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extrait de TY2

Par | 2018-02-21T14:16:58+00:00 10 février 2013|Catégories : Blog|

 

(Inspiré de l’œuvre de Jean-Michel Frouin)

 

« Tout crie sou­dain plus haut que ne peut gra­vir l’ouïe »

Philippe Jaccottet

 

 

Aurore peinte aux cou­leurs d’une nuit sans som­meil

De la suie,

Dont on tira un bleu azur.

 

Origine et terme d’une nuit sans som­meil à jamais terme du som­meil

 

À jamais terme des nuits.

 

 

D’un tun­nel où l’histoire échoua épui­sée

J’ai vu TY2, ver noir, imma­cu­lée, intacte.

 

 

Les volets s’ouvrent, il ne doit guère

Être beau­coup plus de quatre heures.

 

C’est le jour le plus long de l’année.

 

On entend les cris des pre­miers oiseaux.

 

C’est le début du monde.



 

 

Soleil muet

Soleil médu­sé du jour pre­mier.

 

Géante bouche béante d’un hur­le­ment hur­lé à blanc

Jusqu’à épui­se­ment ;

 

Ce fut le pre­mier jour.

 

 

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TY2 est à la fois un modèle de loco­mo­tive qui convoya les trains de dépor­tés vers les camps de la mort et une ins­tal­la­tion du plas­ti­cien Jean-Michel Frouin, visible aux « Frigos », à Paris, dans le XIIIe arron­dis­se­ment. Le poème est né de ma ren­contre avec l’œuvre de Frouin, elle-même ins­pi­rée par la dépor­ta­tion et par le pas­sé mécon­nu de l’ancienne zone indus­trielle de Paris-Ivry, entiè­re­ment « réha­bi­li­tée » depuis, où sub­sistent les Frigos. Dans les deux cas, on trouve la ville, l'histoire mor­ti­fère, la sur­vi­vance spec­trale de mou­ve­ments pro­fonds du siècle der­nier qui ralen­tissent ou sus­pendent le matin de celui-ci.

 

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