> Ephélides sur les coupes de la nuit

Ephélides sur les coupes de la nuit

Par | 2018-05-22T00:38:22+00:00 5 octobre 2014|Catégories : Blog|

 

Ô com­pagne !
Ô Nuit ! Qui rem­plis de soif
les puits du désir
t’habilles de la sur­prise d’un enfant
dans les pupilles de qui le myrte a feuilli
telle une cas­cade de câli­ne­rie
quand s’est abat­tu sur le cœur
la réso­nance des bai­sers liber­tins,
tu es plus pure que le visage des lys
qui nagent  dans les mares de rosée stag­nantes
avant de fran­chir l’enfance non­cha­lante.
Tu es plus rayon­nante que la lueur
d’une aube  fraîche quand elle coule
telle une source incan­des­cente qui découd
ce que les ténèbres dis­traites ont cou­su.
Verse-moi la sève de ton inti­mi­té
dans tes coupes débor­dantes de féli­ci­té
et de feu qui attisent l’amour dans mon âme.
Je suis encore un pou­lain tzi­gane
que la civi­li­sa­tion de la débauche
n’a pas encore domp­té
et que les chi­mères de la pas­sion
n’ont pas souillé non plus.
Enfourche le rêve étique
sans selle ni brides
et bran­dis l’épée de mes afflic­tions
tel un indien sur le dos d’une sou­mis­sion
qui se pré­pare à par­le­men­ter
Les vam­pires qui sucent ma bles­sure
ont répan­du les plumes de mes pleurs
dans les girons des mères
pri­vées de leurs enfants
qui ont san­glo­té long­temps
sur les bal­cons d’un vent étour­di.
Chasse le som­meil des forêts de mes pau­pières !
Sois aux écoutes du son de l’air dou­lou­reux
du luth de l’orphelinat
dans mes souffles étouf­fés
et de la transe d’un cœur qui ne ment plus
Dorénavant, tu n’entendras que les plaintes
d’une colombe qui te câline chaque soir
lorsqu’elle rou­coule sur le rameau des déboires.

X