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Falaise (extraits)

Par | 2018-02-24T12:51:35+00:00 26 février 2017|Catégories : Blog|

 

 

Dedans falaise
immis­cée fore son ouvrage
tou­jours loin
des arbo­res­cences fusent entre chien et loup par vagues

Entre peaux est ce flux dans les veines
caillou de réa­li­té certes
confon­due dans l’épreuve
des limites

 

 

 

       *

 

 

 

Dans même le fini des rayons
ce qui des jambes se balance et balan­cé
du reste ce qui tient

pauvres arti­cu­la­tions

Donc aujourd’hui genouillé tout contre
le flanc mas­sif
une drôle de dia­go­nale d’ombre
com­merce avec l’âge et ses inflexions
que tendre ain­si racines et patience

 

 

 

       *

 

 

 

D’ici à ici-même glis­sé
les rouages impli­cites à quelques cen­ti­mètres
du monde et peu s’en faut

s’entrouvre une terre tenue
pour vierge

Dix ans peut-être moins des voix creusent
et chute lente par manque de poids
ces jambes maigres de l’enfance

 

 

 

       *

 

 

 

Où des balises mordent la suc­ces­sion des jours
laisse arpen­té nous laisse a-ter­ré
ain­si la ten­ta­tion de remon­ter
dans un cri sou­dain dans
le cri de remon­ter
la peau falaise d’un cri
dans la peau

 

 

 

       *

 

 

 

Devant brûlent quelques ins­tants de grâce
à peine per­çus mots dégon­dés
-fond de tiroir- de leurs phrases quels corps
ne sait plus

Traversés par­mi tous au fond
sépare tel une mine
à ciel écar­te­lé défaire l’espace gris
de falaise
que peut une sil­houette

 

 

 

*

 

 

 

Désordre
entre la main face contre terre est
pous­sière de silice
empou­mo­née
com­ment résoudre une équa­tion sans mou­ve­ment
chas­ser l’air même

Détourner les yeux ne déplie pas le regard
de naître encore
presque rien d’une enve­loppe

 

 

 

*

 

 

 

Inspire que rien ne soit enta­ché comme
rien de pure­té
dans l’arythmie des liens
cordes et sangles indé­ci­dables

ce qu’il faut

Étirer le silence au point de l’entendre
se rompre conti­nuer
peut-être la dis­tance écorce
gifle
joues genoux

 

 

 

       *

 

 

 

Distance inavouable durée pour­tant
d’un cli­gne­ment claque
hier
son corps trem­blé
bat­tu comme ça sus­pen­du
comme ça contre falaise flot­té

Une illu­sion par­faite il a dix ans
gra­cieux au-des­sus d’un vide sans mar­gelle
ses os d’ange décal­ci­fiés

 

 

 

       *

 

 

 

Et dans le replie­ment du rêve ain­si sus­pen­du
des couches de vête­ments usés
long de jambes
linéa­ments lam­bris­sés dix ans
vingt ans trente ans qua­rante le bruit tape
réson­né sur la peau
l’entendre sans que rien n’apaise
son nom

 

 

 

       *

 

 

 

Vidé plus peur de chute ni vide
car de sub­stance émon­dé – corps
et crâne- prend place au centre exact
de l’instant plus de mal non de ver­tige
que dix ans tou­jours

a quit­té ses habits

l’horizon de ses che­veux rature
un ciel à la ren­verse

 

 

 

       *

 

 

 

Sentir tout est rien
l’avalanche des visages où tenir

sous l’averse pesante l’âge confond
décors et puan­teurs -tabac froid ver­dure
masques d’hiver-

Des lames inouïes ser­pentent le regard tels sou­ve­nirs
des­serrent le poing du manche
retour à-pic tâché d’ombres lentes