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Dehors, le brouillard humide

Par |2018-11-18T09:04:12+00:00 24 novembre 2013|Catégories : Blog|

 

Dehors, le brouillard humide,
le bouillon infuse la cas­so­nade de feuilles mortes.
Dedans la lampe, son pied de bronze en clé de sol
son verre dépo­li absorbe la lumière
se penche vers la feuille comme une corolle de rose de Noël
et les graines épar­pillées sont les lettres tra­cées de quelques poèmes d'amour.
Ishtar est seule dans le temple,
elle a choi­si sa robe, point de damier convient,
manches longues qui couvrent à demi ses mains
jupe qui traîne jusqu'à terre
les mains la relèvent sur les côtés,
laine douce plein les mains,
godets souples et sinueux le long du corps
droite elle tient la dra­gée haute à la soli­tude
qui nargue son atta­che­ment volon­taire
au livre du sacré.
La tour est à étages.
Au-delà des 10 000 cornes
des dix mille oreilles, dix mille queues
et attri­buts de la puis­sance totale
de l'animal mus­clé atten­du dans l'arène,
au-delà du caillou-caillot rouge
lave et braise du vol­can pri­mor­dial
Ayers Rock des céré­mo­nies secrètes,
au-delà de l'ange déplu­mé qui tient le monde à bout de bras
le pla­teau des cise­lures tremble
et verse des fon­taines de larmes et de perles
des pluies de pétales et d'épines
une ava­lanche de graines gas­pillées
le ciel inonde de mois­sons per­dues et d'étoiles mortes,
les petits cochons, les che­vaux d'orgueil,
les chats pelés, les sou­ris grises,
les pois­sons cre­vés.
Au centre de la soupe uni­ver­selle
Ishtar se penche
lâche l'ourlet
pour tour­ner la clé d'or
en l'absence de ses enfants de coeur
la clo­chette ne tinte pas.

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