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EFFARANT

Par |2018-08-17T07:13:38+00:00 6 avril 2014|Catégories : Blog|

 

C’était le der­nier jour de la 91ème année
Le brouillard brillait vide dans les vignes
Des oiseaux tom­baient sous les pattes des chas­seurs
En fai­sant des bruits de bouche à fusil
L’année s’effritait en douce
Comme une brioche de neige
Émiettée par hasard.
Des images de syn­thèse sou­riaient dur
Sur des écrans cou­leur trois teintes
Tenace aux pauvres. Télévision.
Il y avait des bruits de natio­na­listes
Des relents reli­gieux glis­sés des mos­quées
Vers la rue défer­lante aux abois.
La peur – ta peur- un peu la mienne aus­si
Dégelait d’un regard les jours à venir
De crème sucrée par la han­tise.
De vieux russes jouaient au bil­bo­quet des peuples
Avec la tête des boyards com­mu­nistes.
J’avais 56 ans depuis 56 ans –déjà-
Et la fille de 30 ans fuyait par tous les bouts
Comme une outre de vin par­cel­lée
Au cadastre d’une mai­rie basque.
Les demi-soldes deve­naient chô­meurs
Pour trois mil­lions au moins des leurs
Hommes pri­vés d’emploi. Société
Absurde qui reniait ses fon­de­ments
D’une plume légère et d’un sou absent.
Les demoi­selles du Caucase et d’Arménie
Brisaient leur rire sur des casques fauves
Les russes de Ieltsine décro­chaient
L’arbre des noëls aux des­centes d’enfer.
Et toi petite fille de Saint Maur
Jour d’avant le jour et tablier mis
Que devien­dras-tu ?

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