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Épitaphes aux couleurs vives

Par |2018-10-23T20:29:42+00:00 24 février 2013|Catégories : Blog|

 Table des Poètes

 

 

  • Jacques Moreau du Mans
  • Claude Aveline
  • Eugène Guillevic
  • Max Jacob

 

 

 

Mer, conte chan­geant de la nuit mauve
Où dort encore le petit fanal d'un oiseau
Rouge. Feu aux tempes ; Dans les maquis
étroits d'un coeur qui tremble et s'étreint.
Au matin quand la marée décroît
Un peu plus que de dérai­son, flux reflux

 
Détroit étrange que ce corps et ses maux
Ulcérés de soleils vivants, tor­rides sous la mémoire

Maintes fois rete­nus par le poids de la lune
A dis­tance de main, attraits ten­dus
Nocturnes sous la nui­sette du poème
Soulevé par des mots très simples.

 

 ***

 

Cerise ten­due de rouge sous la dent,
L'île encore une fois au bord du jar­din.
À un jet de pierre dans l'ombre d'un cor­mo­ran
Un cri à peine pour l'éclat d'une sterne
Devenue trop blanche pour voler
Et paraître immo­bile aux nuages.

Aujourd'hui le sen­tier qui mène au bois
Vague de mon sou­ve­nir
Ecoute les rumeurs de la mer
Lit dans les empreintes lais­sées au sable
Improbables traces d'une vie qui tremble
Néanmoins. Comme le fait la nuit
qu'épicent les sali­cornes.

 

 ***

 

Géographe entre mer et terre
Un mot lan­cé comme un filet contre le ciel
Inversé, l'oiseau rem­pla­cé par son chant
Libre de vol et de silence
Levé au coeur du corps
Enlevé dans la cour­bure des mots
Voilà le texte, l'encre rare sur le blanc et
Imaginé le poème, bref
Composé d'eau, de terre, de rocs  

 

 ***

 

– Mais où allez-vous ain­si Monsieur Max ?
– A Paris je m'en vais benoît, Saint né sous
X ; benêt du roi

Je m'en vais silen­cieux, vêtu de mots qui danse
A l'aube je m'endors à l'ombre des romances.
Collines de la mer per­dues dedans Quimper
Oh l'enfance et les jeux ; Tous les mots qu'on y sert
Bon pain bleu de sou­pirs, de joies et de misères.

X