> CONNAISSANCE DU MATIN

CONNAISSANCE DU MATIN

Par |2018-08-16T10:46:08+00:00 29 novembre 2015|Catégories : Blog|

 

1
                       
Dans une débauche de silence
tes ten­tures clouées sur la muraille
défiaient les astres
et la chair tatouée des cavernes
Le gîte d'un éper­vier pal­pi­tait
autant que l'âme étrei­gnant le ciel
Pour toi cette abeille de lumière
tra­cée avec un pin­ceau de mots

La résine offerte aux dieux
brû­lait encore dans les galets de rivière
comme le vif azur
dans les tisons éteints de la nuit
Grotte d’éveil
Sur la voie du spon­ta­né
tant d’armes de lumière

 

 

                   2

Homme qui avan­çait
à décou­vert au bord du vide
tu épou­sais l’esprit de la roche cal­caire
La céré­mo­nie des éclairs
bri­sait les ombres dures des falaises
Des amandes pleu­vaient
dans le grand lit du vent
Un chat sans mai­son mar­chait
sur le sen­tier indif­fé­rent
au grand soleil des morts

Familier des portes closes
et des célestes bas-fonds
je t’aurais sui­vi très loin
dans le temps immense
    
Au der­nier degré de l’égarement
le déses­poir devient nec­tar
pour les guêpes qui te buti­ne­ront

L’éveil sur­git par­fois
au-delà de la forme

 

 

                       3

Aube
Orange en feu sur les crêtes
Pétales de frui­tiers
dans la brise  à l’assaut
des vagues de col­lines
En dis­pa­rais­sant la lune
oubliait le ciel cri­blé de galaxies
dans le calice du thé

Tu mar­chais comme le Verbe
sur les eaux du tor­rent
Harpe vivante tu ensei­gnais
l’inaltérable paix des humbles

Toujours cise­ler
les enlu­mi­nures de la vie ordi­naire      

 

     
                                 
                                4

Dès le point du jour
l’air son­nait tel un cris­tal
Basse conti­nue de l’oraison
dans mille pou­droie­ments de pos­sibles

Ruissellements de sueurs mythiques
Invisible la déesse des mois­sons
s’envolait dans des tour­billons de plai­sir

Eruption géante des formes
Le soir
bruit blanc de leur écri­ture
qui se rompt tel un arc
Les constel­la­tions en feu fes­toyaient

Icône de silence
pro­tège notre clar­té

 

                                        
                5

Il se tait hébé­té
devant la splen­deur ter­rible du monde  
sous le regard acé­ré des constel­la­tions 
Pour conju­rer le mau­vais sort
les bour­geons du jas­min foi­sonnent
En transe Osiris se met à dan­ser
Ce jour sécrète
une man­dorle autour de lui

La trille d’une alouette
vaut toutes les dou­leurs du par­tir

Entre sor­dide et sublime
le brouillard de notre ici-bas
se fond dans la radiance ori­gi­nelle

 

                         

                                   6

Jardins du vide gor­gés d’astres
Hameaux repliés sur leurs bles­sures

Après la tra­ver­sée du désert
voi­ci l’eau lus­trale
et le riz d’Orient lan­gou­reux
Le pacte de silence avec soi-même
engendre les fruits de soli­tude
d’une splen­deur exa­cer­bée
par l’appel lan­ci­nant
des oiseaux de proie

L’essence de la nature se révèle
Parfois un riche sérail de mots l’entoure
Qu’elle ne soit jamais fon­taine tarie
près d’une mar­gelle bri­sée

 

 

                          7  

Quel est le nom de ce pays
où les phé­no­mènes sont des gra­mi­nées
qui folâtrent sur les murs ?
Toujours vierge est le matin
Philosophe du feu des cimes
je t’écoute ou te cueille à fleur de page
Tu as éta­bli ton royaume
au centre exact de ta soli­tude cir­cu­laire
foi­son­nant de pré­sences
Tu te nour­ris
des épis gla­nés dans les entrailles des mythes
Sur la col­line trans­fi­gu­rée
fou rire de tes amis les feux fol­lets
signaux des esprits syl­vestres
Humble ser­vi­teur de l’unité magique
tu as fait de moi une femme mil­lé­naire
Une invi­sible colonne de verre irra­diant

 

 

                       
                         8
                   
L’inattendu a sou­dain
le visage d’un dieu ivre
Reflets orphiques
sur le petit lac de mon­tagne
Les plantes sont des torches qui brûlent
Alors la stu­peur
enva­hit l’espace pétri­fié
Dans l’air très pur
formes et cou­leurs explosent de joie
En amour avec lui-même
le dieu ne peut nous dis­cer­ner
– pous­sières de dia­mant noir
dans un rai de lumière

Nous sommes la voûte céleste
et le ciel est sur la terre

CONNAISSANCE DU MATIN

Par |2018-08-16T10:46:08+00:00 6 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

1
                       
Dans une débauche de silence
tes ten­tures clouées sur la muraille
défiaient les astres
et la chair tatouée des cavernes
Le gîte d'un éper­vier pal­pi­tait
autant que l'âme étrei­gnant le ciel
Pour toi cette abeille de lumière
tra­cée avec un pin­ceau de mots

La résine offerte aux dieux
brû­lait encore dans les galets de rivière
comme le vif azur
dans les tisons éteints de la nuit
Grotte d’éveil
Sur la voie du spon­ta­né
tant d’armes de lumière

 

 

2

Homme qui avan­çait
à décou­vert au bord du vide
tu épou­sais l’esprit de la roche cal­caire
La céré­mo­nie des éclairs
bri­sait les ombres dures des falaises
Des amandes pleu­vaient
dans le grand lit du vent
Un chat sans mai­son mar­chait
sur le sen­tier indif­fé­rent
au grand soleil des morts

Familier des portes closes
et des célestes bas-fonds
je t’aurais sui­vi très loin
dans le temps immense
    
Au der­nier degré de l’égarement
le déses­poir devient nec­tar
pour les guêpes qui te buti­ne­ront

L’éveil sur­git par­fois
au-delà de la forme

 

 

3

Aube
Orange en feu sur les crêtes
Pétales de frui­tiers
dans la brise  à l’assaut
des vagues de col­lines
En dis­pa­rais­sant la lune
oubliait le ciel cri­blé de galaxies
dans le calice du thé

Tu mar­chais comme le Verbe
sur les eaux du tor­rent
Harpe vivante tu ensei­gnais
l’inaltérable paix des humbles

Toujours cise­ler
les enlu­mi­nures de la vie ordi­naire

 

           
                                 
4

Dès le point du jour
l’air son­nait tel un cris­tal
Basse conti­nue de l’oraison
dans mille pou­droie­ments de pos­sibles

Ruissellements de sueurs mythiques
Invisible la déesse des mois­sons
s’envolait dans des tour­billons de plai­sir

Eruption géante des formes
Le soir
bruit blanc de leur écri­ture
qui se rompt tel un arc
Les constel­la­tions en feu fes­toyaient

Icône de silence
pro­tège notre clar­té

 

                                        
5

Il se tait hébé­té
devant la splen­deur ter­rible du monde  
sous le regard acé­ré des constel­la­tions 
Pour conju­rer le mau­vais sort
le bour­geons du jas­min foi­sonnent
En transe Osiris se met à dan­ser
Ce jour secrète
une man­dorle autour de lui

La trille d’une alouette
vaut toutes les dou­leurs du par­tir

Entre sor­dide et sublime
le brouillard de notre ici-bas
se fond dans la radiance ori­gi­nelle

 

                         

6

Jardins du vide gor­gés d’astres
Hameaux repliés sur leurs bles­sures

Après la tra­ver­sée du désert
voi­ci l’eau lus­trale
et le riz d’Orient lan­gou­reux
Le pacte de silence avec soi-même
engendre les fruits de soli­tude
d’une splen­deur exa­cer­bée
par l’appel lan­ci­nant
des oiseaux de proie

L’essence de la nature se révèle
Parfois un riche sérail de mots l’entoure
Qu’elle ne soit jamais fon­taine tarie
près d’une mar­gelle bri­sée

 

 

7  

Quel est le nom de ce pays
où les phé­no­mènes sont des gra­mi­nées
qui folâtrent sur les murs ?
Toujours vierge est le matin
Philosophe du feu des cimes
je t’écoute ou te cueille à fleur de page
Tu as éta­bli ton royaume
au centre exact de ta soli­tude cir­cu­laire
foi­son­nant de pré­sences
Tu te nour­ris
des épis gla­nés dans les entrailles des mythes
Sur la col­line trans­fi­gu­rée
fou rire de tes amis les feux fol­lets
signaux des esprits syl­vestres
Humble ser­vi­teur de l’unité magique
tu as fait de moi une femme mil­lé­naire
Une invi­sible colonne de verre irra­diant

 

                       
8
                   
L’inattendu a sou­dain
le visage d’un dieu ivre
Reflets orphiques
sur le petit lac de mon­tagne
Les plantes sont des torches qui brûlent
Alors la stu­peur
enva­hit l’espace pétri­fié
Dans l’air très pur
formes et cou­leurs explosent de joie
En amour avec lui-même
le dieu ne peut nous dis­cer­ner
– pous­sières de dia­mant noir
dans un rai de lumière

Nous sommes la voûte céleste
et le ciel est sur la terre

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