bye la perf. : adieu à mes per­for­mances mais je suis
tou­jours vivant et il m'aura fal­lu 5 (cinq) ans pour que cet "adieu" soit enfin
réa­li­sé !
vrai­ment effi­cace.
Il y a tou­jours eu quelqu'un ou quelqu'une à qui je n'ai pu refu­ser de m'y
remettre encore un coup…

P.S. No 28
Encore plus que les tou­ristes et les esti­vants, les per­for­meurs et per­for­meuses
n'ont de cesse de pho­to­gra­phier et de se faire pho­to­gra­phier

P.S. No 29
Peu m’importe l’appréciation des cri­tiques et des conser­va­teurs,
des gale­ristes et des mar­chands et autres ani­ma­teurs cultu­rels.
Je suis sur de mon fait.
été 2010

P.S. No 30
Mon tra­vail, c’est une ques­tion de voca­bu­laire :
Il m’aura fal­lu un demi siècle pour éta­blir ce voca­bu­laire,
mon propre voca­bu­laire fait de mots, de gestes et de choses.
Et c’est à par­tir de ces vocables, de ces mou­ve­ments, de ces choses, iden­tiques, fixés ;
Que j’ai pu éta­blir diverses phrases et des com­po­si­tions variés.

P.S. No 31
Par exemple (par­mi trop d’exemples) : avec la poé­sie sonore on a ouvert une porte
sur une grande salle rem­plie de sales cons
en train d’élaborer leurs conne­ries au milieu de leurs fils, fiches et boites à trous…

P.S. No 32
Je ne suis qu’un humble maître d’école de Cours élé­men­taire qui essaie de vous apprendre à lire.

P.S. No 33
Aurais-je pu être ça, ça que je suis et ça que je fais si j’avais été séden­taire ?
automne 2010

P.S. No 34
Un demi siècle d’essais ne font pas une réus­site :
dans l’écriture, dans la poé­sie, dans l’installa©tion, dans la monstra©tion, dans la per­for­mance, j’ai tout essayé
et je conti­nue !
mais
un demi siècle d’essais ne font pas une réus­site.

P.S. No 35
Nous sommes si peu à exis­ter que je ne cesse de me deman­der pour­quoi, pour qui, nous fai­sons encore
ou plus sim­ple­ment, pour­quoi, pour qui nous conti­nuons à vivre ?

P.S. N° 36
Depuis que j’ai arrê­té mes perf.s on ne cesse de m’inviter pour que j’explique pour quoi j’ai arrê­té !
Alors je fais des déclara©tions…
Hiver 2011

P.S. N° 37
À par­tir de quel âge est-on trop vieux pour deve­nir ter­ro­riste ?
Printemps 2011

P.S. N° 38
Nous avons gagné : les per­for­meurs du dimanche ont rem­pla­cé les peintres du dimanche !

P.S. N° 39
Le public c'est qui ?
C’est quoi ?
Ca signi­fie qui et quoi ?
Quel pro­nom pos­ses­sif stu­pide dans une telle sen­tence !
déri­soire affir­ma­tion…

P.S. N°40
Alors tout le monde se pho­to­gra­phie mutuel­le­ment et réci­pro­que­ment comme s'ils vivaient un grand moment his­to­rique…
Pathétique !

P.S. N° 41
La prio­ri­té, jadis, au temps de la marine a voile, était au bateau qui était sous le vent…
sous le vent (!)
Hui, au temps des énormes car­gos et des monu­men­taux paque­bots, la prio­ri­té est au navire qui prend le plus de temps a s'arrêter
(règle « du moins manœu­vrant»)…
A celui qui doit res­ter sur son erre.
Voila, j'ai arrê­té (déci­sion) la per­for­mance en 2006 et j'ai arrê­té (dans les faits) la per­for­mance en 2012 :
Je suis un gros car­go.

P.S. N°42
la perf . au jour J,
le jour d'avant c'est bien – utile –
le jour pen­dant c'est mieux
le jour d'après c'est bien (néces­saire)
Après…
Apres :
je tourne en rond, je bois seul
en atten­dant un nou­veau jour J (et ça de 1962 à 2012 : 1/​2 siècle)
Vacuité (sens mul­tiple)
En même temps et néan­moins, je désire ces moments de vacui­té abso­lue

P.S. N°43
Nous sommes quelques uns, ain­si, domi­nés par notre langue mais ceux qui ne connaissent pas notre langue – ici ou ailleurs – peuvent nous "sai­sir" par les arti­cu­la­tions que nous met­tons à la pro­non­cer.

P.S. N°44
Alors, je suis allé au Moma, c'était fin octobre 2011, je suis allé au 2nd étage, il y avait :
Fluxus Editions – Thing/​thought, 1962/​1978.
Nous tous : de la poé­sie concrète, visive, élé­men­taire, en action (du hap­pe­ning a la per­for­mance) sommes contem­po­rain de ce
“mou­ve­ment”, au jour près !
Il va fal­loir nous sur­veiller de très près et véri­fier nos tra­vaux pré­sents et futurs…
En effet, avec le recul leur uni­vers et leurs réa­li­sa­tions paraissent si déri­soires, si futiles, si inin­té­res­sants en un mot si cré­tines.
Ils ont mal com­pris les leçons des avant-gardes his­to­riques : futu­risme, dada, cubisme (par exemple),
ils n'en ont sai­si que l'aspect rigo­lade…
Fluxus c'est juste une paro­die lugubre de la mau­vaise face de cette his­toire.

P.S. N°45
L’assassinat de John Lennon par Mark David Chapman com­man­di­té par Yoko Ono est-il un acte Fluxus ?
Si oui, des trois qui est l’artiste Fluxus ?

P.S. N°46
Je suis allé – là-bas-par­tout – et tous ceux qui devaient me voir m'ont vu. Les autres n'ont qu'a venir me voir.

P.S. N°47
Une mort digne de Blaine ! N’est-ce pas :
ter­rible nou­velle !
Anne-marie Villeri vient de me faire savoir que mon ami Bruno Mendonça est décé­dé ce matin à l'hôpital des suites d'une
« Chute »
dans son esca­lier.
Je n'ai aucune autre infor­ma­tion pour l'instant…
C’était un grand per­for­meur !

P.S. N°48
C’est le jour des morts (02.11.2011) que je fis cet étrange consta­ta­tion :
mon annonce d’en finir avec la per­for­mance
et la dis­pa­ri­tion d’une big bit of my libi­do
furent, en moi et chez moi, contem­po­raines à la minute près.
Mais quoi­qui entrai­na l’autre ?
J’ai mis 9 ans à repé­rer & éta­blir ce rap­pro­che­ment !

P.S. N°49
« C’est un chant du cygne » dit-elle.
J’aime bien cette appré­cia­tion à la suite de l’énonciation de ce texte.
Auditivement le sens se mul­ti­plie que ce soit signe ou champ…
Et cal­li­gra­phi­que­ment, ça se double : il suf­fit que le “n” joue à saute-mou­ton…
signe ou singe,
C’est le champ du singe.
En pro­ven­çal : c’est le chant de la mou­nine.
Mais je ne vais pas cre­ver tout de suite et mon chant ne va pas s’arrêter de sitôt !

P.S. N°50
La déclara©tion finie, par­tir très vite sans &fusion ni &panchement !
automne 2011

P.S. N°51
Je me défonce dans cette expres­sion mienne :
poé­sie ? art ? ges­tua­li­té et ges­ti­cu­la­tion ? énon­cia­tion et criaille­rie ?
alors pour le reste, c'est à dire essen­tiel­le­ment le corps et ses attri­buts :
voix, amour, sen­ti­ments et autres évè­ne­ments ou acti­vi­tés de ce genre,
à 70 ans (bien­tôt)
J’essaie de me pré­ser­ver.

P.S. N°52 (le der­nier sans doute !:*)
En un éclair, je suis pas­sé de l’état de ben­ja­min à celui de doyen.
à 70 ans dans l’art et la poé­sie
J’ai tout fait
J’é touf fais
— — —
* ! : point d’exclamation pro­vi­soire…

P.S. N°53
Quand je consi­dère les dynas­ties des peintres ita­liens de la Renaissance ou celle des musi­ciens alle­mands du baroque
et à la lec­ture des recueils, livres, revues et autres publi­ca­tions ou à l’écoute et à la vision des DVD, CD et autres disques des jeunes poètes et artistes contem­po­rains ; à l’évidence : j’ai fait école…

P.S. N°54
Peut-être n’aurais-je inté­res­sé per­sonne, peut-être per­sonne ne sera jamais inté­res­sé par tout ça, en tout cas, et cette consta­ta­tion n’est pas très inté­res­sante : moi, tout ça m’a pas­sion­né, me pas­sionne et me pas­sion­ne­ra encore quelques temps…
hiver 2012

PS N°55
Aucun doute sur ce point : l'art du XXe siècle sera celui du col­lage.
Mais celui du XXIe sera-t-il celui de la per­for­mance ou de l'installation ?
Sera-t-il déjà dans l'acte ou encore dans la repré­sen­ta­tion ?

PS N°56
Ainsi arrives-tu à 70 ans (pas loin, hui, ce 1er mai 2012), et c'est le moment, en effet :
1/​2 siècle à faire "ça" (voir bio­bi­blio, par exemple sur www​.docu​ments​dar​tistes​.org/​a​r​t​i​s​t​e​s​/​b​l​a​i​n​e​/​p​a​g​e​1​.​h​tml)
et j'ai beau me poser et
me repo­ser (!) la ques­tion…
Seule Marie m'a don­né une réponse dans son film L'éléphant et la chute,
(Production GREC – 2006):
"(…) Il ne peut pas faire autre­ment(…)"

PS N°57
J’ai l’impression d’avoir par­ti­ci­pé à un jeu de socié­té plus intel­li­gent que les dames et moins savant que les échecs où j’ai tou­jours été per­dant. J’ai encore 1 très faible espoir de gagner 1 par­tie, c’est ce qui me tient en vie.

PS N°58
Mais si, à bien­tôt 70 ans je suis de plus en plus débi­té, je suis tou­jours autant couillu.
Printemps 2012

PS N°59
Sans star­ting-block et dans la col­line, je cours le 100 mètres en 23 secondes 02. Usain Bolt le court en 9 secondes 63 et du coup s’estime être une légende vivante inter­na­tio­nale et mytho­lo­gique, il court sans rien voir, sans sen­tir, sans être
et sans se sou­ve­nir d’un vrai acte héroïque et néan­moins olym­pique : Tommie Smith et John Carlos au Mexique en 1968.

PS N°60
Toujours, j’ai écrit pour une seule per­sonne, rare­ment la même ; alors à 70 ans je dois bien avoir une ving­taine de lec­teurs.

P.S. N°61
19.IX.2012 :
Selon moi, c’est-à-dire selon mon goût, j’en ai encore pour 13 ans mais selon mon corps ou selon tel acci­dent éven­tuel, je n’en sais rien.

P.S. N°62
Hui, à part de très rares excep­tions, les per­for­mances qui font date sont celles qui retrouvent, reprennent (se réap­pro­prient) un rituel ances­tral (pre­mier) moder­ni­sées et per­son­na­li­sées.

P.S. N°63
Mais mes [sic] déclara©tions ne sont-elles pas que des per­for­mances dégui­sées, amé­na­gées, atté­nuées ? Le pro­blème – mon pro­blème – ne serait-il pas plu­tôt celui de ma (re)présentation : cette pré­sence main­te­nue ?

P.S. N°64
J’aimerais mieux regar­der autre­ment, ne pas remar­quer que « ça », or je n’assiste qu’à du déjà vu à 90%. J’ai 70 ans et voi­là 50 ans que je par­ti­cipe à « ça » : poé­sie en chair et en os, art-action et autres per­for­mances et je recon­nais tou­jours chez celui-ci ou celle-là ses/​ces anté­cé­dents. À part ces excep­tions de moins de 10% je recon­nais irré­mé­dia­ble­ment les presta©tions de mes vieux amis ou de mes amis morts.
Et ce ne sont pas les meilleurs qui sont les plus pillés !

PS N°65
Avec et après les per­for­mances, je suis pas­sé à des pres­ta­tions que j'ai inti­tu­lé “déclara©tions”, en fait des lec­tures amé­lio­rées !
Pour les per­for­mances, à par­tir – tout au plus – de la dixième reprise j'étais déjà dans la repré­sen­ta­tion méca­niste, machi­nale, une inter­pré­ta­tion qui lie auto­ma­ti­que­ment la cause (le texte) à l’effet (la lec­ture) : hors-vie, hors-corps, hors-chair, au-to-ma-tik-tik !!! Déplorable, dead­ly boring… Pour mes “déclara©tions”, j'y suis déjà dès la seconde ! donc je ne les lis, ne les fais qu'1 fois, 2 à la rigueur. Automne 2012

Julien Blaine
(2002/​2012)

 

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