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Corbeille du temps

Par |2018-10-15T15:01:26+00:00 8 février 2014|Catégories : Blog|

 

A quoi l’ont-ils aban­don­né le visible du père celui qui voit tout va jusqu’au bout il y a juste assez de fleurs tom­bant l’une après l’autre dans le bat­te­ment du temps assez de dou­leurs et de joies au soleil ébloui d’herbes les fenêtres res­tent ouvertes tout l’été par­tout l’or s’écoule des pétales dansent jusqu’au sol l’amour sur­git avec le sang chaque visage est une biblio­thèque chaque livre a sa ser­rure et sa clé quand tout reste pen­sé tout cesse de peser

 

 

 

 

Les anges de lumière qui tombent frap­pés à genoux ils disent dieu s’est reti­ré du monde la main s’efface on n’entend plus que le faible mur­mure d’une fon­taine brû­lée de soleil impos­sible de réveiller ceux qui dorment une sorte d’impatience una­nime les guide vers la mort pour­tant les matins flambent l’ombre ne pèse plus sur le mur le temps s’écoute le feu monte une bouche ébranle le temple chaque cou­leur inonde les toits le cœur dérive par­mi les bêtes qui tra­versent le jar­din à chaque seconde acquies­cer veut dire jouir

 

 

 

 

Là-bas c’est le bruit du res­sac des planches en mor­ceaux échouées sur le rivage des voix effa­cées par les vagues des vagues qui se dressent au fond du noir la fièvre des vents qui s’entrechoquent la forêt qui compte ses morts les fes­tins les chants le sang des vic­times des crânes qui s’entassent dans la grande fosse des gueules écu­mantes sur le sol des mâchoires ser­rées dans la cor­beille du temps pour­ris­sant dans la ques­tion pas même posée

 

 

 

 

Le temps se dérobe flotte dans l’espace lui il montre des portes qui ouvrent sur le ciel il s’endort dans l’éclat du soleil dans le cœur dans les flots près des fleurs par­fu­mées de terres chaudes ses yeux brûlent dans la lumière il fris­sonne sur le sol léger dans le grand lit à ciel ouvert et sau­vage il sup­porte les deux visages du des­tin il ne s’irrite ni ne s’indigne contre per­sonne il ne cède pas au désir de mou­rir il change sou­vent de che­mins toutes les choses lui par­viennent les des­sins d’or les paroles par­mi les flammes

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