> Faire confiance à la voix

Faire confiance à la voix

Par | 2018-02-21T14:06:07+00:00 28 avril 2017|Catégories : Blog|

 

 

man­quer de san­té ne fait pas de toi un monstre
igno­rer les dégâts fait de toi un monstre ne pas
construire le corps entre preuves et perdre
l’équilibre énorme bête ne compte pas les jours
qui t’a appris à dor­mir je demande tu sais dor­mir
cet inter­mi­nable essai n’est pas le saut pré­sup­po­sé
dans ta faim dans la nature pria­pique de ton masque san­glant

 

les dégâts pré­sup­po­sés t’ont appris à igno­rer l’équilibre
à dor­mir entre ton masque inter­mi­nable
et ce monstre pria­pique qui fait une bête
je le demande tu essaies de perdre les jours
tu ne connais pas ta faim san­glante
un monstre t’empêche de dor­mir ne compte pas le corps pas le saut
man­quer de san­té c’est construire un énorme essai

 

 

FAIRE CONFIANCE À LA VOIX

 

Faire confiance à la voix peu importe ce qui fut par­fois un cri par­fois l’étouffement mais tou­jours la propre cadence cette grif­fure dans la gorge et cette plaie qui à tous nous est sur­ve­nue mais qui nous per­met encore de par­ler de faire confiance à la voix pour pou­voir nous taire à temps pour pou­voir par­tir non sans avant avoir dit le mot non sans au moins avoir aimé ce qui importe et sur­tout faire lui faire confiance pour sim­ple­ment lais­ser par-des­sus la nôtre s’élever une petite voix une voix de quelqu’un qui aujourd’hui a fait un cau­che­mar et nous sup­plie de dor­mir sans peur dans la dou­blure de nos draps

 

 

 

avec toi je sens le sel
avec toi j’entrevois ce que
avec toi je sens le sel et j’entends les enfants
et leur exul­ta­tion étrange qui ne s’éteint pas et alors
je vou­drais allu­mer tous les lam­pa­daires avec ma poi­trine

avec toi prendre de l’air pour­rait pré­cé­der le chant
avec toi pas de mesure
com­ment pour­quoi sous quel ciel
ai-je offert des lits aurais-je aiman­té des fauves

mais par­fois on veut mou­rir par­fois
je me dois à l’homme et toi à ma parole

tu maî­tri­se­ras sans doute le nau­frage

avec toi je me dois à l’homme à l’air
la nuit s’éteint
avec deux réver­bères j’ai aiman­té les enfants
je peux oublier le sel

avec toi je vou­drais prendre ma parole et domi­ner
avec toi pas de mesure et le nau­frage a besoin
de moins de rai­sons sous le ciel

toi tu veux t’allumer de jour et alors moi
avec ma poi­trine j’entrevois ce qui com­ment pour­quoi

avec toi j’entends et avec toi je sens
de quels lits pour­rait pré­cé­der le sel
qu’avec toi exul­ta­tion étrange
tous les fauves je les aurai offerts
pour tant à tant de plus

son chant a des heures pour finir

et par­fois je sens mou­rir mais par­fois avec toi
non

 

*

 

Ces textes appar­tiennent au recueil inédit Fractales (Kriller71, 2017), © tra­duc­tion : Martine Joulia, © révi­sion : Arturo Sánchez.

 

 

            

Sommaires