> Denise Borias : “Signes de vie”

Denise Borias : “Signes de vie”

Par | 2018-02-22T19:47:45+00:00 26 octobre 2015|Catégories : Critiques|

 

Ce recueil-ci serait à com­men­cer par la fin, plus forte, et qui, de sa lumière, ren­force alors celle du début. C’est une médi­ta­tion sur la mort, l’espérance de renais­sance en ce monde, qui donne sens au pro­ces­sus de trans­mis­sion, de divi­sion cel­lu­laire et de par­tu­ria­tion ini­tiale.

La fra­gi­li­té de ces poèmes, sou­vent des qua­trains, émeut et s’accorde au sens (qu’on peut devi­ner) de leur dis­po­si­tion spé­ciale (haut et bas de la page seule­ment) ; elle met en ten­sion ces presque-rien vivants, elle met en sen­sa­tion cette dis­tance blanche entre début et fin de la page, haut et bas du monde, du corps, de l’humeur, de la vie.

La poé­sie de la fra­gi­li­té de Denise Borias, par­fois, se replie sur des soli­di­tés et des cer­ti­tudes qui peuvent elles-aus­si paraître bien fra­giles : « la musique ances­trale des mots » (p. 31) est-elle si ances­trale et si pérenne ? On sait que les mots et les par­lers eux-mêmes bougent et se trans­forment depuis tou­jours ! Au plus pro­fond de l’expérience humaine, donc, « Le temps nous laisse dému­nis » (p. 11) ; mais cette abso­lue fra­gi­li­té est ce contre quoi lutte ici-bas la poé­tesse du « fort goé­land », qui sait « pour sur­vivre trouer la vague sans déser­ter le ciel » (p. 47).

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