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Contrechamp

Par |2018-08-17T21:29:07+00:00 25 septembre 2012|Catégories : Blog|

 

Ecrire, fai­sions-nous, échan­geant nos signes de recon­nais­sance par-des­sus la haie des heures, à tra­vers l’aire de jeu pro­vi­soire.

 

bien avant l’aube/ la pluie aiguë/​ son crépitement/​ griffes de chat contre le carreau/​ l’écouter s’affairer/ impré­gner la terre avide

 

Et nous écla­tions de ce rire un ins­tant sus­pen­du entre flaques et nuages. Nous par­ta­gions des stu­peurs, pen­chés sur notre image fuyante.

 

l’aurore inscrite/​ dans les replis du noir/​ une annonce incisive/​ la pâleur lente à s’affirmer/ au-des­sus du jar­din`

 

Chanter. Nous aimions clai­ron­ner par les rues, leur désert, mais aus­si à voix très basse, à bouche cou­sue. Une rumeur d’être.

 

le matin par­court les allées/​ fend les feuilles rouges/​ dis­sipe la brume/​ disque flamboyant/​ aux abords du fleuve noyé

 

Et nous n’avions pas peur du loup- garou tapi sous les buis­sons. Notre fer­veur était sans alarme. Nous ser­rions, enfoui au creux d’une poche, le galet-talis­man.

 

la mati­née s’étirait en lumière/​ posée sur la brique/​ une allure de croisière/​ vouée à ne pas finir/​ hauturière/​ et pour­tant

 

Bondir par-des­sus la dalle, le ruis­seau, le temps. Ivresse des envols. Défier la marche vaseuse, l’allure cal­cu­lée, emprun­tée

 

dès midi/​ nuages effilochés/​ mas­quant briè­ve­ment le soleil/​ une fraî­cheur dans la chaleur/​ un vent levé/​ bous­cu­lant les branches/​ atti­sant les chutes

 

Et nous dépas­sions les mai­sons, nous emprun­tions les tra­verses, péné­trions les forêts. Etendus dans les clai­rières, gor­gés de ciel entre les feuilles.

 

les après-midi indemnes/​ liesse hors mesure/​ clar­té longue/​ lucide/​ une allé­gresse d’autant plus vive/​ qu’elle était mena­cée

 

Escalader les branches basses, se his­ser les­te­ment , atteindre le faîte et sur­plom­ber la houle verte, toi­ser les toits, pres­sen­tir une vie rien qu’à soi.

 

le crépuscule/​ son embra­se­ment der­rière la colline/​ avant l’effacement/ tel un don/​ une splen­deur dorée/​ sur le pay­sage engour­di

 

Et nous demeu­rions des éter­ni­tés à faire pro­vi­sion d’images glo­rieuses, à les engran­ger pour les jours murés où nous per­drions jusqu’à la mémoire de l’aventure.

 

la nuit peut venir/​ la beau­té est si vaste/​ un che­nal dépar­ta­ge­ra les ombres/​ la ténèbre propice/​ la sereine/​ embau­me­ra tout effroi

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