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Des citronniers et une abeille

Par |2018-12-11T08:03:56+00:00 13 septembre 2014|Catégories : Blog|

 

Une ronce abri­tait l'âme. Comment for­cer le feu de la bles­sure ?

Regarde-moi Seigneur
debout sur mon crayon,

Compte après les ans de ma fer­veur
nid d'osier sur le fléau de la balance ;

Né dépouille un temps pro­lon­gé
je reste un rond soli­taire igno­rant ;

J'ai oublié l'effet de ma déli­vrance
l'épaule où se construit ta parole ;

Approche une voix brû­lée d'ardeur
"s'ouvrir à l'homme" ;

Ma vie tremble une liber­té sans aurore
pour réduit les yeux d'Adam.

 

 

De la prière, nul che­min où l'esprit s'embrase.

Mon appé­tit rien ne le comble
j'ai faim de Dieu ;

Les pierres en nos bâtisses
oublient les fleurs les ayant tenues ;

Le neuf est ron­gé d'ombre
l'esprit par un lait de nuit mièvre ;

Pain et tra­vail fondent entre nos doigts
j'ai faim et frappe au ver­rou ;

Et nos âmes sous le joug des railleurs
rendent plus de larme que de plai­sir,

Nos cris s'effilochent et rou­gissent
à l'orée de la clai­rière invi­sible ;

Donne-moi l'entrain de la pou­lie
la fonc­tion du car­ré la chi­mère ;

J'aboucherai ma lèvre au néant
encore illu­mi­né de ta chair,

Mon âme, je la pié­ti­ne­rai
pour ta parole effleu­rant la mienne.

 

 

Comprends, de nos deux voix, ne suis-je la plus faible ?

Yeux mal ouverts gorge qui tremble,
je tiens l’allumette pour que forêt

Monte jusqu’à tes che­veux d’automne ;
que tu portes fruits pau­vr’ homme !

Sur papiers de soie je te par­le­rai
tan­dis que nous mar­che­rons sous les étoiles,

(Ah sous les étoiles mar­cher et por­ter des fruits).

 

 

Ruine grecque en plein été. Assis, devant un por­tique, est-ce toi, mi-vieillard mi-enfant, farine hors de la par­lure ?

A conte­nir la mesure de chaque chose
je veux la plus petite,

L’étalon par lequel on sur­prend la vie recluse
l’unité numé­rale,

Comme les doigts qu’on lève et qu’on plie
a-t-on jamais comp­té avec la main seule ?

 

 

Par ta voix au tra­vail de la mienne, reviennent les louanges, qu'à rete­nir, je demeure impuis­sant.

Serai-je feuillage ébloui d'aperçu
orchi­dée sub­tile à la science angé­lique ?

Existe-t-il ce jar­din où te cueillir
pure entre chants et par­fums,

Guitare dont tu pinces
la che­ve­lure enso­leillée ?

Ni exil ni bles­sure
le vent seul en miroir

Appelant ta venue sans fin
tel un cava­lier d'or.

Librairie-Galerie Racine. 2000

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