> Et toi, prête l’oreille (…)

Et toi, prête l’oreille (…)

Par |2018-08-15T03:56:20+00:00 21 mai 2017|Catégories : Blog|

 

 

Empédocle la voile,

Tu vacilles

Un fil mauve atta­ché

On ne sait à quel vent.

Se pour­rait-il un mât doré, volé,

Serti d’amours ou bien d’étonnements,

Se pour­rait-il qui dévisse

La colonne de haut en bas,

Qui ner­vure le souffle cent fois pareil

Au ver­tige cent fois pareil,

Qui regarde, pra­tique, ton pro­fil de sta­tue ?

Fragments en vain de l'orage,

Tu médites, et pâlis,

Quand l’attente cré­pite sur la mer éplo­rée.

Car vrai­ment ils étaient avant les temps et ils seront

Et je te dirai autre chose.

 

 

 

L’étrange posé là

 

La pen­sée du noyau
Dans le sein des seins
L’étrange posé là

Sur le per­ron
Je suis le gar­dien la gar­dienne

Le vent nucléaire porte un sens
Nucléaire le mot sur­fin
Entachait nos alvéoles

Sur le per­ron
Je suis l’étendard l’organique

Sévèrement
C’était l’appariement
Caressant l’avenir
D’un hoche­ment de tête

Tu l’a vu sor­tir
Un son
Opprimant le sol.
Tu l’as salué.

Tu seras res­té,
Posé là.

 

 

 

Sans objet

 

Ils nous touchent, tapent fébriles sur l'écran, s'imprègnent.
Leurs pieds foulent le sol, sans objet.
La val­lée s’éveille aux bruits du lieu.
Une palombe chasse le temps.
En chaque enfant brûle l’espoir du jour
que l'aubade lève les volon­tés
que nous met­tions fin aux inven­tions
conve­nues des hommes
chaque jour à vendre
l’obole offerte

 

 

 

 

Géhenne offerte

Nous remer­cions nos coups d’essai.

 

Alors le fleuve répond aux rires d’argent,
qui ali­gnait des trêves.

 

 

 

 

Du pou­voir

 

Depuis l’épanchement des Atrides, Sassanides, Béotiens,
Que sais-je il est un atour qui s’arroge le front.
–         Les rois ont froid, depuis.
Au mar­teau on a cise­lé des adages,
Brandi des évi­te­ments ; le sang plaide
Et tu les vois, assis, char­mants,
Agités de mains folles et de noblesses,
Si joli­ment morts,
Métalliques.
Et tu les vois ban­que­ter, si joli­ment morts, assou­vis.
–         Et nous avons froid, depuis.

 

 

 

Rencontre

 

Excusez-moi de vous déran­ger
made­moi­selle l'odeur de chanvre dans la voix
cou­lis­sante
depuis l'enfance
leurs draps rêches et les champs de coque­li­cot
je n'ai pas pu lui dire
au revoir nos yeux doux étaient les mêmes
dans l'étalement des bar­ri­cades
nos pays, pay­sages déles­tés
le pla­tane, l'acacia sous le gros temps
l'avancée des pavillons
témoi­gnaient muets d'étroites prouesses

 

 

 

 

 

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