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FAIM DE MIL

Par | 2018-05-26T21:29:29+00:00 1 janvier 2014|Catégories : Blog|

 

Faire le rêve d’un fleuve d’eau salée remon­tant vers l’Afrique
Intérieure
Pulsé par le cœur puis­sant des pompes éoliennes
Et solaires.

Et le long des pipe-lines à ciel ouvert
Des vitres chauf­fées par le soleil
Ardent
Et pério­di­que­ment
Réfrigérées
Par un sys­tème simple et secret comme la nuit
Évaporent et séparent l’eau douce et le sel.

On boit et on cultive
Le long de ces fleuves inverses,
Et les déserts sont deve­nus verts
Pour le bon­heur des Hommes.

Les peuples de la côte
Ne taxent pas leurs frères de l’intérieur
Pour lais­ser pas­ser l’eau
Et ces der­niers ne s’arment pas de haine pour contrô­ler les fleuves
Si néces­saires.

Les vastes mou­ve­ments de popu­la­tion
Jadis diri­gés vers le Nord
Se sont inver­sés main­te­nant
Et les fron­tières
Des Nations
Ont un peu per­du de leur sens.

Les nou­velles inva­sions
Ont explo­sé l’Empire du moné­taire
Et le sens iro­nique de la Mondialisation
Économique
S’est affi­ché par­tout sur la Terre
Tout en don­nant à l’occasion
Un sens nou­veau cette fois réus­si
Aux vieilles fra­ter­ni­tés de la Colonisation
Et du labeur par­ta­gé
Que la vio­lence avait mas­quées.

La faim de mil a gagné tous les Hommes
Contempler ce qui pousse est la nou­velle affaire
La paix s’est faite il faut voir comme
Et des cou­pables anciens on a radio­gra­phié la chair
Examiné les os
Mesuré le cal­cium égoïste et la domi­na­tion
Sanguine
On a mis l’ossature de l’humain au ser­vice plus intime
Des corps, des muscles et des cœurs
De la dou­ceur
Heureuse et sans rai­sons.

Un grand lac inté­rieur s’est for­mé dans l’Afrique
Bordé d’hippopotames et de fresques
Et des cueilleurs néo­li­thiques
Sont des­cen­dus de leurs parois
Tout de cou­leur et sans leurs armes
Pour embras­ser les gens des herbes reve­nues
Des forêts presque
Inattendues.

Et des femmes les doigts
Modernes sur nous se sont posés
Aux nôtres se sont liés
Et nous ont gouverné(e)s
À l’égal des nôtres mêmes.

Et le charme des nuits
De Sibérie
Là-bas où pousse l’herbe verte
Sur l’océan fon­dant du per­ma­frost
Enmoustiqué
Remonte à la mémoire d’exilés quand accoste
Aux rives du grand lac un navire presque frère
De ceux qu’on voit pas­ser sur l’océan polaire.
 

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