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GRAVITÉ/​GRAVEDAD

Par |2018-08-15T17:25:17+00:00 8 juin 2015|Catégories : Blog|

 

UNE TRAVERSÉE DES PYRÉNÉES « MAR A MAR »
Tout le monde a tra­ver­sé les Pyrénées.
Depuis la nuit des temps, plu­tôt dans le sens sud/​nord pour fuir, pour le tra­fic, pour la liber­té, pour les mariages, une his­toire de conquêtes. Celle de mes ancêtres.
Celle qui se déploie ici, faite seule et à pied cap à l’ouest comme le soleil, s’ étend sur cinq années.
Ai patiem­ment relié un bout de la chaîne à l’autre. Que reste-t-il de ces 51 étapes seg­men­tées ?
Gravité/​Gravedad, funam­bule à la fron­tière des dis­so­lu­tions, avance avec 51 courts poèmes, rasés au plus près du vécu (quoi de plus concret qu’une date ?), entre­cou­pés de
cinq trêves avec pho­to­gra­phies et longs poèmes com­po­sés sur le modèle du vire­lai, rimés, métrés, comme ten­ta­tive d’ accro­cher et de fixer les dépla­ce­ments du sou­ve­nir en
intro­dui­sant le chant.
Et même avec deux grandes manches ouvertes, toutes les Pyrénées ne rentrent pas dans un si petit cos­tume. Qu’importe : « Chanterai por mon corage » ! 

 

*

 

16 juin 2005

Je désap­prouve la déses­ca­lade
de la che­mi­née du Canigou.
Je pro­teste vive­ment contre
ce chaos ver­ti­cal plus funeste
qu’ un ras­sem­ble­ment de sor­cières.
Toutefois, la ter­reur pas­sée,
elle est encore bien vaste,
la pers­pec­tive des monstres.

 

*

29 juillet 2008

Le jour où l’ aube tom­be­ra
dans les quatre direc­tions,
le jour où les forêts s’ enga­ge­ront
sur des che­mins de lave,
le jour où, assise comme les cor­beaux,
je frap­pe­rai au comp­toir du temps,
ce jour là, tu m’ aime­ras.

 

*

12 août 2009

Soudain la red­di­tion m’appelle par mon nom.
Je me retourne :
rien que les yeux secs
d’une gare pâle.

 

*

 

3 sep­tembre 2011

Depuis le 11.02.2005,
ce jeune ber­ger porte des bottes vertes,
une salo­pette grise, un pull de laine gris et
une par­ka verte.
Parfois la mon­tagne s’ ouvre comme une mer
et le sau­ve­tage des englou­tis est impos­sible.
Alors leurs voix
(par-des­sous)
   font un bruit de bottes.

 

*

 

7 juillet 2012

Même avec le souffle de la tor­tue,
même avec les nerfs du che­val de mine,
même avec la ruse des anciens dieux
on est ce que l’ on vise.
On n’ atteint pas l’ Atlantique.
 

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