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FENÊTRES

Par |2018-11-19T02:05:10+00:00 8 juin 2013|Catégories : Blog|

 

I

Vues depuis la fenêtre
dont les volets ferment mal
ces fleurs de magno­lia,
celles qui bru­nissent,
celles qui ne sont pas écloses :
une aube avant l’aube.

Ce n’est ni le jour ni la nuit.
La blan­cheur est sur ces arbres
plus vive à cette heure
– comme le drap
dans la chambre où tu dors.

 

II

Depuis la fenêtre basse
de l’ancienne cui­sine
on ne voit du pay­sage
que le toit de tuiles
de l’abri pour les bêtes,
la pierre du puits
un saule et le vent.

Grande est la len­teur des choses
quand tu te trouves reti­ré
des va-et-vient mati­naux.

 

III

Tu mar­chais en alti­tude proche des rapaces et des fleurs
fou­lant l’herbe jaune où paissent des mou­tons
– guet­tant l’ombre des pins et les dalles de cal­caire chaudes
loin et de l’homme qui inju­rie les pas­sants
et des com­merces, des camions, des images
qui peuplent notre vie. Tu n’as jeté qu’un œil
par la fenêtre d’où l’on ne voit que le feuillage
du tilleul qui pour­rait être ton seul hori­zon.

 

IV

Ailes pliées dépliées du papillon
noir et blanc près du fruit posé sur l’herbe
jau­nis­sante en été. Fruit qui pour­rit
et dou­ce­ment nour­rit devant la fenêtre
basse d’où nous regar­dons oublions
les cou­leurs de la vie – jaune, bleu, vert
ce qui vit de ce qui meurt.

 

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