> Débordement sur l’aile et tir dans la lucarne de Pierre Tanguy

Débordement sur l’aile et tir dans la lucarne de Pierre Tanguy

Par |2018-10-18T09:18:30+00:00 4 décembre 2013|Catégories : Blog|

Voici un livre nou­veau, au par­fum de genêt ou de cyprès, de pluie, de sueur et de boue, de sable et de mer, au goût de trèfle, de jambes crot­tées, de soleil et de bon­heur. Un livre à jouer sans modé­ra­tion aucune. Un livre qui sort en véri­té et heu­reu­se­ment du cou­rant de la pro­duc­tion lit­té­raire au lan­gage tapa­geur afin de nous conduire sur la sente de l’enfance et aus­si de la glo­rieuse incer­ti­tude du sport.

Voici un livre qui chante l’ordinaire d’une vie aimant l’esprit du foot­ball d’avant le temps d’aujourd’hui, celle de ce regard de jeu­nesse débor­dant de ses ailes l’espace du monde pour voir juste et s’en tenir à l’essentiel. Un livre pour la vie comme le bal­lon après lequel il faut cou­rir et puis maî­tri­ser.

On doit recon­naître au regret­té Yves Landrein le don d’avoir déni­ché et enrô­lé Pierre Tanguy, poète, dans son équipe de La Part Commune. Car chaque fois que son auteur nous livre sa par­ti­tion, c’est une tranche de vie qu’il nous donne en par­tage, quelque chose d’inégalé, de saveur incom­pa­rable.

Ce recueil est un bel espace de poé­sie avec son mètre pour ligne de touche, ses images pour com­bi­nai­sons de jeu, ses rythmes pour maî­trise des condi­tions atmo­sphé­riques et de l’équipe adverse, sa mélo­die pour jouer en équipe et empor­ter la vic­toire. Et celle-ci avec un bal­lon [qui] tombe enfin comme un fruit mûr. Tout le temps de l’enfance est là, nim­bé de gloire, alors que l’on ne veut lais­ser per­sonne sur le bord de la touche. Le style est vif, per­cu­tant, inci­sif, éclai­rant (c’est tout l’art du jour­na­liste Pierre Tanguy).

En fait, il nous donne de prendre part à ce match sans fin – un grand match de nos­tal­gie – véri­table célé­bra­tion de l’enfance bien sûr, du jeu « gra­tuit », et aus­si de la faune et de la flore, des saints pro­tec­teurs du ter­roir et du patri­moine, tout ce qui est d’une terre bre­tonne atta­chée à une longue tra­di­tion de clo­chers ou, plus récem­ment, de fortes idées répu­bli­caines.

Il faut vivre les heures immenses et sonores et humer la joie qui écla­bousse toute les pages de ce livre : elles « immor­ta­lisent » des hommes ou des équipes qui ont habi­té les rêves les plus beaux de mil­liers de sup­por­teurs.

Que dire encore de ces lignes de grand air et de liber­té, ces mots de ten­dresse qu’il fal­lait avoir l’audace de faire venir au jour à un moment où les mar­chands du temple vou­draient exer­cer par­tout leur contrai­gnante puis­sance ?

Avec un bal­lon pour la vie, Pierre Tanguy nous convie à la fer­veur. Et cela n’est pas fini car il nous fait entrer dans un beau secret, celui du Paradis où son Père, qui ouvri­ra les portes, lui a déjà annon­cé : Réjouis-toi. Ici, aus­si, il y a des ter­rains de foot­ball. Quel beau match !

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