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HABILE BABILLE BABELIEN

Par |2018-10-15T12:45:23+00:00 1 mars 2015|Catégories : Blog|

 

Ah, flûtes et tam­bours
C'est la grande tour de Babel qui nous biaise.

En pis-aller nous mar­chons dru quand même,
sur les grandes falaises,
sur les dunes endur­cies
où s'affalent les molles hal­le­bardes 
d'un ciel tou­jours gris.

Vitrifié à l'atome, il darde son ennui.

Comme des mouettes ivre-mortes
nos rires se fra­cassent sur les vitres salies
des hautes bâtisses moroses.

Leurs mul­tiples yeux lisses,
frot­tés d'obscur,
nous étouffent, passe encore,
mais même morts ils nous toisent
nous dévissent, te dévi­sagent et me divisent.

Pour quel usage ?
Quel usi­nage ?

Ah ! tim­bales et pipeaux,
Vivants de cette molle essence rou­geâtre
allons-nous livrer nos corps
sur la silice toute-puis­sante des dunes
que nous ne fou­lons plus ?

Allons-nous brû­ler nos corps à l'encre
vapeur-toxique de blanches pages
où tout, tout envi­sage
les ser­viles outillages de nos pales faces
inex­pres­sives.

Tout arrache, tout arrache,
pour quel usi­nage ?
Dites moi,
Pour quel usage ?

Ustensiles oubliés, nos visages s'amenuisent,
dans une marge cra­moi­sie cor­ro­dée
et pol­luée par nos morts appé­tits
tout bouf­fis des mots qui des­cendent en rap­pel
du fier som­met de la haute tour de Babel…

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