> Des psychanalystes en séance, Glossaire clinique de psychanalyse contemporaine

Des psychanalystes en séance, Glossaire clinique de psychanalyse contemporaine

Par |2018-11-15T13:39:54+00:00 4 avril 2016|Catégories : Critiques|

 

Lettre (inat­ten­due) aux jeunes poètes.

 

Nombre de pro­po­si­tions de poèmes qui nous sont faites émanent d’auteurs débu­tants qui mani­festent de solides apti­tudes intel­lec­tuelles et témoignent d’une culture éten­due. Pourtant il nous arrive assez sou­vent de refu­ser la publi­ca­tion de ces poèmes au pré­texte qu’ils sont trop abs­traits ou céré­braux. Il me semble que la poé­sie n’aime rien moins que les mots à forte exten­sion comme « sublime » ou « liber­té ». Et, foin des déli­cieux sou­ve­nirs de col­lège qui pour­raient y être atta­chés, le poème d’Éluard 1er au Top50 de l’Éducation natio­nale est loin d’être le meilleur qu’il ait écrit.

Voici un livre qui, pour incon­grue que sa chro­nique puisse paraître dans les colonnes de Recours, n’en devien­dra peut-être pas moins un excellent anti­dote à ce tra­vers qui fait écrire de médiocres vers à des per­sonnes culti­vées et intel­li­gentes.

Ce n’est pas un remake de Rilke, il ne s’occupe pas de lit­té­ra­ture. Mais il se lit aus­si agréa­ble­ment qu’un recueil de nou­velles. Certes sans la pro­fon­deur dra­ma­tique de celles de Tchekhov : se vou­lant modes­te­ment un glos­saire pour mieux com­prendre les mots de la psy­cha­na­lyse.

Mais c’est la manière d’aborder la langue et le lexique qui fait, pour des non cli­ni­ciens et ignares en la matière (dont je fais par­tie), la haute valeur « géné­rale » de cet ouvrage.

Chaque défi­ni­tion est un cas, les­quels donne lieu à un récit qui laisse aper­ce­voir à chaque fois un des­tin par­ti­cu­lier. Il s’agit de termes comme le chan­ge­ment de lieu ; Le baquet ; la chi­mère ; le dis­cours inté­rieur. Chaque expres­sion, à tra­vers le récit et les com­men­taires qui viennent s’y gref­fer, va affron­ter peu à peu les mal­en­ten­dus (par­fois avec un autre terme fai­sant l’objet d’un cha­pitre), va démas­quer les fausses évi­dences qui pour­raient don­ner à notre enten­de­ment l’illusion de la toute puis­sance.

Mais pour quoi ? — ¿Por que ? comme l’aurait deman­dé Valente. Pour mieux dire la réa­li­té, pour aller au plus près d’elle, pour sen­tir, empi­ri­que­ment, dans une posi­tion instable très humaine, ce qu’est le mot qu’il faut (ô déli­cieux double sens de ce verbe « fal­loir » !), le mot juste.

Une bonne école pra­tique de l’écoute et du dire.

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