> Emilien CHESNOT, Il est un air

Emilien CHESNOT, Il est un air

Par |2018-08-16T12:08:19+00:00 17 février 2017|Catégories : Critiques|

 

 

Après Faiblesse d’un seul publié en 2015 aux édi­tions Centrifuges, Emilien Chesnot (né en 1991) vient pla­cer son jeune âge comme un nou­veau regard sur ce que devrait être la poé­sie : une recherche d’une autre façon de voir, avec le regard de la jeu­nesse “Chaque oeil au sin­gu­lier d’un monde /​ ouvert”.

 

les yeux /​ ce qui dépasse le plus /​ du corps /​ avec et plus loin /​ qu’un simple arrié­ré /​ de per­cep­tion”.

 

Le jeune poète veut déve­lop­per un “regard matière” avec sa propre façon de voir au delà des appa­rences “glis­sant /​ sous l’aspect des choses”, “dans une trans­pa­rence /​ res­tée sans contraire”.

Mais Emilien Chesnot cherche à voir l’invisible en convo­quant tous ses sens, au-delà de la vue. “le sens /​ va dans l’épuisement /​ du sens”. Et le peintre Jean-Noël Bachès vient confor­ter cette ten­ta­tive de per­cep­tion extra-sen­so­rielle avec de belles pein­tures, sou­li­gnant par­fois visuel­le­ment les asso­nances du texte. Une com­pli­ci­té entre le peintre et le poète que Claire Perrin l’éditrice, a vou­lu pla­cer en une du recueil : les deux noms à éga­li­té entou­rant le titre, pour un très bel et bon ouvrage.

Avec la soli­tude comme point d’équilibre, il est un air n’est pas qu’une réflexion sur le “je” mais aus­si sur le “nous” : “un tous /​ repen­sé chaque”… et sur le temps “filet de mémoire /​ si proche de n'être rien  /​ et si peu de corps   /​ autour de la bles­sure” et plus loin “sans fin le jour passe  /​ dans le mou­vant des ombres  /​ fer­mées sur leur soif  /​  le pas­sé l’avenir  /​ s ’observent /​ sous la porte du pré­sent”

La qua­trième de cou­ver­ture évoque “une écri­ture qui se cherche”, nul doute qu’Emilien Chesnot l’a trou­vée avec ce deuxième ouvrage car il est un air de pro­messe d’avenir dans cet ouvrage-là…

 

*

 

X